LA MARQUISE, MARIANNE
la marquise. Enfin , Dieu merci, vous voilà ! Eh bien ! ce roman? Dépêchez-vous donc !
Marianne , avec indolence. M. le chevalier m'a dit qu'une belle fille ne perdait pas pour attendre : j'ai attendu, madame.
la marquise , saisissant le livre avec impatience. Mais,
en vérité , elle a de l'esprit. Décidément, Marianne, vous n'êtes pas du tout comme une autre ; vous avez l'air d'une soubrette de Marivaux.
Marianne. Une soubrette! Mais madame la marquise a dit à ma marraine que je serais mieux que cela.
la marquise , ouvrant le livre. Comment ! j'avais demandé Point de lendemain ! et voilà les Peines de cœur ! J'ai bien assez du titre de celui-là. (Jetant levolume.) C'est bon pour l'antichambre.... Je vais au bord de l'étang; envoyez-moi les visiteurs, même mon mari. (A. part.) Il est des jours où le cœur et l'esprit ont si peu de chose à faire !