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LE PAYS ET LES GENS

Le département d'Ule-et- Vilaine, formé d'une partie de l'ancienne province de Bretagne, doit son nom aux deux rivières qui se rencontrent à Rennes. Il est plus allongé que large, et on pourrait dire qu'il sert de frontière entre la France proprement dite et la vieille Bretagne. Autrefois, la Vilaine marquait, aux yeux des paysans, la séparation entre les Gallots et les Bretons.

Le sol inégal, entrecoupé de collines et de landes, de forêts épaisses et de plaines peu fertiles, est bordé, au nord, d'un riche marais conquis sur la mer. Dans son ensemble, le pays présente un vaste plateau granitique recouvert de schistes, dont on retrouve partout les traces noirâtres, et sur lesquels est éparse une couche très mince de terre végétale.

Ce plateau est traversé de l'Est à l'Ouest, par la chaîne de hauteurs qui séparent le versant de la Manche de celui de l'Océan et qui viennent se souder au plateau Armoricain. C'est dans cette direction que se trouvent les deux sommets les plus élevés du département; à l'Est, sur la frontière de la Mayenne, la colline de la Chapelle Janson (248 mètres); à l'Ouest, sur celle du Morbihan, et dans la forêt de Paimpont, la colline de II iiitc-Forêt (25o mètres).

En dépit d'une aussi faible altitude, le pays ne présente pas moins beaucoup de variété avec des beautés pittoresques.

Ce soct d'abord de vastes forêts, comme celles de Pimpont, de Rennes, de Fougères, de la Guerche, faibles débris pourtant de ces forêts immenses qui couvraient jadis la contrée, et au fond desquelles s'abritaient les tribus celtiques et leur religion mystérieuse, forêts peu à peu éclaircies par la multiplicité des routes, par l'accroissement des villages, par les besoins nouveaux des villes, mais dont quelques-unes ont conservé, avec leur aspect sauvage, leurs vieux souvenirs.

Une des plus remarquables en ce genre est la forêt de Paimpont, qui n'est autre que la fameuse forêt de Brocelyande où les romans de chevalerie plaçaient la demeure de l'enchanteur Merlin et de la fée Viviane; où dormait la source de Jouvence, dont les eaux rendaient la jeunesse; et dans laquelle firent tant de chevauchées les Arthur, les Lancelot, et les autres héros de la Table Ronde.

Puis au cœur même du pays, c'est la vallée que s'est frayée la Vilaine, entre des collines schisteuses, taillées parfois en falaises abruptes et sauvages, comme celles de Bourg-des-Comptes et de Pléchàtel; vallée où débouchent de nombreux petits cours d'eau, cheminant tour à tour à travers les prairies et les bois.

Enfin, au Nord, c'est le marais de Dol. qui tire son nom de la ville de Dol ou du mont Dol, massif granitique de 05 mètres de hauteur, isolé dans une plaine d'alluvion, en regard du mont Saint-Michel. Toute cette région, basse et fertile, a été conquise sur la mer, grâce à une digue élevée au xn* siècle, de sorte qu'on a pu dire que si le pays de Fougères, avec ses coteaux et ses bois et ses vallées verdoyantes, est la

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