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V. Diction, historique des auteurs ecclésiastiques

JËAN, chanoine régulier de Saint-Etienne de Dijon, vivait en 1140. 11 écrivit contre saint Bernard un livre qui est perdu depuis longtemps. Saint Bernard se plaignit et de Tou-/ vrage et de Pauteur, mais pria Herbert, abbé de Saint-Etienne et supérieur de Jean, de pardonner à ce religieux, dont Tâgc devait faire excuser l’entreprise. Ut apparet, dit saint Bernard , in hoc exiguo quod præsumpsit opus erat stylo et animo maturiori. Certum enim fit vobis hominem licet in brevi pagina, aut non scripsisse ut sensit, aut non sensissc ut debnit.

V. Epist. 23i D.Bernardi ad Herbt»rt jm, édit. 1690 impr. in-folio, p. 112, et p. 97 des Preuves, n®» 143 et 151.

JEAN-SANS-PEUR, né à Dijon le 28 mai 1371 , mort assassiné par Tanuegay-Duchàtel, sur le ponldeMontereau, le 10 septembre 1419, fils aîné de Philippe-le-Hardi , duc de Bour-

gogne, et de Marguerite de Flandre, porta d'abord le titre de comte de Nevers. Son père l'ayant envoyé en Hongrie au secours du roi Sigismond , il fut fait prisonnier le 28 septembre 1396 à la bataille de Nicopolis, et acquit dans cette campagne le surnom de Sans-Peur. Racheté ainsi que vingt-cinq seigneurs français, moyennant 200,000 ducats d'or, Jean revint en Bourgogne et succéda en 1404 au duc son père. L'année suivante il battit les Anglais qui assiégeaient Gravelines, reprit l'Ecluse et manqua la prise de Calais par les intrigues du duc d'Orléans, autant et plus jaloux du fils qu'il l'avait été du père. Outré de cet affront, Jean bien accompagné anlve à Paris, y entre comme en triomphe, et se dispose à combattre le duc d'Orléans qui s'était retiré à Melun avec la reine. Mais, le roi étant intervenu , les deux princes licencient leurs troupes. Le 23 novembre 1 407 , le duc d'Orléans est assassiné dans Paris par ordre de Jean-sans-Peur, qui s'éloigne aussitôt, pour revenir au mois de février suivant, à la tête a'une armée, faire faire l'apologie de son crime par le cordeiier Jean Petit, et obtenir du conseil des lettres d'abolition. En 1408, il transporta de Dôle à Besançon le siège du Parlement du comté de Bourgogne. Le 23 septembre, marchant au secours de Jean de Bavière , évêque de Li^c , que les

Liégeois tenaient assiégé dans Maëstricbt , il les atteint à Tongres, leur tue 24,000 hommes, puis revient sur Paris, à la nouvelle que la duchesse d'Orléans venait de le faire déclarer, ennemi de l'Etat. La Cour s'étant retirée à Tours , le duc y envoya son beau-frère le comte de Hainaut pour ménager un accommodement que la mort de la duchesse d'Orléans facilita bientôt et qui amena la paix signée à Chartres le 9 mars 1409. Le 27 décembre de cette même année, la garde et le gouvernement du dauphin furent confiés au duc de Bourgogne. En 1414, l'Evêque et l’üniversité de Paris, excités par J. Gerson, condamnèrent l'apologie de jean Petit, ce dont le duc appela au Pape, qui cassa la sentence de l'évêque, lequel recourut . au concile de Constance qui discuta l'affaire , mais qui, gagné parles amlmssadeursdu duc, lui donna gain de cause. L'année suivante, au moment de marcher contre les Anglais, Jeansans-Peur apprend l'issue funeste delà bataille d'Azincourt, où périssent deux de ses frères; il part aussitôt, mais leçoit en chemin la défense par le roi et de sortir de ses Etats et de venir à Paris ; Jean n'en continue pas moins sa marche, vient camper à Lagny, d'où, après de vains pourparlers avec la cour, il se retire en Flandre. En 1416, le duc tient à Calais, avec l'Empereur et le roi d'Angleterre, des

conférences pour la paix , qui n'aboutissent pas à cause des prétentions exorbitantes de ce dernier. En 1417, le duc Jean, après avoir publié plusieurs manifestes sur le gouvernement de l'Etat, part d’Arras pour venir en France, dont les principales villes se déclaraient pour lui. Arrivé aux environs de Paris, il assiège Monllhéry, promulgue une déclaration des cardinaux qui l'engageaient à prendre le gouvernement de l'Etat; assiège Corbeil, se rend à Tours où la reine était reléguée , délivre cette princesse, .qui en reconnaissance l'établit gouverneur du royaume. Le parti du dauphin refusant de le reconnaître en cette qualité et s’opposant à la paix, des troupes du duc de Bourgogne sont introduites dans Paris (14 juillet) et donnent Me signal d’un épouvantable massacre des Armagnacs, à la suite duquel Jean et la reine rentrèrent. dans la capitale. Le dauphin s’enfuit au-delà de la Loire, Henri V s'empare de la Normandie. L'année 1419 se passe en vaines conférences pour la paix entre le dauphin et le duc Jean-sans-Peur. Enhn, le 10 septembre, le duc, attiré sur le pont de Montereau pour y arrêter avec le dauphin les bases d'un accommodement, y est assassiné par les gens de la suite de ce prince.

Art (le véritier les dates, Chronol. des ducs de

Bourgogne. — Dom Plancher, Histoire du duché de Bourgogne. — Mém. pour servir à Thistoire de France cl de Bourgogne — Courtépée, 1. 1. — Barante, Hist. des ducs de Bourgogne.

JEAN (de Losne), médecin de Robert II, duc de Bourgogne (XIII® siècle).

JEAN, moine de Cîteaux; Joannes, monachus Cislerciensis, dit Konig, jurisconsultus, emisit Praclicam judiciariam, anno 1606.

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