RELIGION
Le curé de Saint-Sulpice est d'une simplicité antique. Ces jours-ci, lorsqu'il annonça le jubilé, il dit en chaire à ses paroissiens qu'il y aurait , à des heures différentes , des exhortations pour les personnes de différents états qui étaient sur sa paroisse.
<r Les soirs, à six heures, ajouta-t-il , on prêchera pour le peuple et pour les domestiques; on leur parlera de la religion tout naturellement. » Tout naturellement!
On assure encore que , quelques jours après, en indiquant les processions pour le jubilé, il dit : « Nous irons d'abord à Notre-Dame, ensuite à Sainte-Croix, de là à Saint-Andrédes-Arcs, et nous finirons par les Petites-Maisons. »
Tout cela est d'un beau simple.
J'ai rencontré l'abbé de Boismorand, autrement dit l'abbé Sacredieu, parce qu'il a été le plus beau jurëur de son temps. Il avait coutume de jouer gros jeu. Quand il perdait, il regardait le ciel en disant : a Oui, oui, je t'enverrai des âmes ; prends garde de les perdre ! »
Le fameux joueur Passavant jure encore mieux que l'abbé Sacredieu. Aussi cet hiver, celui-ci perdant toujours et ne sachant plus qu'elle imprécation jeter au ciel , s'écria : « Mon Dieu! mon Dieu! je ne te dis plus rien, mais je te recommande à Passavant. »