M. AVÉRÉ
M. POIREAU. — Oui , certes , la place Louis XV est une jolie place.
M. AVÉRÉ. — Jolie, oui, mais colifichet.
M. LANOY. — Ils l'ont gâtée.
M. PRÊCHEUR. — Je l'aimais cent fois mieux auparavant quand il n'y avait rien du tout.
M. POIREAU. — Mais c'était un cloaque!
M. AVÉRÉ. — La première fois qae j'y suis allé , j'ai demandé si les candélabres n'étaient pas en chocolat.
M. PRÊCHEUR. — Et ces fontaines qui inondent les passants?
K. AVÉRÉ. — Quand elles ont de l'eau.
M. PRÊCHEUR. — Il faut voir ces trottoirs, les jours de verglas.
M. POIREAU. — Moi , je trouve cette place magnifique.
M. lauoy. — Je trouve qu'il y manque une pendule.
M. AVÉRÉ. — Et cette grande borne qui a coûté des millions; que fait-elle là?
H. PRÊCHEUR. — Et ces effronlécs statues , accroupies sur leurs pavillons, est-ce bien ragoûtant à voir?
M. POIREAU. — Allons, messieurs, vous êtes difficiles à contenter.
M. AVÉRÉ. — Ce n'est pas ma faute si nous vivons dans un siècle de petits hommes et de petites choses.
M. LANOT. — Parce qu'on ne fait rien convenablement.
M. PRÊCHEUR. — Parce qu'on ne fera jamais rien de mieux que ce qui était.