PRÉDICATEURS, THÉOLOGIENS, PHILOSOPHES, ÉRLDITS
Ce savant religieux n'écrivait pas cependant avec toute la correction désirable, mais son savoir le plaçait au premier rang des docteurs de son temps.
Hervé Bohic (1310-1300 4 ).
Né à la pointe Saint-Mathieu, Bohic professa le droit à Paris vers 1335. Il est cité comme autorité par Dumoulin dans son Commentaire sur l'ancienne coutume de Paris, et d'Argentré parle de lui en cps termes :
« Le premier des excellents jurisconsultes, fut Hervé « Boich, Breton, natif du pays de Léon, en l'an 1310, « qui acheva son Livre sur les Décrétales, en l'an 1349.
« Ce fut l'homme le plus résolu et le plus frais de « textes que canoniste qui ait jamais été. Car, à la vérité, « ceux qui ont vécu depuis n'ont fait que des exten- « sions sur ses théorèmes... »
Michel Le Xoblelz (1577-1651).
Celui que ses contemporains ont appelé l'Apôtre de la Basse-Bretagne, naquit au manoir de'Kerodren, en Plouguernau. Son père, Hervé LeNobletz, était l'un des quatre notaires de tout le pays de Léon.
Le jeune Le Nobletz commença ses humanités à Bordeaux et les acheva à Agen. Apfès avoir étudié à Paris la théologfe et la langue hébraïque, il y reçut les ordres sous la direction du père Cotton, confesseur de Henri IV.
De retour en Bretagne, il entreprit des missions dans le diocèse de Léon et commença par les îles de Sein, d'Ouessant, de Molène et de Batz, dont les habitants vivaient avant lui dans une profonde ignorance.
A l'époque de ses prédications, les superstitions druidiques et divers vestiges d'idolâtrie subsistaient encore dans toute cette région. Les habitants de l'île de Sein
FINISTERE
surtout, ces démons de la mer, s'adonnaient à la barbare coutume d'allumer des feux la nuit pour tromper les navigateurs, les attirer sur les récifs et recueillir leurs épaves.
A Michel le Nobletz revint la gloire d'évangéliser et de moraliser les habitants encore à demi sauvages de cette extrémité de la péninsule armoricaine.
Après une carrière aussi bien remplie, il mourut au Conquet à l'âge de 77 ans. Il fut enterré à Lockrist où on lui a élevé dans l'église un beau tombeau en marbre noir.
Hardouin (1646-1729).
Jean Hardouin, père jésuite, fils d'un imprimeur de Quimper, fut l'un des hommes les plus profonds et le plus singulier des savants qui aient paru dans l'érudition.
L'immensité de ses connaissances le précipita dans les plus absurdes chimères; à force de savoir, il embrouilla tout, et la connaissance de l'antiquité devint pour lui le principe des doutes les plus bizarres. Il prétendait presque que tous les écrits qu'on nous donne pour anciens ont été fabriqués dans le xm e siècle, par des moines qui se donnèrent le mot pour s'appeler, les uns, Homère, Platon, Aristote, Plutarque; les autres, Tertullien, Origène, Bazile, Augustin, etc.
Il n'exceptait de cette manufacture que les Œuvres ■de Cicéron, et Y Histoire naturelle de Pline; les Satires et les Épîtres d'HoRACE; les Géorgiqnes de Virgile.
Bibliothécaire du collège de Clermont, puis plus tard bibliothécaire titulaire de la maison professe, Hardouin trouva moyen de composer 102 volumes dont 92 ont été imprimés.