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SCÈNE IX

EUGÈNE, M. RIFFÉ.

M. RIFFÉ, apercevant Eugène. — Comment!

encore le premier arrivé aujourd'hui? Ah çà! mais vous couchez donc ici?

EUGÈNE. — Bonjour, monsieur. Non, je viens d'arriver.

M. RIFFÉ. — Si je n'avais pas été arrêté en route, je vous aurais bien défié d'arriver le premier au-

INTERIEURS DE BUREAUX. 35

jourd'Ilui, i);ir exemiile. .l'iii rt'iiconlré M. Codiiii au coin de la rue Daupliiiie, et, ma foi, de lil en aiguille, tout en causant, j'ai entendu sonner huit heures à la Monnaie, et je l'ai bien vile quitté; sans ça, je serais encore au pont Neuf. Vous ne l'avez pas connu, M. Cocliin?(.U. lUffc n retiré aes socques, il a brosac son chapeau el remplacé sa redinijole par un vieil habit de travail.) Je vous demandais si c'est que vous l'aviez connu, M. Cociiin.

KiGKXE. — Pardon, monsieur; non, je ne l'ai pas connu. {M. /.'///t', après avoir promené un plumeau sur son bureau, retiré son petit pain de la poche de sa redingote et du papier qui l'enveloppait, prend une chaise, et vient s'installer à la porte du poêle.)

M. RiFKÉ. — C'était un grand sec, M. Cocliin, une assez belle prestance. H n'avait pas ce qu'on peut appeler une très-belle main ; mais il avait une écriture de genre, de ces petiti's écritures bien propres, toutes petites, bien tondues, bien lisibles. Il occupait la |)lace qu'occupe M. Cardouin, près de la cheminée. J'ai été avec lui à la Trésorerie. Nous sommes venus trois de la Trésorerie ù la même époque : M. Godard, M. Cocliin el moi.

EicÉ\E. — C.ombien avait-il de traitement?

M. RiiFE. — Uui (;a, M. Godard?

EUGÈNE. — M. CoChill.

M. RiFFÉ. — M. Godard était premier teneur de livres, il avait trois mille; il est mort à deux mille sept. M. Cocliin était commis d'ordre, il a été pendant cinq ans à deux mille cinq, on l'a remisa deux mille au retour des Bourbons; mais il n'est pas à plaindre, il lui est revenu quelque petite chose; et puis sa fille s'est fort bien mariée à un M. Levasseur : c'est madame Levasseur, sa flile.

EtJGÈisE. — Deux mille francs sont quelque chose,

M. RIFFÉ. — Oui, oui, c'est quelque chose, et ne les a pas qui veut. J'ai été diminué aussi au retour des Courbons, moi qui vous parle : j'étais à deux mille cinq, on m'a remis à deux mille, et plus de gratifications. Ali! tout n'est pas rose dans les bureaux. [Laurent lui remet le journal; M. Biffe' met une bûche au feu, et reprend sa place devant le poêle.)

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