IIXE-ET- VIL AISE
imprescriptible d'instruire ses enfants, par ce qiC enfin les enfants de l'Etat doivent être élèves par l'Etat. »Cea théories si nouvelles pour le temps, eurent un grand succès. Mais l'ancien régime était incapable de les appliquer, et, après l'expulsion des Jésuites, l'éducation fui laissée au hasard.
D'autres événements avaient arraché La Chalotais à ses travaux.
Dans là lulte qui s'engagea entre le Parlement de Rennes et le duc d'Aiguillon, gouverneur de Bretagne, le procureur général avait naturellement pris parti pour les magistrats. Il fut en butte à l'hostilité du due que ses rtiilleries d'ailleurs n'avaient pas épargné.
On reprochait au duc d'Aiguillon de s être un peu trop ménagé dans la journée de Saint-Cast, en 1758, et de n'avoir assisté à la bataille que du haut d'un moulin. « Si notre gouverneur ne s'est pas couvert de gloire, avait dit La Chalotais, au moins s'est-il couvert de farine. »
Ce bon mot lui coûta cher. En 1765, il fut arrêté avec son fils, et jeté en prison, àSaint-Malo. Comme La Bourdonnais à la Bastille, il y écrivit, avec un cure-dent trempé dans de la suie, des mémoires pour se justifier. « Malheur, dit Voltaire, à toute âme insensible qui n'éprouve pas le frémissement de la fièvre, en lisant les mémoires de l'infortuné La Chalotais ! Son cure-dent grave pour l'immortalité. » Plus tard, il fut exilé à Saintes, avec son fils et plusieurs autres conseillers. Il y resta jusqu'en 1774.
Ces vicissitudes du magistrat dévoué à sa compagnie et aux lois ont fait oublier ses théories pédagogiques, mais elles retrouvèrent tout leur crédit pendant la Révolution.