‹ Galerie du XVIIIe siècle (volume 2)Chapitre 17 sur 36 · MARIANNE , LE CHEVALIER DE VERSAG · texte numérisé non relu

MARIANNE , LE CHEVALIER DE VERSAG

le chevalier, arrivant à petits pas. Bonjour, belle Marianne. D'où vous vient cette mine effarée?

Marianne. Un secret! Silence! Je ne vous dirai rien; ne me demandez rien.

le chevalier. Un secret dans une jolie bouche comme la vôtre , ce n'est déjà plus un secret. Tenez , Marianne , il n'y a qu'une chose qu'on puisse sans danger confier à une femme, c'est de lui dire qu'elle est jolie.

Marianne. Le beau secret, vraiment! Tout le monde le sait.

le chevalier. Eh bien ! oui , on peut dire aux femmes ce que tout le monde sait. Quel est donc votre secret ?

Marianne. Je n'ai garde de vous le dire.

le chevalier, d'un air discret. Je n'ai garde d'insister.

Marianne . Figurez-vous. . . . Qu'allais-je faire ?

le chevalier. Oh ! ne dites rien !

Marianne. Nous jouons ce soir la comédie.

le chevalier. Je ne comprends pas.

Marianne. C'est bien simple: M. le marquis m'a donné rendez-vous sous la charmille. Vous savez qu'il raffole des Normandes. Mme la marquise a pris mes ajustements, et elle est allée à ma place. Voilà pourquoi je suis si mal attifée.

le chevalier. Et le marquis ?

Marianne. Il va aller rejoindre madame tout à l'heure, croyant me trouver. Qui sera bien attrapé? je vous le demande.

le chevalier. Est-elle impertinente ! Mais je ne me

trompe pas : voilà Vermand qui vient. (Il se frappe le front.) Une idée! Je me cache sous ces arbres; ne dites pas que vous m'avez vu , Marianne.

Marianne. Vous savez comme je suis discrète. (Elle entre dans le tiavillon.)

Page 1