SCÈNE Mil
LES PUtCtDEMS, M. lUFFI-.
M. RtFfB. — Donjour. Le journal esl-il arrivé?
L,viRK>iT, avec aplomb. — Pas encore, monsieur UifTé.
M. RiFKK. — Je serais venu plus loi ce malin, mais j'ai fail la renconlro en \enanl, vous ne devineriez jamais de qui, de M. (".ocliin! Je craignais même de m'èlre allardé; c'esl lui qui m'a arrêté ici, au coin de la rue iJaupliine, car je ne le voyais poinl. Comme il est engraissé!
LAiRE?îT. — Il y a hien longtemps qu'on ne l'a vu par ici, M. Cocliin; il ne vient donc plus jamais nous voir?
M. RiFFK. — Non, il no vient plus. Ll puis, vous savez, il est un peu singulier, M. Cocliin; il m'a rependant demandé des nouvelles de tout le monde; et puis il di-meure maintenant avec ses enfanls.
laire:^t. — Où ça donc?
M. RiFFÉ. — Là-bas, au diable, à Vaugirard. L'été dernier, j'ai été me promener un dimaiiclie de ces cotés-là, je l'ai rencontré avec toute une
sociélé; moi, j'étais seul de la mienne. II m'a dil qu'il demeurait tout près de là.
LAiiRENT. — Sa demoiselle était bien belle personne. Vous rappelez-vous quand elle venait voir, son papa à son bureau?
M. RiFFÉ. — Elle est bien changée depuis ce temps-là, allez. Les enfants l'ont tuée, cette lemmelà; mais elle n'est pas encore à jeter de côté. Vous me remettrez le journal sitôt qu'il sera arrivé, sans vous commander.
LAURENT. — Prends garde de le perdre! {M. Riffé entre dans son bureau; Laurent reprend la lecture de son journal.)