‹ Galerie d'originauxChapitre 67 sur 70 · PITOIS, MADAME SAINT-AUBIN · texte numérisé non relu

PITOIS, MADAME SAINT-AUBIN

piTois. — Oui, céleste amie, c'est dans de pareils moments que l'on sent le besoin de presser des mains amies...

MADAME SAINT-AUBIN. -- Que faîtes-vous, petit père ? Vous vous oubliez, Dieu me pardonne !

PITOIS. — Vous voyez, bel ange , ce que j'ai à souflfrir; pas d'âme qui me comprenne... Ayez pitié de mof , je vous en conjure, laissez-moi vous adorer.

MADAME SAINT- AUBIN. — Gc n'cst Icl ni Ic lleu ni le moment. Relevez-vous, Pitois, relevez-vous. Je l'exige, je le veux.

PITOIS. — Je vous ai offensée , belle amie.

MADAME SAINT-AUBIN. — BrlSOUS là, jC VOUS

prie... Eh bien, qu'est-ce? quel est cet air décomposé?

PITOIS. — J'ai mérité votre haine.

MADAME SAINT-AUBIN.— Encore? Eufaut, je vous pardonne.

piTois. — Ciel ! est-il possible !

MADAME sAiifT-AUBiPi. — FaisoDs la paix. Plus de raisons, à l'avenir, vous me ie promettez?

piTois. — Trop bonne, mille fois !

MADAME SAINT-AUBIN. — Je dols VOUS apprendre que Napoléon est amoureux , mais amoureux fou de madame Eslève.

piTois. — Cela ne m'étonne point : elle est ravissante comme vous, femme charmante, comme vous.

MADAME SAINT-AUBIN. — Elle m'est vcnuc voir ce matin ; elle est fort embarrassée, elle sent combien est grande la différence qui existe entre son âge et ie sien ; ce serait vraiment le comble du ridicule, une semblable union.

piTOis. — Vous croyez?

MADAME SAINT-AUBIN. — Au SUrpiUS, UOUS en

reparlerons, petit père, nous en reparlerons. Ma visite, ce matin, était un peu intéressée, je ne vous le cèle pas ; et, sans la présence de maman PItois, il y a déjà longtemps que vous en connaîtriez le motif.

PITOIS. — Gomment ! belle amie , vous auriez quelque chose à me demander ; mais c'est trop de bonheur, mille fois...

MADAME SAINT-AUBIN. — Vo US allcz mc trouvcr bien indiscrète.

piTois. — Jamais! oh! non, jamais!

HADAMis SAINT-AUBIN. — Il faut absoluoient que vous m'éclairiez sur la valeur de ces papiers. (Elle lui présente des billets qu'elle tire de son portefeuille.)

piTois. — Pardon... toujours de la même personne?

MADAME SAINT-AUBIN. — Toujours de Cet hommc avec lequel traitait autrefois M. Saint-Âubiù...li ne vous inspire pas grande confiance , je le vois.

piTois. — Comment donc! belle amie, si fait.

MADAME SAINT-AUBIN. — Il suffit Vraiment que j'aie eu ce matin l'occasion de vous donner quelques preuves d'affection pour vous pouvoir dire tout ce que ma démarche auprès de vous a de pénible; et sans un service que réclame de mon amitié une personne de ma connaissance, de la vôtre, petit père...

piTois. — Je vous comprends... Dans deux heures, les fonds seront à votre disposition.

MADAME SAINT-AUBIN. — Toujours excclIcnt !

piTois. — Ne serai-je pas encore votre obligé ?

MADAME SAINT-AUBIN. — Lc moycu de vous en vouloir!... Je me retire... Adieu, enfant!

piTois. — Comment! déjà?

MADAME SAINT -AUBIN. ^— Dans dcux hcurcs. J'y compte; vous entendez?

piTois. -7- Vous connaissez mon exactitude.

hadahk saint -aubcfi. — Restez, je vous en conjure.

piTois. — Non, belle dame, vous n'obtiendrez jamais ce sacrifice.

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