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V. Bibliothèque de Gesner

JEANNIN (Pierre) , né à Autun en 1540, mort le 3) octobre 1622 à Paris; président au Parlement de Bourgogne , contrôleur générai des finaucüs sous les règnes de Henri IV et de Louis Xlll. Reçu avocat au Parlement de Dijon le 21 novembre 1569, Jeannin fut choisi en 1571 pour être le conseil de la province et le représentant du tiers-état de la ville de Dijon aux Etats de Blois. Là, il fut l'un des deux orateurs

que le tiers-ëtat du royaume nomma pour portei‘ la parole, fonctions dont il s'acquitta avec succès. Son opposition vigoureuse au massacre de la Saint-Barthélemy en Bourgogne, lorsqu’il n'était encore que conseil de la ville, le Qt remarquer. 11 fut nommé quelque temps après gouverneur de la chancellerie de Bourgogne, puis conseiller au Parlemeut (juin 1 579) , charge que le roi créa en sa faveur, et, enfin, président par lettres du 28 septembre 1580. Jeannin em-, brassa le parti de la Ligue, mais uniquement par zèle pour la religion catholique, et ce fut, dit Papillon, un effet de la Providence, qui permit qu’un homme de bien et d’esprit s’engageât dans cette injuste faction pour en découvrir la malice et devenir l’instrument principal de sa ruine. Envoyé en Espagne par le duc de Mayenne pour y traiter avec Philippe 11, il reconnut les desseins de celui qui l’envoyait, les prétentions du prince auquel il était envoyé, et vit clairement que la religion n’f tait qu’un prétexte dont on se servait pour affaiblir l’autorité royale. A son retour, il prouva au duc de Mayenne que le roi d’Espagne ne pensait à rien moins qu’à devenir maître de la France. Dès que le combat de Fontaine -Française eut donné le dernier coup à la Ligue mourante, Henri IV, qui connaissait le mérite Je Jeannin, résolut de le gagner. Ce prince loi prodigua

son amitié et sa confiance, et c'est alors que Jeannin fut chargé des négociations les plus importantes. 11 contribua beaucoup à la paix de Vervins qui termina la guerre avec l'Espagne. Mais son plus beau titre de gloire, c'est la trêve qu’il réussit à faire conclure au mois d'avril 1 609 entre cette dernière puissance et les Provinces-ünies, dont elle reconnut l’existence. Après la mort de Henri IV, Marie de Médicis, se reposant sur lui des soins les plus importants du royaume, lui confia toute l'administration des finances, qu'il administra sagement et avec intégrité. On doit à Jeannin les ouvrages suivants : i® En 1656, Nicolas de Castille, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, fit imprimer pour la première fois, in-fol., chez Pierre le Petit, lea Négociations du président Jeannin. 11 y Joignit une épîlre dédicatoire et un éloge de l'auteur ; it.; Leyde, 1659, 2 vol. in-8®; Elzevirs, it., ibid., 1695, 4 vol. in-12. — 2® Discours apologétique du président Jeannin, etc., à la fin de ses mémoires. — 3® Préface de la vie de Henri IV. — 4® Lettre en chiffre à M. le conseiller Fyot l'aîné. Celte lettre, qui est datée du 3 lévrier 1590, se trouve à la page 224 du quatrième volume des Mémoires de la Ligue, et dans les Mémoires de notre temps, imprimés en 1570, p. 79. 50 Lettre du président Jeannin à Scaliger, datée de La Haye, 16t8 (c'est 1608), parmi

les lettres françaises écrites à Scaligcr et imprimées en 1624, p. 132. — 6“ Autre lettre ; Scaliger, p. 439, ibid. — 7® Page 305 du recueil intitule : Præstantium ac eruditorum virorimi epistolæecclesiasticæ; (Amsterdam, 1660, in-8o), on lit plusieurs lettres du président Jeannin. — 8» Remontrance de Jeannin aux Etats, pour et au nom des rois de France et d’Angleterre, en 1608, dans le premier volume du Mercure français. — 9» Extrait du discours de Jeannjn aux Etats de 1614, p. 230 du recueil des Etats, publié en 1651 par Rapine, chez Quinet. — 10® Autre discours, p. 497, ibid. — tl® Traité du revenu et dépense des finances de France. — 12® Etat du maniement pendant la régence de la reine, ibid. — 13® Plusieurs lettres, avis, remontrances, etc. du président Jeannin, indiqués dans le catalogue des manuscrits de Dupuy.

V. Viquefort, Ambass., t. II, sect. VII. — Patin, Nouv. lettres à Charles Spon., 2* vol., p. 209, édit. 1718. — Armorial de Palliot qui l'appelle mal Jannin, p. 3t0. — Parlement de Bourgogne, par le même, ■p. 82. — Fevret, De Claris fori Burgundici oraloribus, p. 32 et 35. — Munier, Histoire d'Autun. — Eloge de Jeannin par Pierre Saumaise. — Oraison funehre de Jeannin par André Guijou. — Jacob, De clar. scriplor. Cabilon., p. Cl. — Le Long, Bibliothèque historique (le France. — Jugement des historiens de France, par le Gendre. — Méthode pour étudier l’histoire, de l’abbé Lenglet. — Journal de Henri IV,

t. U, \K 146. <— PerrauUf Hommes illustrcB qui ont

fmru en France. — Joseph Scalijçer, qui. epist. 135, ’nppcilc horninem oinni lamie nia^iorem. — MéimôrcB <lc M. (le Villcroy, qui lui donne de gramls éloges, t. I, p. 171 et a66. — Mémoires d*Ariuuild d’An* dilly, p. 111. — Grotius, epist. 53, in Appendice, au sujet de sa mort, etc. — Sully, t. I de ses Mémoires, p. 9, édit, in-folio. — Oupin, Manuel des étudiants. — < Moniteur universel du 22 mai I85i. — Manuscrit de de La Marc sur la vie de Cujas. — Jeanniu, étude historique par M. Gillotto, Courrier do la Côlo-crOr, IBU, n<* 22. — Discours sur le président Jeannin, prononcé par M. le procureur général do Mongis, le li novembre 1H.56, à la rentrée solennelle de la Cour impériale de Dijon.

JEANNIN (Nicoi.as), frère du président, fut doyen du chapitre d'Auturi et administra cc diocèse après la mort de révéque Pierre Saulnier.

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