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maritime. En 1806, il fut chargé de reconnaître la situation forestière de la Prusse. Il séjourna à Hambourg en 1812 avec le titre de directeur-général des eaux et forêts d - Outre-Rhin. Après la chute de l'Empire, il termina sa carrière à Angoulême, où il prit sa retraite
en 1834. • .
Les cendres de Le Gonidec ont "été ramenées de Pans au Conquet, en 1845, sur l'initiative d'un comité dont faisaient partie Brizeux, Emile Souveslre, Audren de Kerdrel, etc. Le 12 octobre de la même année eut lieu l'inauguration d'un monument élevé sur la dune de la baie du Conquet, et' composé d'un menhir- ou penlven de forme druidique, gravé d'une croix du côté de l'est, et portant sur l'autre face ces vers de Brizeux : Peûlvqn, dhhid d'ami holl hanô ar Gonidek Den gwiiiek ha den fur, reizer ar Brezonek.
Pierre, apprends à tous le nom de Le Gonidec, homme savant et homme sage, législateur de la langue bretonne.
Levot (1801-1878).
Historien érudit ■ et consciencieux, Prosper-Jean Levot, à qui nous sommes redevables d'un précieux concours dans l'établissement de cette notice générale sur le Finistère, fut d'abord professeur libre à Brest, sa ville natale, jusqu'en 1831.
Nommé à cette époque conservateur de la Bibliothèque du port, il fut appelé à Paris pour dresser et publier le Catalogue des bibliothèques du département de la marine.
Le monument de la carrière de l'écrivain brestois est assurément sa Biographie bretonne, 2 vol. gr. in-,8», à deux colonnes, ouvrage contenant plus de cent neufs
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notices sur « tous les Bretons qui se sont fait un nom ». Ce travail remarquable fut couronné par la Société académique de Nantes et valut à son auteur la croix de la Légion d'honneur en 1836.
SAVANTS
La science compte dans le Finistère quelques représentants estimables mais dont un seul, Laënnec, est arrivé à la renommée ou pour mieux dire à la gloire.
Choquet de Liiulu (1713-1790).
Ingénieur en chef des fortifications et bâtiments civils delà marine. Antoine Choquet de Lindu, fils d'un écrivain de l'Amirauté de Brest, dirigea pendant plus d'un demi-siècle la construction des ouvrages qui ont fait de ce port le premier arsenal maritime de la France.
Depuis 1738, époque où il commença les quatre cales de construction de Bordenave et la chapelle de l'hôpital principal, chaque année vit s'élever des travaux d'une grande importance, dont les plus considérables sont le Bagne avec toutes ses dépendances, les quais, la Corderie haute, le Magasin général, les trois Formes de construction de Pontaniou, l'hôpital de Pontanézen, la tour du phare d'Ouessant, la digue de l'anse Kerhuon, etc..
Décoré de la croix de Saint-Louis et admis à la retraite en 1784, après cinquante ans de service, il ne
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s'occupa plus que de ses fonctions de membre de l'Académie royale de la marine à laquelle il appartenait depuis sa fondation.
Rochon (1741-1817).
Ce physicien distingué est né à Brest. Quoique destiné, d'abord, à l'état ecclésiastique et pourvu d'un bénéfice, il ne fut jamais que clerc tonsuré. Il n'en est pas moins désigné, par la plupart de ses contemporains, du nom familier de l'abbé Rochon.
Nommé à vingt-quatre ans bibliothécaire de l'Académie royale de marine de Brest, correspondant de l'Académie des sciences, puis astronome de la marine, il fut désigné pour accompagner le général Breugnon dans son ambassade au Maroc et y faire des recherches scientifiques.
Chargé en 1708, de reconnaître les écueils de la mer des Indes et de déterminer la route la plus sûre pour se rendre aux îles de France et de Bourbon, il se distingua dans cette mission, en relevant as tronomiquement la position des îles Séchelles, et ses observations météorologiques permirent au bailli de Suffren de prendre» l'année suivante, la route des Indes à contre-mousson, ce qui n'avait encore jamais été tenté.
Ayant reçu à la Corogne un lingot de platine, il Tut ie premier à apprécier les avantages de ce métal pour la construction des instruments d'optique.
Apres un nouveau voyage à l'Ile-de-France, en compagnie de Kerguélen, il fut nommé conservateur du. cabinet de physique du roi, installé au château de La Muette. C'est là qu'il entreprit ses belles recherches sur l'optique, et que dans des cristaux de quartz qu'il avait rapportés de Madagascar et fait tailler, il reconnut
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la loi de la double réfraction, qu'il eut l'idée de faire servir à la mesure des angles. C'est ainsi qu'il inventa le micromètre, en cristal de roche, dont il se servit pour déterminer les diamètres de trois planètes supérieures.
Après diverses missions scientifiques en Bretagne, dans le Berry et dans le Nivernais, il fut nommé, en 1787, astronome-opticien de la marine. .
En 1790, il lit partie de la commission des poids et mesures et des monnaies, créée par l'Assemblée constituante et il reçut à cette occasion une mission à Londres.
Lors ,de la création de l'Institut, Rochon fut un des premiers savants appelés, et il fut aussi chargé de le-
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tablissement de l'Observatoire de Brest. 11 revint à Paris en 1802, et s'occupa de recherches et de travaux scientifiques jusqu'à ses derniers jours, en 1817.
Sané (1740-1831).
Jacques-Noël, baron Sané, natif de Brest, entra de bonne heure dans les constructions navales. Appelé à Paris en 1763, il assista pendant dix mois aux leçons de physique de l'abbé Nollet et subit au mois d'août 1766, l'examen de sous-ingénieur. M. de Clugny, intendant de la marine, l'attacha au port de Brest, avec mission de suivre, sous l'inspection de Choquet de Lindu, les travaux des bâtiments civils et sous celle de M. Ollivier, ceux des constructions navales. Après avoir, pendant deux ans, coopéré aux uns et aux autres, il alla construire un môle et quatre gabarres à La Martinique et après son retour à Brest fut nommé ingénieur-constructeur en 1774. Dans cette position, le génie de Sané put librement prendre son essor.
Alors vivait, dans la force de 1 âge et du talent, un officier de vaisseau, le chevalier de Borda, non moins supérieur dans les théories de la mécanique et delà géométrie que Sané dans l'art des constructions navales. Ces deux hommes, étrangers aux rivalités misérables qui divisèrent longtemps les principales armes de la marine, unirent leur expérience, leur savoir, et leurs talents pour faire faire un grand pas au plus difficile des arts militaires et produire des vaisseaux supérieurs à tous ceux que les modernes avaient construits jusqu'à cette époque. La supériorité fut surtout remarquable pour les vaisseaux de quatre-vingts canons et pour les vaisseaux à trois ponts.
La marine française a conservé dans ses archives la
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trace du sentiment d'enthousiasme que lit naître la vue du vaisseau l'Océan, navire à trois ponts que le peuple admirait pour l'élégance de ses formes et que les marins applaudissaient surtout parce qu'il était le vaisseau le plus facile à manœuvrer et le meilleur voilier entre tous les navires du même rang qu'on eût construits en
Europe.
Mais Sané ne se contenta pas de concevoir les plans et de diriger la construction des vaisseaux les plus parfaits, il généralisa cette supériorité dans toute notre armée
navale. Grâce à ses efforts, la France, à la fin de la Révolution, composa des flottes' dont les vaisseaux possédaient tous les genres de supériorité que l'art pouvait procurer : c'était l'uniformité appliquée à la perfection.
Directeur du port de Brest, en 1792, Sané vit ses pouvoirs confirmés par le commissaire de la Convention, Jean Bon-Saint-André. Le Directoire le nomma inspecteur des constructions de la marine depuis Saint-Malo jusqu'à Bayonne. Après le 18 brumaire, le premier consul étendit le cercle de ses attributions en lui donnant le titre d'inspecteur-général du génie maritime, et le proposa lui-même pour la section de mécanique de l'Institut où il fut admis.
Fait officier de la Légion d'honneur (1810) et baron (1811), il reçut les mêmes marques d'estime de la Restauration qui le fit chevalier de Saint-Michel et de Saint-Louis. Il fut mis à la retraite en 1817, après soixante ans de services. Mais en 1828, Charles X se souvint des services rendus à la marine par le baron Sané et le fit de sa main grand-officier de la Légion d'honneur en 1828.
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Laënnec (1781-1820).
Si le titre de bienfaiteur de l'humanité a jamais convenu à un savant, c'est à coup sûr à Laënnec. Médecin patient et réfléchi, clinicien habile, il dota son époque d'une découverte, qui, tant que les maladies de poitrine décimeront l'humanité, rendra son nom immortel.
Fils d'une famille de notaires de Quimper, René- Théophile-Hyacinthe Laënnec, après debrillantesétudes médicales à Paris, fut appelé vers 1812 à collaborer au premier dictionnaire de médecine auquel il fournit une série d'articles qui rentraient dans la série de ses éludes de prédilection, et notamment des vues générales sur l'anatomie pathologique.
Ce fut trois ans plus tard, dans le mois de février 1815, qu'il communiqua à ses collègues de l'École de Médecine les premiers résultats obtenus par l'application de l'acoustique à la connaissance des affections de poitrine.
Dès ce moment s'ouvrit une ère nouvelle pour la médecine moderne à qui Laënnec fournit un guide sûr pour l'observation pathologique des organes contenus dans la cavité thoracique.
La percussion, inventée dès 1703, venait seulement d'acquérir, sous la main habile de Corvisart.le degré de précision qui lui manquait d'abord. Il fallait quelque chose de plus à Laënnec : ce quelque chose il le trouva dansl'application immédiate del'oreille sur la poitrine du malade, et dès lors un monde nouveau se révéla à lui. Pour perfectionner ses moyens d'exploration au milieu du chaos qu'il voulait débrouiller, il substitua bientôt à la simple application de l'oreille sur les parois thoraciques, l'emploi d'un cylindre intermédiaire.
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Ce fut le 14 mai 1815 qu'il fit le premier essai du stéthoscope, après avoir, quinze jours avant, donné à l'École de médecine un mémoire sur l'auscultation.
Un rouleau de papier à lettres, fortement serré, fut dans le principe l'instrument dont il se servit : l'une des extrémités de ce rouleau était placée contre son
oreille; il appliquait l'autre sur le point de la poitrine, qu'il se proposait d'examiner.
Nommé en 1816 médecin à l'hôpital Beaujon, puis bientôt après à l'hôpital Necker, il marcha avec son opiniâtreté bretonne à la solution du problème qu'il s'était proposé. Il fit des maladies de poitrine son élude spéciale; il concentra tout son génie sur cet uniqueobjet, et des résultats inespérés, immenses, devinrent
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la noble récompense de ses efforts et de ses travaux.
Le Traité d'auscultation médicale, qu'il publia en 1819, et dans lequel il consigna ses intéressantes recherches, fit une sensation immense dans le monde médical, en France et à l'étranger.
Ici, la carrière scientifique de Laënnec touche à son terme mais sa gloire est consommée. Atteint lui-même de la phtisie pulmonaire pour l'étude de laquelle il avait armé ses confrères. Il alla mourir à Kerlouanec, à l'âge de quarante-cinq ans.
Son nom, avons-nous dit, aura la même durée que la médecine et l'humanité elles-mêmes. En 1808, à la suite d'une souscription publique des médecins de France et de l'étranger, une statue en bronze de Laënnec a été inaugurée sur la place de l'Hôtel-de-Ville de Quimper.
Guillaume Lejean (1818-1871).
Pauvre enfant de Plouégat-Guerrand, issu d'une modeste famille d'agriculteurs, Guillaume Lejean fit ses humanités au Collège ecclésiastique de Saint-Pol-de- Léon. Après les avoir terminées, il se refusa à embrasser la carrière sacerdotale, pour laquelle sa famille l'avait fait instruire, et collabora, pour vivre, aux publications estimables, quoique un peu obscures, qui paraissaient alors en Basse-Bretagne.
Un protecteur trop obligeant faillit étouffer en lui le futur voyageur en le faisant entrer comme secrétaire à la sous-préfecture de Morlaix.
Lejean, qui aimait passionnément les recherches historiques, profita de sa position pour s'enfoncer dans les archives de la ville et, à vingt-deux ans, il faisait paraître une histoire communale du Finistère, i
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En 1847, il renonça sans regret aux succès de province, aux palmes des Académies bretonnes et vint se fixer à Paris, où il s'adonna vaillamment aux travaux d'érudition et de science.
La géographie surtout l'attirait. Sa bonne étoile, quelques recommandations de savants distingués, un mémoire couronné par l'Académie des inscriptions et belles-lettres lui valurent, en 1851, urjje mission de l'Institut en Orient.
Cette mission en Turquie décida tout à fait de son avenir. Géographe doublé d'un ethnologue, Lejean rapporta de son premier séjour en Orient une excellente monographie des populations de la Turquie, accompagnée d'une carte, et qui en dit plus sur la question d'Orient que bien des volumes. Pour lui, les Turcs sont en Turquie le moindre élément ethnographique. L'avenir de ce monde est aux Grecs, aux Bulgares, aux Monténégrins et aux Serbes.
De retour en France, il se reposa forcément pendant quelque temps, et collabora au Magasin pittoresque et à la Revue contemporaine. Enfin, grâce à l'appui d'un haut personnage, il se vit un jour à la tète d'une dizaine de mille francs qui lui permirent de donner suite à son projet de remonter le Nil jusqu'à ses sources.
En 1862, il repartait pour le bassin du Nil et pour le Soudan, et était bientôt chargé d'une mission diplomatique auprès du fameux Théodoros. Le superbe Négus le reçut officiellement, en grand apparat, entouré de ses lions, et l'envoyé français réussit d'abord à nouer de bons rapports avec le monarque abyssin. Mais des intrigues anglaises vinrent combattre son influence naissante et nos ennemis séculaires réussirent à le faire passer, aux yeux du Négus, pour un traître et
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pour un espion. Il fut arrêté et chargé de chaînes.
Ce n'est qu'en 1864 qu'il fut rendu à la liberté et put regagner Massaouah. A son retour en France, Lejean publia le résultat de ses observations géographiques dans la Revue des Deux-Mondes et dans le Tour du Monde, et il savoura à ce moment, dans une certaine élite, les jouissances d'une légitime popularité.
Il n'était pas au bout de ses pérégrinations cependant, car dans cette même année, il repartait pour la Turquie d'Europe, passait en Asie Mineure, visitait Bagdad, le golfe Persique, et allait jusqu'à Bombay, poursuivant pendant quatre ans son excursion scientifique jusqu'au Cachemire et à l'Himalaya.
Tant d'efforts l'avaient épuisé. Il revint, après avoir rendu compte de ses travaux, mourir en Bretagne, en 1871, consumé par les fièvres qu'il avait contractées sous des climats meurtriers.
ARTISTES
L'apport du Finistère aux beaux-arts n'est pas très considérable. Il se borne à un sculpteur et à quelques peintres.
Michel Colombe (1430-1512).
Ce sculpteur renommé, qui fut officiellement « tailleur d'images des rois Charles VIII et Louis XII », était originaire, non pas de la Touraine, comme l'ont dit par erreur certains historiens, mais de la paroisse de Plou- • goulm (Pleh* Columbani), à l'ouest de la ville de Sain l- Pol-de-Léon, et dédiée au célèbre Colomban, abbé de
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Luxeuil, que l'on appelle en breton coalm, mot qui signifie colombe dans les quatre dialectes.
• 11 est probable qu'en quittant la Bretagne, Michel Coulm traduisit son nom en français. Michel Colombe passa une partie de sa jeunesse à faire ce que les compagnons appelaient leur tour de France. Ce fut alors, comme il le dit lui-même, qu'il eut « la cognoissance m de mestre Claux et meslre Anlhomet, souverains « tailleurs d'ymaiges ».
Le premier de ces artistes était Claux de Vouzonne, neveu de Claux Sluter, sous lequel Vouzonne avait travaillé, en 1 100, au tombeau de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, et au puits de Moïse à Dijon. On voit que notre Breton était à bonne école.
11 s'établit ensuite à Tours et y lit venir sa famille, dont la postérité existait encore dans celte ville au xvii siècle. Colombe avaitpour compagnons ses neveux, Guillaume Régneault, tailleur d'images comme lui; Baslien François, maître maçon de l'église Saint-Martin de Tours, et François Colombe, enlumineur.
Anne de Bretagne qui, sur le trône de France, n'oublia jamais sa vieille province, ne trouva personne de plus digne que Colombe pour élever le magnifique tombeau deslinéà son père, le dernier duc de Bretagne, François II, et à sa mère, Marguerite de Foix, véritable chef-d'œuvre don t s'enorgueillit la cathédrale de Nantes.
De toutes les œuvres de Michel Colombe, les seules qui ont échappé à la destruction sont le mausolée de Nantes et le tombeau du duc Philibert, second mari de Marguerite d'Autriche, pour l'église de Brou, près de Bourg en Bresse, commencé par lui en 1511 et terminé par ses neveux. Les moulages de ce monument se trouvent à l'École des Beaux-Arts de Paris.
ARTISTES
Les deux Ozaime (1728-1811—1737-1813).
La famille Ozanne a eu le privilège de fournir une série d'arlistes distingués. Au milieu du xvu e siècle, un sculpteur de ce nom travaillait à un monument que l'on voit encore de nos jours dans le cimetière de Pleyben. C'est un calvaire dans le genre de celui de Plougastel-Daoulas et sur lequel de nombreuses statues représentent l'hi6toire de la Passion. Il porte la date de 1650 et, sous la table de la Cène, on lit l'inscription suivante :
Faict à Brest par V. iv. Ozanne, architecte.
Cet architecte était l'ancêtre de deux dessinateurs et peintres de marine que Brest, leur ville natale, n'a pas oubliés.
L'aîné, Nicolas-Pierre, montra un talent d'une grande précocité. A quatorze ans, il secondait déjà dans ses leçons son propre maître, M. Roblin, professeur de dessin à l'École des gardes de pavillon. Plus tard, il étudia a Paris sous la direction de François Boucher, peintre, et Ingram, graveur.
Il fut successivement employé au service de la marine à Brest, Toulon et Versailles. On a aussi de lui environ trois cents eaux-fortes.
Le nombre des élèves d'Ozanne fut considérable, puisque plusieurs générations d'officiers de marine étudièrent-sous sa direction pendant plus de cinquante ans ; mais il faut citer surtout sa sœur, Jeanne-Françoise Ozanne, qui grava, d'après lui, les planches des Campagnes de Dunitay-Trouin, et son beau-frère Le Gouaz qui exécuta soixante planches des Vues de Saint-
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Domingue, pour l'ouvrage de M. Moreau de Saint- Méry sur cette colonie.
Le frère du précédent, Pierre Ozanne, fut pendant vingt et un ans professeur de dessin des gardes de pavillon. Nommé plus tard sous-ingénieur constructeur de la marine, il lit deux campagnes en cette qualité en 1788, sous le comte d'Estaing et M. de Puységur.
A la Révolution, il fut envoyé à Toulon comme chef d'administration, et, en 1801, il reçut le brevet de capitaine de vaisseau.
Jobbé-Duval (1821-1889).
Il faisait partie de ce petit cénacle de peintres surnommés les néo-grecs, qui se sont distingués par leur goût pour tout ce qui est délicat, par une grâce un peu mièvre et enfin par l'absence de toute vigueur dans le coloris.
Né à Carbaix, Armand-Marie-Félix-Jobbé-Duval vint à Paris dès 1829 et fut élève de Paul Delaroche. Il fixa l'attention publique, au Salon de 1842, par son portrait de Théophile Gautier.
En dehors des Salons annuels, où il obtint une troisième médaille en 1850, un rappel de médaille en 1857, et la croix de la Légion d'honneur en 1861, l'artiste carhaisien a exécuté un grand nombre de Portraits; divers sujets pour l'église Saint-Séverin de Paris et deux médaillons : l'Agriculture et le Commerce, F Industrie et l'Art pour le Tribunal de Commerce de la Seine. On lui doit aussi la décoration delà grande salle des fêtes de l'hôtel de ville de Lyon.
Au lendemain de la guerre, Jobbé-Duval redoubla d'ardeur dans sa production et se signala parmi cette •phalange d'artistes qui travaillaient patriotiquement à
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reconstituer, pour te France abattue, au moins le plus beau fleuron de sa couronne, celui de la suprématie dans les arts.
Adjoint au maire du XV arrondissement de Paris, du 5 septembre 1870, au 20 mars 1871, Jobbé-Duval fut constamment élu conseiller municipal, depuis 1873, pour le quartier Necker; il fut vice-président de cette Assemblée en 1881 et chargé d'une mission d'études sociales à l'Exposition ouvrière de Boston, 1883.
Yan Dargent (1824-1886).
C'est le peintre de la Bretagne, comme Brizeux en a été le poète. Cet artiste, né à Saint-Gervais, près de Landivisiau, a surtout représenté des Bretons dans ses tableaux, comme par piété filiale. Une certaine grâce naïve et une touchante poésie ne sont pas étrangères à ses compositions.
Yan Dargent a décoré mainte chapelle ou église de Bretagne; il a surtout exécuté d'importantes peintures murales à la cathédrale de Quimper, à la suite desquelles il reçut la croix, le 12 janvier 1877.
Dans les vingt dernières années de sa vie, l'artiste breton ne se consacra pas exclusivement à la peinture, il s'adonna aussi à l'illustration et le fit avec talent.
C'était un tempérament artistique très net et très personnel qui a toujours donné une note consciencieuse et originale dans chacune de ses productions et que l'hommage durable de ses compatriotes dédommagera relativement du caractère modeste de sa vie.
Nous terminons cette revue biographfque en citant un modeste éducateur à qui le Finistère est redevable des plus précieux services.
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Tanguy-Lejeune (1759-1811).
Tanguy-Lejeune, maître d'école à Plabennec, fut l'initiateur de la vulgarisation du français en Basse- Bretagne. Le premier, il composa différents ouvrages propres à faciliter l'étude de la langue française à ses compatriotes. Ce sont: I. Rudiment euz ar Finis t er ; Rudiment du Finistère, en breton et en français. — II. Protocole d'actes, ou Bibliothèque des enfants de la campagne, à l'usage des écoles primaires, contenant toutes sortes d'écrits très utiles et nécessaires aux personnes de toutes professions. — III. Alphabet breton et fiançais pour les commerçants.
Ces ouvrages, procédant d'une didactique raisonnée et d'une méthode graduelle et claire, ont servi de base à tous les travaux entrepris depuis pour l'enseignement rapide du français aux paysans du Finistère.
Et son œuvre éminemment utile est continuée par toute cette phalange dévouée d'instituteurs qui travaillent chaqu-3 jour à rendre plus intimes les liens qui unissent historiquement ce beau département au reste de la France.
Aux efforts quotidiens de ceux-ci nous ne devons pas marchander notre gratitude. Car après le défilé de l'élite du Finistère auquel nous venons d'assister, il nous est permis de conclure que ses qualités traditionnelles de bon sens, de dévouement et de courage font de cette population une des réserves morales de la patrie.