PARIS. — UIP. DE NAPOLÉON CHAIX ET C% RUE BERGÈRE
P.-C. HÜGUIER,
Il y a vingt-cinq ans, au moment où Paris voyait mourir le baron Dupuytren, les pessimistes, toujours disposés à diminuer l’importance de leur temps , disaient : « Il » faut tirer l’échelle. La science vient de faire une perte » irréparable. Il est possible que nous ayons encore de » bons praticiens ; mais d’ici à longtemps nous n’aurons » pas de grand chirurgien. » Ce qu’il y avait de vrai, c’était qu’un habile opérateur disparaissait; mais, Dieu merci! il laissait derrière lui un certain nombre d’esprits studieux et de théoriciens résolus. La chirurgie avait encore des progrès à poursuivre, des découvertes à faire
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et de belles cures à accomplir, Dupuytren devait avoir des successeurs.
On peut dire que M. Huguier (Pierre-Charles) a été un de ceux-là. Né en 1804 à Sézanne (Marne) , il s’est voué de bonne heure et avec une louable opiniâtreté à l’étude du plus difficile, mais aussi du plus utile de tous les arts. En 1828, il devenait interne des hôpitaux de Paris. En 1829, il obtint, à la Faculté de médecine le prix de clinique chirurgicale, puis l’accessit de clinique médicale; en 1830, le premier prix des hôpitaux, médaille d’or. Ces préludes annonçaient déjà une trèsbelle situation pour un avenir prochain.
Toujours emporté par l’amour de son art vers le travail, M. Huguier devint aide d’anatomie en 1830 et prosecteur en 1833. L’année d’après, il passa son examen pour le doctorat et fut reçu avec éclat. En 1835, il fut nommé au concours professeur agrégé, et, quelques années plus tard, chirurgien du bureau central. C’est à dater de ce moment que sa réputation commença à s’étendre.
Pendant plusieurs années, M. Huguier a été attaché