‹ Galerie française. Volume 18Chapitre 12 sur 17 · ÉDUCATEURS ET PHILANTHROPES · texte numérisé non relu

ÉDUCATEURS ET PHILANTHROPES

l'expulsion [des Jésuites provoquait de vives discussions sur l'éducation, La Chalotais proclama hardiment des principes qui, appliqués par la Révolution, écartés par les régimes monarchiques, ont été repris de nos jours ut formeront peut-ôtre, dans un avenir prochain, la base de notre éducation nationale.

Louis-René de Caradeue de La Clialotaïe était néà Rennes. D'abord avocat, il devint procureur général au Parlement de Rennes. Lorsque le procès des Jésuites fut instruit par le Parlement de Paris, et que les parlements de province, où survivait l'esprit gallican, se prononcèrent à leur tour contre la trop fameuse Compagnie, La Chalotais dénonça la morale et l'enseignement des Jésuites dans un violent réquisitoire (mai 1762).

Les Jésuites disposaient alors, dans plus de cent vingt collèges, de presque tout renseignement secondaire; fallait-il abandonner la jeunesse à des doctrines surannées, hostiles aux progrès de l'esprit public? Au contraire l'Etat n'avait-il pas le droit et même le devoir, de donner lui-môme un enseignement conforme à ses traditions et à ses intérêts? Telle est la question qui se posa entre le long monopole de l'Eglise et le droit de l'Etat laïque, question résolue en faveur de l'Etat, par La Chalotais dans sa retentissante brochure, Essai d 'éducation nationale, en 1763.

La Chalotais voulait confier l'instruction à des maîtres laïques, et faire de l'instruction, comme disait Voltaire, une œuvre de gouvernement.

« Je prétends, écrivait La Chalotais, revendiquer pour la nation une éducation qui ne dépende que de l'Etat, parce qu'une nation a un droit inaliénable et

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