‹ Galerie d'orinauxChapitre 55 sur 72 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

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piTois. — Allons, Guichard, allons donc! GuicHARD. — Non, vraiment, mon ami, je te jure que je crains d'être indiscret.

LKS TROMPETTES. 149

piTois. — Toi, indiscret? Laisse-doiic Iranquiile, jamais de la vie.

GuicHAR». — Mais songe donc un peu, me présenter (levant une dame, à l'heure qu'il est.

piTois. — Bail ! si ce n'est que ça, il y a longtemps que toute la maison est sur pied; demande plutôt à Sophie.

SOPHIE. — Oh! ça, oui, j'ai eu le temps de revenir du marché.

piTois. — Ce bon Guichard! que je suis donc content de le revoir! un ami de trente ans!

GUICHARD. — Au moins.

piTois. — Jla foi , tu as raison ; quand nous fîmes connaissance, j'arrivais à Paris. Nous no nous doutions guère alors de ce que nous serions un jour.

GiicHARu. — Je m'en suis toujours à peu près douté.

piTois. — Pas moi.

GUICHARD. — Dis donc, Pitois?

piTois. — Mon ami?

GUICHARD. —Tu m'as fait espérer que je pourrais présenter mes hommages à ta femme...

PITOIS. — Elle vient dans l'instant. Sophie, tu lui diras que je lui amène ù déjeuner un de ses anciens adorateurs.

SOPHIE, toisant Guichard. — Qm ça? monsieur?

GUicHARD. — Si VOUS voulcz bien le permettre. Décidémentj mon ami, je te demanderai la permission...

piTois. — Et, moi, je te demandé dix minutes, pas davantage.

GuicHARD. — Sans cérémonie, en vérité, je ne le puis.

piTois. — Mais pourquoi?

GUICHARD. — L'heure avance, mon bureau me réclame.

piTois. — Je n'y pensais plus; tu l'as donc toujours, ton bureau?

GcicHARD. — Toujours, Dieu merci !

piTois. — Et tu ne gagnes pas grand'chose làbas, n'est-il pas vrai, mon pauvre garçon?

GUICHARD. — Pas grand'chose, non, mon ami.

piTois. — Je sais bien, moi, que je n'aurais jamais voulu de place. J'aime trop ma liberté pour ça.

GUICHARD. — Si j'eusse été à même de choisir, peut-être bien aussi aur.iis-je préféré autre chose.

piTois. — Je te crois sans peine. {A Sophie.) Tu rangeras tout ça tantôt; fais-nous déjeuner le plus tôt possible.

GUICHARD. — Je t'assure, Pitois, que c'est me contrarier Ijeaucoup que de t'obstiner à vouloir que je reste.

piTois. — Laisse-moi faire, ne t'inquiète de rien.

SOPHIE. — Le nom de monsieur?

piTOis. — Voilà que tu ne te souviens déjà plus de ce que je l'ai dit! Que vicns-je de le dire?

SOPHIE. — Vous m'avez dit tni ancien adorateur de madame.

piTOis. — Tu n'as pas besoin d'autre ciiosc. {Sophie sort en ricanant au nez de Guichard.)

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