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SCÈNE III

SOVniE,VnO\S,poussantdeva7itlui(}\}lCM^D.

PIT0I8. — Allons, Guichard, allons donc!

GuicHARD. ~ Non, vraiment, mon ami, je te jure que Je crains d'être indiscret.

PIT0I8. —Toi, indiscret? Laisse-donc Iranquille, jamais de la vie.

GuicHARD. — Mais songe donc un peu, me présenter devant une dame, à i'beure qu'il est.

piTois. — Bah ! si ce n'est que ça, il y a longtemps que toute la maison est sur pied ; demande plutôt à Sophie.

SOPHIE. -— Ohî ça, oui, j'ai eu le temps de revenir du marché.

piTois. — Ce bon Guichard ! que je suis donc content de le revoir! un ami de trente ans!

GcicHARD. — Au moins.

piTois. — Ma foi , tu as raison ; quand nous fîmes connaissance, j'arrivais à Paris. Nous ne nous doutions guère alors de ce que nous serions un jour.

GCICHARD. — Je m'en suis toujours à peu près douté.

piTois. — Pas moi.

GUICHARD. — Dis donc, Pitois?

piTois. — Mon ami?

GUICHARD. —Tu m'as fait espérer que je pourrais présenter mes hommages à la femme...

piTois. — Elle vient dans l'instant. Sophie, tu lui diras que je lui amène à déjeuner un de ses anciens adorateurs.

SOPHIE, toisant Guichai'd. — Qm ça? monsieur?

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GuicHARD. •— Si VOUS Youlcz Wcn le permettre. Décidément, mon ami, je te demanderai la permission...

piTois. — Et, mol, je te demande dix minutes, pas davantage.

GUICHARD. — Sans cérémonie, en vérité, je ne le puis.

piTois. — Mais pourquoi?

GUICHARD. — L'heure avance, mon bureau me réclame.

piTois. — Je n'y pensais plus; tu l'as donc toujours, ton bureau ?

GUICHARD. — Toujours, Dicu merci !

piTois. — Et tu ne gagnes pas graud'ciiose làbas, n'est-il pas vrai, mon pauvre garçon?

GUICHARD. — Pas grand'chose, non, mon ami.

piTois. — Je sais bien , moi , que je n'aurais jamais voulu de place. J'aime trop ma liberté pour ça.

GUICHARD. — Si j'eusse été à même de choisir, peut-être bien aussi aurais-je préféré autre chose.

piTois. — Je le crois sans peine. {A Sophie.) Tu rangeras tout ça tantôt; fais-nous déjeuner le plus tôt possible.

GUICHARD. — Je t'assure, Pitois, que c'est me contrarier beaucoup que de l'obstiner à vouloir que je reste.

piTois. — Laisse-moi faire, ne t'inquiète de rien.

80PHIB. — Le nom de monsieur?

piTois. — Voilà que lu ne te souviens déjà plus de ce que je t'ai dit ! Que viens-je de le dire?

SOPHIE. — Vous m'avez dit uîi ancien adorateur de madame.

piTois. — Tu n'as pas besoin d'autre chose.

(Sophie sort en ricanant au nez de Guichard,)

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