T. VI
vernement d'un collège et de deux autres employées aux affaires d'une procure. Il était confesseur du Dauphin, fils de Louis \V, quand à la mort du 1'. de Linyères, le Roi résolut de l'attacher à sa personne dans cette même qualité. Le P. Pérussault mourut à la Maison professe de Paris, le .30 avril 1753. Cf. do Barker, II, 1890 ; Hamy, 2JCI.
Pctau, Denis, né à Orléans, le 21 août 1583, étudia à Paris et soutint en grec ses thèses de philosophie. Sa seule distraction était de copier des manuscrits à la Bibliothèque du Roi. A 19 ans, il avait déjà obtenu une chaire de philosophie à Bourges et un canonicat à Orléans. Mais en 1605, l'attrait de la vie religieuse devint plus fort que les séductions du monde. Ayant renoncé à sa chaire et à sa prébende, le jeune savant alla faire son noviciat à Nancy. De 1606 à 1C08, il suivit le cours de théologie à Ponl-à-Mousson. On l'envoya professer la rhétorique deux ans à Reims (1609-1 CM), et quatre ans à La Flèche (161 1-1615). Il fit son 3° an l'année suivante, revint à La Flèche et y donna des leçons d'Écriture Sainte (1616-1617). A partir de ce moment, le P. Pelau commença à professer la théologie au collège de Clermont à Paris et occupa cette chaire pendant 20 ans (161 8- 1644). Son grand ouvrage « De doctrina (emporitm » parut en 1627. Dix ans plus tard, Urbain Vlll témoigna le désir de l'attirer à Rome et de le créer cardinal. A cette nouvelle, l'humble religieux fut si affligé qu'il en tomba malade : aux instances qu'on fit pour lui persuader d'accéder aux vœux du souverain Pontife, il répondit: « Je suis trop vieux pour déménager. » En t644, on le déchargea de sa classe. Le P. Petau consacra le reste de sa vie à écrire ses o Theolo- Ijica dofjrnnta » qu'il n'eut pas le temps de terminer. Averti par Gui Patin son médecin de la gravité de son état, il reçut aussitôt les derniers sacrements et mourut peu d'heures après, le 1 1 décembre 1652, au collège de Clermont à Paris. Cf. de Backer, II, 1909 ; Harrnj, 2362-2376.
Petre (Edouard Lord), né à Londres en 1631, fut admis au noviciat de Walten en 1652. sous le nom de Spencer. Ses éludes terminées, il fut élevé au degré de Profès, le 2 février 1671. puis envoyé en Angleterre, au collège de Saint-Thomas de Cantorbéry (Ilampshire). Par la mort de son frère (1679), il devint Lord Edouard Petre. Vers ce temps, ses talents et sa vertu avaient engagé ses supérieurs à lui confier l'office de Recteur à Londres puis celui de vice-Provincial, quand éclata la conjuration de Titus Oales. Le duc d'York dut intervenir pour le tirer de prison (juin 1680). Au mois de novembre suivant, le P. Petre y fut jeté de nouveau et n'en sortit qu'en 1083. A la mort de Charles II (1685), il devint confesseur et secrétaire intime du nouveau roi, l'infortuné .Jacques II, et, le 1 1 novembre, membre du Conseil privé. A la suite des événements qui placèrent Guillaume d'Orange sur le trône d'Angleterre (1688), le P. Petre se retira à St-Omer. Cinq ans plus tard, le P. Général, convaincu de la résistance qu'il avait toujours opposée aux tentatives faites par le Roi déchu pour lui obtenir un chapeau de cardinal, le nomma Recteur de St-Omer. En octobre 1697, il se retira à Watten et y mourut, le 15 mai 1699. Cf. Foley, English Records. Son portrait acquis en i SOI) se trouve dans la collection Hamy.
I*liilî|i|iAi, I Robert, français, parti de Rome pour l'Angleterre en compagnie du P. Henri Morley, le 29 août 1628 fut pendant plusieurs années le confesseur de llcnrielte- Marie, fille de Henri iV et femme de Charles I". Cette pieuse princesse associa plus d'une fois son directeur h ses aumônes et à ses autres œuvres de charité. Le P. Philipps eut aussi
' Ce nom est fictif. Il n'a pas eiicoro 6lé possible de trouver le vrai nom.
une grande part à l'envoi d'une colonie de catholiques Anglais qui fondèrent le Maryland ou « Pays de Marie » en Amérique, sous le gouvernement de Lord Baltimore. Dieu permit, pour l'éprouver, qu'il filt jeté en prison, le 2 novembre 1641. Mais la Reine obtint son élargissement. Une note de Clarendon permet de fixera l'année 1650 la date de sa mort. Après avoir dit que le D' Cosins avait reçu défense d'offîcier en présence de la famille Royale h. Paris (lOoO), cet auteur ajoute : « Dans cette circonstance. Sa Majesté a exprimé combien elle sentait la perte qu'elle avait faite par la mort de son ancien confesseur, le r. Philipps. » Clarendon, History of tite Rébellion, V. pp. 183-4 Cf. Foley, English Records, V. p. 1008. La collection Hamy a acquis, en 1890, le portrait gravé de ce personnage^
Pîekel, Ignace, né à Eystadt, le 30 juillet 1736, fut admis au noviciat de Landsperg, le 28 septembre 1754. et professa les sciences exactes à Dillingen. A la suppression (le son ordre, en 1773, les Universités de Mannheim et d'Ingolsladl lui offrirent la chaire d'Astronomie. Mais le Prince Évêque d'Eystadt voulut l'attacher à son diocèse, et le nomma chanoine, conseiller et professeur de mathématiques. A ces fonctions s'ajouta bientôt la cliarge du cabinet de physique et des collections d'histoire naturelle. Pickel en fit le classement méthodique, les augmenta beaucoup et en donna la description en 24 volumes in-4. La faveur du prélat ne fut pas éternelle. En 1805, le savant directeur fut mis à la retraite, ; et survécut onze années à celle disgrcàce, dont son savoir et son travail auraient pu lui évi- [. ter l'humiliation. 11 mourut à Eystadt, le 16 octobre 1818. Cf-. de Dacker, II, 1956. Le port trait, non mentionné dans Hamy, Essai sur l'Iconographie, se trouve, avec une biographie. \ dans Neuburgor Taschenhuch, 1810.
: . Pierling-, Jacques, né àSt-Pétersbourg, le 28 mai 1784, fut admis au noviciat à Du- \ nebourg, le 16 septembre 1803. Il étudia la théologie à Polotzk et y reçut le titre de Doc- ^ leur. Après sa profession, on l'appliqua d'abord à la prédication. On eût aimé à le laisser ; vaquer à ce ministère à cause de ses grands succès ; mais d'aulre part, il ne se trouva per- ; sonne plus capable de gouverner l'important collège de Polotzk. Le P. Pierling fut donc nommé Recteur de cette maison en 1 809 et y demeura jusqu'en 1 820. L'Ukase qui chassait ; de Russie tous les Jésuiles n'admit pas d'exception en sa faveur : on l'envoya à Tarnopol, où
■ il remplit les fonctions de Préfet des Éludes (1820-1829), puis de Recteur (1829-1832). Le
■ P. Roolhaan le nomma alors Provincial de Galicie (1832-1850). Il fui depuis celte dernière j date, Assistant d'Allemagne et V'icaire général, jusqu'à l'élection du P. Beckx. Maintenu j dansTofiice d'assistani en 1853, le P. Pierling mourut à Rome, le 10 avril 1870. Cf. de Bal cher. H, 1961 ; Hamy, 2385.
f Pig^nat, Jean l'Evangéliste, né à Vouvry en Valais, le 15 janvier 1728, fut admis au
^ noviciat, le 23 octobre 1746. Ses études terminées, sa vie fut consacrée au ministère des ? missions dans sa montagneuse patrie. Il s'en acquitta avec zèle, de 1758 à 1773, et, après } la suppression de son ordre, continua à s'y employer pendant 20 autres années. La date I de sa mort, restée inconnue, se place ainsi après 1793. Ses principes d'ascétisme furent I publiés àSion en 1793. Cf. de Ba.cker, II, 1965 ; Hamy, p. 148. Ce dessin se trouve dans *■ la collection Desrosiers-Cahier, École Sainte-Genevièvre, 18, rue Lhomond Paris. C'est un crayon du célèbre P. Martin.
Pignatelli, Joseph, naquit en 1737 et fut admis au noviciat vers 1753. 11 était allié aux plus grandes familles d'Espagne, petit neveu d'Innocent XII, frère de l'Ambassadeur de S. M. Catholique à Paris, etc., etc. La Cour le fit inviter à se retirer dans sa famille, la
veille du jour où parut l'Kdil de Charles 111 contre les Jésuites (1" avril 1767). Dans un senlimenl de fidélité à ses vœux et d'amour pour son ordre, le religieux déclina ces ofTres. De 1767 à ISO'f, sa charité devint la Providence de ses frères en exil. Quand de 1793 à 1804, le duc de Parme réunit sans bruit les ex-Jésuites, en attendant qu'ils pussent se joindre à leurs confrères de Russie, Pignalelli fut placé à leur tête avec les pouvoirs de Provincial. Pendant l'occupation française, plein de prévoyance pour ses inférieurs, il leur assura des asiles où ils eurent le moyen de se retirer sans crainte, et des ressources qui suffirent à toutes leurs nécessités. Épuisé par la tribulalion, mais sans avoir connu le découragement, ce charitable Père s'endormit dans la paix du Seigneur, à Rome, le 13 novembre 181 1, avec la consolation d'avoir pu faire revivre les traditions du passé et l'assurance de voir bientôt du haut du ciel le rétablissement de la Compagnie de Jésus dans tout l'univers. Cf. Crétineau Joly, V, pp. 246, 223, 428, 429 ; Hamy, 2386-2380.
Pillon, Adolphe, né à Estrées (Somme), le 25 avril 1804, entra au noviciat de Montrouge, le 21 août 1823. Il débuta dans la régence au collège de Dôle, la continua au Passage et suivit le cours de théologie à Madrid, puis à Vais, près le Puy. Les rares qualités qu'il montra de bonne heure pour le gouvernement engagèrent les supérieurs à l'élever au degré de Profès, le 15 août 1842. Le P. Pillon fut Recteur ou Provincial pendant la plus grande partie de sa longue carrière. Les collèges de Rrugelelte, de Vannes, de Sainte- Geneviève à Paris, d'Amiens, de Lille, furent les heureux témoins de sa vigilance et de sa bonté vraiment parternelles. En 1867, le P. Beckx le chargea d'administrer la province de Champagne qui fut la plus éprouvée de France en 1870, mais qu'il laissa florissante, en 1873, aux mains de son successeur. A cette dernière date, le P. Pillon fut envoyé à Lille avec, la mission d'y fonder l'externat de Saint-Joseph. Là, s'écoulèrent les dernières années de cette existence modeste mais féconde. Une épreuve lui était réservée, celle de voir un vétéran, mêlé à toutes les luttes soutenues pour la liberté de l'instruction, déclaré indigne, après plus de 50 ans, des fonctions d'éducateur de la jeunesse. Glorieuse llétrissure pour un homme à qui des milliers de familles avaient confié leurs enfants ! Deux qualités ont rendu le P. l'illon cher à ses inférieurs. 11 savait laisser à chacun beaucoup d'initiative dans le cercle de ses fonctions, et, par une abnégation fort rare, on le vit constamment s'oublier lui-même, pour s'occuper atl'ectueusement de tout ce qui pouvait profiter aux autres. N'y a-t-il pas là beaucoup de vertu ? Le P. Pillon mourut à Lille, le 29 novembre 1885. Le portrait est gravé d'après une photographie de la collection Hamy.
Pinamonti, Jean, Pierre, né à Pistoie, le 27 décembre 1632, entra au noviciat de Rome, le 7 octobre 1647. Des douleurs de tête d'une violence extraordinaire l'obligèrent à discontinuer ses éludes. Comme il savait assez de morale, on se hâta de l'ordonner prêtre à Pistoie, ce qui ne l'empêcha pas de s'occuper pendant plusieurs années des travaux manuels dans les offices domestiques. Le P. Général l'admit en 1665 ;i la Profession des 3 vœux. Vers la fin de cette année, le P. Pinamonti devint le compagnon du P. Paul Segneri l'Ancien. Leur association dura 26 ans. Quand Innocent Xll y mil un terme, en appelant Segneri à Rome (1692), Pinamonti continua, avec d'autres pères, à donner des missions pendant 1 1 ans. La dernière fut celle de Borgo d'Orta, près du Lac-Majeur, à une journée de Novara. C'est peu de jours après lavoir ouverte que le P. Pinamonti mourut, le 25 juin 1703. Cf. (Ir Barlicr, II, 1980 ; Hami/, 2390-2395.
Placliy, Georges, né à Budweiss (Bohème) en 1606, fut admis au noviciat à l'âge de
16 ans. Lors du fameux siège de Prague par les Suédois, ce père était préfet des études au collège Saint-Clément. Déjà l'ennemi s'était emparé de la tête du pont, quand, profitant, le soir même, du moment où les soldats, en train de manger, étaient moins sur leurs gardes, Plachy, à la tète de quelques braves, les culbuta et reprit ce poste important. Il le laissa en bonnes mains, puis passa toute la nuit à convoquer, armer et enflammer 300 élèves du collège restés en ville. Leur exemple excita l'ardeur des habitants et l'armée Luthérienne dut s'éloigner, après de vains efforts pour s'emparer de la place. De grands honneurs furent décernés au Sauveur de Prague. La jalousie les changea ensuite en un bannissement. Plus tard, la calomnie fut reconnue et réparée. Plachy revint au Collège Saint-Clément, mais il mourut à Kuttemberg, le 19 avril 1664. Cf. de Backer, II, 2011 ; Hamy, 2398-2400.
Plessis (François-Xavier du), né à Québec, le 12 janvier 1694, entra au noviciat de Paris, le 7 janvier 1717, et professa la grammaire pendant 4 ans. Suivant une lettre de sa sœur, le nombre de ses écoliers, dans une seule année, fut de 260. Comme il avait étudié la philosophie et suivi, pendant deux ans, des cours de théologie, avant son entrée en religion, il ne fut obligé qu'à deux autres années (1723-5), pour achever ses études. De 1725 à 1736, le P. du Plessis fit sa troisième année de noviciat, professa la rhétorique (1726-9), et la philosophie à Arras (1729-1735), puis devint préfet des études dans ce dernier collège. Il y avait fait la profession solennelle, le 2 février 1729. A partir de 1736, sa vie fut entièrement consacrée au ministère des missions, et les succès qu'il y remporta dépassent toute croyance. Quand il parlait de la Passion de Jésus-Christ, au pied d'un calvaire, les irrésistibles accents de son éloquence touchaient les cœurs les plus froids et provoquaient d'innombrables conversions. Le P. du Plessis mourut à Charenton, le 2 décembre 1771. Cf. de Backer, II, 2025 ; Hamy, 2402-5. On trouve dans le portefeuille Qb-4, au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale à Paris, 4 estampes curieuses sur le Christ miraculeux d'Arras.
PloAvden, Robert, né à Plowden Hall, le 27 janvier 1740, entra au noviciat de Watten, le 7 septembre 1756. et fut promu au sacerdoce, le 7 octobre 1763. Il fut aumônier de Carmélites d'Hoogstraet, jusqu'à son départ pour l'Angleterre en 1777. La première paroisse dont on le chargea est une petite localité du Devonshire, Arlington, près du manoir des Chichester. En 1787, le P. Plowden passa à Bristol. Avant son arrivée, les catholiques ne pouvaient se réunir à plus de 60 ou 80 dans une salle appelée Saint-James' Back. Le nouveau pasteur se mit à l'œuvre, et, le 27 juin 1790, la chapelle de Saint-Joseph dans Trenchard Street, le presbytère et les écoles s'ouvrirent, comme par enchantement. Plusieurs paroisses au sud du Pays de Galles, et, en particulier, Swansea lui sont aussi redevables de leur établissement. Non seulement, le P. Plowden se fit chérir des catholiques, mais il fut aussi bienvenu des protestants. Admis à la profession, le 7 février 1807, ce courageux Apôtre continua à travailler jusqu'au 4 juillet 1820. Retiré à -Wappenbury (Warwickshire), il y mourut le 17 juin 1823. Cf. Foley, English Records ; Hamy, 2406. Ce portrait a été acquis en 1890.
Poiiiey, François, né à Pernes(Vaucluse), le 8 décembre 1613, fut admis au noviciat, le 22 octobre 1636. Sa vie entière se passa dans les Collèges, tantôt comme professeur de grammaire, d'humanités ou de rhétorique, tantôt comme préfet des Études. Le Collège de la Trinité à Lyon lui dut en grande partie sa gloire littéraire, pendant les longues années de son habile direction. Écrivain correct et savant, le P. Pomey s'est appliqué dans de
nombreux ouvrages à donner aux écoliers des facilités nouvelles pour s'avancer dans la connaissance de la langue latine. Son goût éclairé, son zèle, sa patience, sa méthode et ses talents méritent l'admiration de tous ceux qui ont le culte des langues anciennes. Ce savant latiniste mourut à Lyon, le 10 novembre 1C73. Cf. de Backcr, il, 2068. La collection Ilamy a acquis en 1890 une gravure anonyme de 131°"" sur 73.
Pongratz, Etienne, né en 1 b83. dans le royaume de Hongrie, professa la rhétorique pendant 7 ans et fut ensuite appliqué à la prédication. Au milieu d'une mission prêchée par lui à Kaschauavec le P. Melchior Grodzicki et un chanoine de Gran, .Marc Choysin, les Calvinistes firent jeter en prison ces courageux apôtres, les y maintinrent pendant trois jours sans leur rien donner à manger, ni même une goutte d'eau à boire. Le 7 septembre 1619, après de cruelles tortures, on leur brûla les flancs avec des torches ardentes. Pongralz respirait encore. Ses bourreaux le jetèrent dans un cloaque infect et entassèrent sur lui les cadavres de ses compagnons pour le mieux étouffer. Le P. Pongratz était âgé de 36 ans. Cf. Patrignani ; Hamy, p. 149. La gravure qui se trouve dans « Donbardi S. J. Undeni Griecenses » a été acquise depuis peu.
Pont (Le Vénérable Louis du), né à Valladolid, le If novembre 1554, fut admis au noviciat de Villagarcia, le 2 décembre 1574, par le Père Ballhazar Alvarez. Forcé parle mauvais état de sa santé à renoncer aux ministères actifs, le P. du Pont fut appliqué toute sa vie à la formation des novices, à la direction des âmes, et à la composition d'ouvrages d'ascétisme ou d'hagiologie. On le considère comme un maître de la vie spirituelleet il passe pour un des meilleurs contemplatifs de son Ordre. Ses écrits sont pleins d'une solide doctrine puisée surtout dans l'Écriture Sainte et les PP. de l'Église. La suavité et l'onction dont ils sont empreints sont capables d'inspirer et de soutenir une haute dévotion. Le P. Louis du Pont mourut à Valladolid, le 10 février 1624. Cf. de Bac/cer, 11, 2190 ; Hanry, 2407-2419. Le n° 2407 paraît jusqu'ici le meilleur à reproduire.
Pontanus, Jacques, né à Brugg (Bohême) en 1542 changea son nom de Spanmul- 1er qui rappelle l'idée de pont, en celui de Ponlanus, à son entrée au noviciat. Il devint, au cours de sa vie religieuse, habile humaniste et philologue. Ses ouvrages sur la poésie latine ont eu beaucoup de vogue. Cet estimable écrivain mourut à .\ugsbourg, le 25 novembre 1626. Cf. de Backer, II, 2081 ; Hamy, 2420.
Poréc, Charles, né à Vendes, près de Caen, le 4 septembre 1675, fut admis au noviciat, le 8 septembre 1692. De ses premières années de vie religieuse, le seul détail connu est qu'il professait déjà la rhétorique, à Rennes, vers la fin de sa régence, (1700-1701). Ordonné prêtre en 1705, il fil à Paris sa 4' année de théologie (1705-6). Bientôt après, on lui confia la chaire de rhétorique du Collège Louis-lc-Grand. Le Père Porée ne s'y montra pas inférieur aux maîtres qui l'avaient précédé dans cette fonction. S'il ne les a pas surpassés par le talent, il les a au moins égalés dans l'art de former des élèves capables d'écrire brillamoient dans leur langue, sans négliger la connaissance des auteurs classiques. Voltaire, dont il appréciait le mérite, mais dont il ne prévit pas l'impiété, ne fut pas ingrat envers la mémoire de son vertueux professeur. Le Père Porée mourut à Paris, le f 1 janvier 1741, se refusant à croire que son élève favori deviendrait, comme le P. Le Jay, plus clairvoyant, l'avait prédit : « le Coryphée de l'impiété. » Cf. de Backer, II, 2086-7 ; Hamy, 2422-2424.
Possevin, Antoine, né à Mantoue vers 1333, entra au noviciat de Rome en 1559,
Dans le cours de sa vie religieuse, chargé des missions diplomatiques les plus épineuses, il mérila tout à la fois la reconnaissance du Saint-Sif-gc, et l'alTcclion des Princes avec Icj^quels ses nombreuses légations le mirent en rapporl. La Savoie, la France, la Suède, la Pologne, l'Empire Moscovite, plusieurs étals de l'Allemagne admirèrent son génie et sa connaissance des affaires. Au milieu de ses voyages et de ses négociations, le P. Possevin n'oublia jamais que son devoir était d'obtenir l'extension du règne de Dieu par la liberté de l'Église, partout où elle élait opprimée ou menacée. En même temps, il facilita l'établissement d'un grand nombre de Collèges, afin de préserver la jeunesse catholique du poison des mauvaises doctrines. L'érudition dont ses œuvres imprimées rendent témoignage est encore très admirée. 11 mourut à Ferrare, le 26 février 1611. Cf. de Backer, II, 2120 (32), 2123. Son portrait peint se trouve aux Archives de Mantoue. Celui dont on s'est servi est fait d'après une copie d'un des tableaux qu'on voyait jadis dans la Galerie du Gesù à Rome.
PoKxo, André, né à Trente, en 1639, ou 1640 (Selon Patrignani), fut admis au noviciat de Milan en 1666. Son goût pour la peinture lui avait fait abandonner les études classiques et quitter la plume pour le pinceau. Une fois en religion, il ne put cacher ni son attrait, ni son talent. C'est à Turin qu'il le révéla tout d'abord, en peignant avec un rare bonheur la coupole de l'Église du Collège. Le P. Général (J. P. Oliva) le fit ensuite venir à Rome. Les fresques de la voûte du collège Romain ont toujours été considérées comme le chef-d'œuvre du frère Pozzo. En 1703, l'Empereur Léopold le demanda à Vienne pour peindre l'Église de la Maison Professe et la Chapelle du Palais Impérial. Outre ces grandes décorations, dans lesquelles l'artiste montra une connaissance très profonde des lois et des efîets de la perspective, il a peint une foule de petits tableaux dont le mérite ne dépasse guères une honnête médiocrité. Il mourut à Vienne, le 31 août 1 709, âgé de 70 ans. Cf. de Backer, 11, 2143 ; Hamij, 2431-2434.
Qut^rck, Ignace, né à Wolfache en Souabe, le 22 janvier 1660, fut admis au noviciat à l'âge de 20 ans. A la fin de ses études, on lui conféra le titre de Docteur en philosophie et en théologie, vers le temps où il fut admis à la profession solennelle des 4 vœux. Le P. Querck professa la philosophie pendant 6 ans. Il devint ensuite Socius du Maître des Novices à Vienne, ministre à Gralz et de 1710 à 1713, Recteur et Instructeur du 3' an à Judenbourg. Dès lors et pendant les 30 dernières années de sa vie, tout son temps fut consacré au ministère apostolique, et jamais il ne consentit à s'accorder le moindre repos. Ce zélé missionnaire mourut a. Vienne, le 21 novembre 1743. Cf. de Backer, II, 2208 ; Hamy, 2439. La collection a acquis ce portrait en 1891.
RapSn, René, né à Tours, le 3 novembre 1621, fut admis au noviciat de Paris, le 22 octobre 1639. Il professa les humanités à la Flèche en 1648, et ailleurs pendant 8 ans. Le P. Rapin habita le plus ordinairement Paris, où nous savons qu'il se trouvait, dès 1660, au Collège de Clermont, en qualité de Prœfectus cubicularim. Dès lors, il se livra, tantôt à l'inspiration de la muse, tantôt à la composition d'ouvrages de littérature ou d'histoire ecclésiastique. Ses « Jardins » poème latin, et son « Histoire du Jansénisme n en prose française, passent pour être ses deux meilleures compositions. Le P. Rapin est mort cà Paris, le 27 octobre 1687. Cf. de Backer, III, 34; Hamy, 2442.
Ratkai (Jean, Marie de), né en Croatie, l'an 1640, était le descendant des Barons (depuis Comtes) de Ratkai. Il fut d'abord page de l'Empereur Léopold I. Après son admission
au noviciat, (1669), dans la province d'Autriche, on lui accorda la faveur d'être employé aux Missions d'Amérique. Deux lettres datées de Mexico sont parvenues jusqu'à nous; l'une est du 16 novembre 1680; l'autre, du 25 février 1681. Elles sont adressées au P. .\vancin. Toutes les deux ont été publiées dans le Welt-Dolt du P. Storcklein. Suivant plusieurs historiens, le P. de Ralkai est mort empoisonné, au Mexique par les Taraumarèses l'an 1 684. Son nom figure dans le nécrologe de 1686 à la suite des noms de PP. morts au Mexique en 1684. Extrait du nécrologe général du Collège d'Erfurt, copié de 1667 à 1690 (23 années). Ce mss. se trouve aux Archives de la Province d'Allemagne, IX-X. Cf. de Backer, 111, 45 ; Bonbardi, S. J. Undeni Grœcenses ; Le portrait contenu dans ce dernier ouvrage se trouve actuellement dans la Collection Hamy.
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