LE MAL DES POETES
J'ai fui la grande ville aux rumeurs discordantes, Arène où je luttais, car de ma tête en feu J'avais lécher espoir que les vagues grondantes Sous la fraîcheur des hois s'assoupiraient un peu.
Ombrages souhaités, disais-je enthousiaste, De mon àme éperdue aurez-vous pas merci ? Je quitte et ma chimère, et la cité néfaste ; De mon jeune renom je n'ai plus le souci.
i.e lutteur est vaincu quand sa vie est troublée. A d'autres les combats du cirque et ses honneurs ; Moi, je n'aspire plus qu'après cette vallée où m'emporte mou rêve au milieu des faneurs.
Ôli ! quand je viens k vous, poursuivant loin des iiomnne! I.e repos, ce Irésor au fond des bois caché ; Murmures des buissons invitant aux doux sommes, Pâles rameaux du saule ainsi que moi penché.
Dites, û champs pleins d'ombre, ineffables retraites, . Vallonsque fait joyeux la source au bruit charmant, Aurez-vous pas pour moi de ces douceurs secrètes Qui versent dans l'esprit un vague apaisement?
Ne répandrez-vous pas suf ma tête afTaiblie
Ces baumes de l'air pur, des rameaux et des Heurs,
Ces arômes qui font de la mélancolie
Les pleurs moins orageux détendre nos douleurs ?
Nature, ainsi vers toi dont le sourire invile, Las de souffrir ailleurs, je venais empressé ; Mais a peine en les bras, j'ai reconnu trop vile Le néant de l'espoir dont je m'étais bercé.
Voici que sur ton sein, de son mal poursuivie. Pareille au faible oiseau dont l'aile vainement Du vautour acharné fuit l'atteinte, ma vie N'a point a ses douleurs trouvé d'allégement.
Comme tout autre bien tu n'étais donc qu'un leurre, P»epos que sous les bois de si loin je rêvais! Ainsi que dans la foule aux champs déserts je pleure, Aillant que la cité les bois me sont mauvais!