GASPARD
Né à Heidelberg en 1639; mort à La Haye en 1684
PORTRAIT D'HOMME
ssis et légèrement tourné vers la gauche. Tête vivante et parlante ; grande perruque à la Louis XIV, châtain clair, dont les boucles ruissellent sur les épaules et recouvrent la poitrine ; nœud de cravate rouge vif, rabat de dentelle; habit fond bleu à broderies jaune et argent, fermé sur le devant par des brandebourgs; culottes brun clair; manteau brun partant de l'épaule droite et jeté sur les jambes, qui sont croisées. Le bras droit est appuyé sur une pierre, et la main, dont les doigts sont ouverts, se porte en avant comme pour appuyer le discours d'un geste démonstratif. Derrière le personnage, un mur; au fond, une large ouverture donnant sur un parc. Devant cette ouverture, un buste de femme, en terre cuite, se détachant en silhouette; au delà, dans la campagne, les ruines d'un temple; ciel orageux, fin d'un jour d'été. La tête et la main sont en pleine lumière;
Gaspard Netscher,
ORTRAIT,
le reste est dans la demi-teinte. Signé, sur la pierre qui sert d'appui au bras du personnage :
Toile. Hauteur om5i — Largeur om42 1/2. Acquis de M. Le Roy, en 1861.
Toutes les fois qu'on se trouve en présence d'un portrait ayant du caractère et intéressant comme œuvre de peinture, on cherche à deviner quel est le personnage représenté : on éprouve cette curiosité devant le portrait qui vient d'être décrit. La physionomie intelligente et sympathique de cet homme, qui parle et qui gesticule si naturellement, inspire le désir d'aller au delà de la forme extérieure, de pénétrer jusqu'à l'esprit. On serait tenté de se demander s'il n'y a pas un indice dans certains accessoires, dans ce buste antique, dans ces ruines qui ornent le paysage ; mais on se rappelle que Netscher a souvent fait entrer des objets semblables dans la compo- * sition de ses portraits, et que c'était pour lui une sorte de mise en scène banale. Il faut donc se résigner à ne connaître que ce qu'on voit : un beau visage, une main charmante, des accessoires traités avec beaucoup d'art.
Ce portrait fournit une nouvelle preuve du danger qu'il y a souvent à être trop absolu, trop affirmatif sur certains points de l'histoire des arts et des artistes. Waagen, parlant de Netscher, après avoir dit qu'il exécutait admirablement le portrait dans de petites proportions, fait cette remarque :
« Les tableaux de sa première manière sont d'un ton chaud, alternativement profond ou léger. Il atteignit son apogée de 1664 a 1668. Plus tard, sa couleur se refroidit et se change, par degré, en un
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ton délicatement argentin. Ses derniers ouvrages attestent une décadence dans le sentiment de l'harmonie : ils sont froids, souvent roses dans les chairs et d'un effet moucheté. »
Le portrait de la collection Du Bus donne un démenti absolu à cette appréciation des phases successives du talent de Netscher. On ne comprend guère comment un ton délicatement argentin pourrait être considéré comme un signe de décadence ; mais enfin ce ton n'existe en aucune façon dans le portrait en question, qui date de 1679, c'est-à-dire de la période la plus avancée de la carrière de Netscher. Il n'a rien de froid ; il est, au contraire, très-lumineux et très-chaud, et l'on n'y aperçoit pas la moindre trace de l'effet moucheté dont parle le critique allemand. Waagen était un savant homme, mais ce n'est point par la justesse du coup d'œil qu'il se distinguait.
OOSTERWYCK
(MARIE VAN) Née en i63o à Nootdorp, près de Delft; morte en 1693