SCÈNE XXXVII
FRANCHET, DESROCHES, M. RIFFÉ, M. CAR- DOUIN, M. GRISARD, M. DOUTREMER, MA- DAME GRISARD.
M. GRISARD. — Tiens, te voilà? (Totw lesemployésy à l'exception de Cardouin et de Doutremer, s'inclinent et saluent madame Grisard,)
MADAME GRISARD. — Oui, me voilà. Tu ne m'attendais déjà plus. Mais comme tu es donc rouge! Que l'est-il donc arrivé ?
88 VALERIE D ORIGINAUX.
M. GRisARD. — Rien , rien ; c'est le sang qui me porte à la tête. Assieds-toi.
MADAME GRISARD. —-Je serais venue plus tôt; mais je suis allée rendre une visite à madame Bachellerie.
M. GRISARD, commençant ses préparatifs de départ, — Comment l'as-tu trouvée?
- MADAME GRISARD. — Mals bien souffrante toujours. Elle a une vilaine toux que je n'aime pas lui voir. {MM, BifféyFranchet et Desroches viennent se grouper l'un après l'autre auprès du couple Grisard.)
FRANCflET. — Comment se porte madame Grisard?
MADAME GRISARD. — Vous étes bien bon , monsieur Francliet. Et madame Francliel?
FRANCflET. — Très-bien ; vous êtes bien bonne.
MADAME GRISARD. — Elle a toujours de si belles grossesses !
FRANCHET. — Maisoul, assez, Dieu merci!
MADAME GRISARD. — J'cspèrc qu'après ses couches, nous la verrons plus souvent.
FRANCHET. — Il faut l'cxcuscr, madame, elle est si tenue à la maison.
MADAME GRISARD. — Jc me mcts blcn à sa place; à qui le dites-vous? Est-ce qu'il n'y a pas toujours à faire après M. Grisard? Vous lui direz que j'irai
la voir... pas demain; demain, c'est vendredi; je n'irai pas ia voir demain , mais lundi sans faute, lundi ou mardi de la semaine prochaine.
fKXTfcniËT, retournant à sa place, — Vous lui ferez toujours honneur et amitié.
MADAME GRISARD. — VoUS UC VOUlCZ donC paS
absolument vous marier, monsieur Desroches?
DESROCHES. — Quelle est, madame, la malheureuse qui voudrait de moi, bon Dieu?
MADAME GRISARD. — Tcuez, monsleur Desroches, si vous voulez, j'ai votre afifaire, une jeune personne très-bien, dans nos connaissances.
DESROCHES. — A-t-cIle qucIquc chose ?
MADAME GRISARD. — Elle cst fort bien élevée.
DESROCHES. — Est-elle jolie?
MADAME GRISARD. — Elle u'cst ul laidc ni jolie , de ces figures plutôt bien que mal ; elle touche un peu du piano.
DESROCHES. — Nou, madame ; je ne me sens pas encore toutes les qualités requises pour me fixer.
MADAME GRISARD. — Veucz me voIr quand vous serez décidé ; nous vous trouverons quelque chose. (Desroches retourne à sa place.)
M. RiFFR. — J'ai Thonneur de vous saluer, madame. Comment vous portez- vous ?
MADAME GRISARD. — Mercl, Irès-blcn. Il ne
faut pas vous demander ça, à vous, monsieur Riffé ; vous vous portez toujours comme un charme.
M. RiFFÉ. — Si ce n'étaient mes maux de reins...
MADAME GRiSARD. ^— Je VOUS al VU passer, monsieur RilTé, Il y a environ quinze jours, dans la rue Dauphine; vous alliez comme le vent.
M. RiFFÉ. — Je venais sans doute ici.
MADAME GRISARD. — Vous n'avIcz pas mal aux reins, je vous assure, ce jour-là.
M. RIFFE. — Je n'ai pas eu celui de vous voir.
MADAME GRISARD. — Et votrc niôce, commeul va-t-elle?
M. RIFFÉ. ■— Elle est toujours avec son mari , merci. Madame, j'ai bien l'honneur...
MADAME GRISARD. — A l'honncur de vous voir, monsieur Riffé. (Af. Riffé regagne sa place; M, Gr isard termine sa toilette.)
EUGÈNE. — Bonjour, madame; comment vous portez- vous?
MADAME GRISARD. -— Très-blcn, monsIcur Eagène. Et madame votre maman?
EUGÈNE. — Vous êtes bien bonne, madame; elle est toujours souffrante.
MADAME GRISARD. — Vous luI dlrez quc je rirai voir bientôt.
EUGÈNE. — Oui, madame. Et Edmond, et Arthur, comment se portent-ils?
MADAME GRisARD.— Très-bien, très-bien, merci ; ils sont toujours à leur collège. Quand les jours seront plus longs, il faudra venir nous voir avec votre maman : nous irons nous promener tous ensemble.
EUGÈNE. — Vous êtes bien bonne, madame.
MADAME GRISARD. — Eh bien, Grisard, as-tu bientôt fini avec tous tes tours? Mon Dieu, que tu es échauffé! tu as le teint ponceau, ma parole d'honneur.
M. GRISARD. — Oui, j*ai besoin de prendre l'air.
MADAME GRISARD.— Bien Ic boujour, mcssicurs ; votre servante. (MM. Biffé, Desroches y Franchet et Eugène sHnclineni; MM. Doutremer et Cardouin conservent leur immobilité,)