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GIBIER ET USTENSILES DE CHASSE

ur une table en marbre est tout un attirail de chasse : fusil , carnassière en velours bleu avec frange en soie grise , baudrier auquel est attaché un cornet de chasse ; près de ces objets , un perdreau , un faisan, de petits oiseaux liés ensemble, pendants en dehors du bord de la table ; sur l'un de ces oiseaux, une grosse mouche bleue; le tout se détachant en clair sur un fond très-sombre. Signé :

/CJrtw'.

Toile. Hauteur om78 — Largeur om74.

Collection Nagell van Ampsen. La Haye, i85i.

Production capitale de ce maître, dont les œuvres sont rares, et sur lequel de Burtin écrivait ceci (1808) : « Guillaume van Aelst, peintre vraiment étonnant des choses inanimées, m'a causé bien des recherches avant que j'aie pu le faire entrer dans ma liste des prix, parce que ses grandes compositions sont si rares que je n'en ai pu trouver aucune dans les catalogues les plus modernes, tandis que dès l'année 1687 ses bonnes compositions se vendaient déjà en Hollande jusqu'à 400 florins, dans les mêmes ventes où le Peintre dans son atelier, de Gérard Dow, ne s'est vendu que 25o florins ».

Guillaume van Aelst était fils et élève d'Evert van Aelst, qui traitait le même genre que lui, et auquel il est très-supérieur. Il visita la France et l'Italie, et séjourna assez longtemps à Florence, où son talent était hautement estimé du grand-duc, qui lui fit don d'une chaîne d'or à laquelle était attachée une médaille à son effigie. Il y a, dans la galerie de Florence, deux tableaux de Guillaume van Aelst, représentant des oiseaux morts, qui sont marqués, dans le catalogue, du signe adopté pour signaler les meilleurs morceaux. On dit que van Aelst résida quatre ans en France et sept ans en Italie. Il n'existe aucune trace de son séjour dans le premier de ces deux pays; quant au fait de sa longue résidence dans le second, elle serait attestée, à défaut d'autres preuves, par l'habitude qu'il avait contractée, et qu'il conserva, de signer ses œuvres Guillelmo van Aelst.

On voit des productions de Guillaume van Aelst dans toutes les grandes collections publiques de l'Allemagne : à Dresde, à Munich, à Berlin. Le musée de La Haye a deux tableaux de lui; celui de Rotterdam en avait un, mais il a été brûlé dans l'incendie de 1864. Ni le musée d'Amsterdam ni la galerie van der Hoop n'en ont. Il serait difficile d'expliquer la rareté actuelle des œuvres de Guillaume van Aelst, car son nom est de ceux qui se rencontrent le plus fréquemment dans les anciens catalogues de ventes de la Hollande, de même qu'il est de ceux qui déterminaient les enchères les plus élevées. L'exemple cité par de Burtin, et que nous avons rapporté plus haut, n'a rien que de parfaitement exact. Il est très-vrai qu'un tableau de Guillaume van Aelst, représentant un lièvre, un coq d'Inde et d'autres oiseaux, fut poussé jusqu'à 400 florins, et qu'un tableau de fruits de ce peintre fut payé 180 florins; tandis qu'à

la même vente (Amsterdam, g avril 1867) on vit adjuger V Atelier de Gérard Dow à 25o florins, un Wouwerman capital à 35o florins, un Concert de Pieter de Hooch à 70 florins, un Gérard Terburg à 196 florins, un Adrien Brouwer (heel capitael) à 121 florins. Nous ne défendons pas ces valeurs comparatives : nous citons des chiffres qui prouvent l'opinion qu'on avait de Guillaume van Aelst en Hollande au XVIIe siècle. Il n'excellait pas moins dans la peinture des fleurs et des fruits que dans celle du gibier et des accessoires. Ce qui lui fait presque autant d'honneur que ses bons tableaux, c'est la brillante élève qu'il a formée en Rachel Ruysch.

BEGA

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