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SCÈNE PREMIÈRE

M. BELHAMY, M. PRÉPARÉ.

M. BELHAMY. — PardoD, monsi€or Préparé, si je passe ma culotle devanl vous.

M. PRÉPARÉ. — Comment donc! mais ce serait me désobliger que d'agir autrement.

M. BELHAMY. — Il y avait une étcrnilé que nous ne nous étions vus.

M. PRÉPARÉ. — Je vas vous dire, je suis allé & la campagne.

M. BELHAMY. — C'cst douc ça! Vous la menez douce, monsieur Préparé ; vous vous moquez de ça, toujours par voies et par chemins! Ah! parbleu ! vous n'êtes pas à plaindre.

M. PRÉPARÉ. — Je ne me plains pas non plus.

M. BELHAMY. — El VOUS faites bien.

M. PRÉPARÉ. — Mais je crois, monsieur Belliamy, que rien ne vous relient plus que moi. *

H. BELH41IY. — A VOUS parier francliemenl, je n'ai jamais eu ce qui s'appelle un goût bien prononcé pour la campagne; je ne puis pas faire vingt pas hors Paris sans qu'aussitôt je me trouve dans Timpossibillté d'aller plus loin : je suis trop gras.

M. PRÉPARÉ. — Cependant, nous avons des personnes qui, bien que grasses, sont toujours par voies et par chemins.

M. BELHAMT. — Nou, décidément, je n'aime pas la campagne; je suis allé une foitsà Fontainebleau, on me cornait sans cesse aux oreliies : « Mais allez donc à Fontainebleau, Beihamy; rien n'est beau comme Fontainebleau; tout le monde est allé à Fontainebleau, c'est une charmante partie à faire. » Je l'ai faite ; eh bien, le second jour, j'en avais assez. Dans la soirée, j'étais de retour, et dans un état !... moi seul le sais.

M. PRÉPARÉ. — Le goût des uns, après cela, n'est pas celui des autres; moi, j'aime la campagne.

M. BKLHAMY. — Bou ! merci ! bien obligé ! que le diable t'emporte, maudit animai t

M. PRÉPARÉ. — Qu'avez-vous donc?

M. BELHAMY. — RleU.

M. PRÉPARÉ. — CommeDt! rien?

M. BfiLH4MY. — MoD diable de sous-picd qui vient de craquer.

M. PRÉPARÉ. — Je n'en porte jamais.

M. BELHAMT. — Je finirai par là, vous verrez... Encore, vous, monsieur Préparé, vous avez une femme.

M. PRÉPARÉ. — Pour ce qui est de mes affaires, c'est tout comme si je n'en;avais pas.

M. BELHAMY. — Parcc que vous ne l'avez pas stylée à ça.

M. PRÉPARÉ. — J'aurais eu beau la styier,on n'en fait pas toujours ce qu'on veut, des dames.

M. BELHAMY. — À quoi boH aloi'S se marier? Car je mets en fait que, sur vingt mariages, dix-neuf se font parce que les hommes ne savent pas coudre un boulon.

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