SOMMAIRES
Selon la remarque déjà faite dans l'introduction, le lecteur ne doit pas s'attendre à trouver ici des notices complètes ou études sur les divers personnages de cette galerie, mais seulement les grandes lignes de leurs biographies. On y a joint des références, soit aux sources d'information, où elles ont été puisées, soit aux recueils, où l'on trouve la liste des ouvrages à consulter. Ribadeneira, Alegambe, Soulhwell, de Backer,C. Sommervogel, Patrignani et Carayon sont trop connus pour qu'il soit nécessaire de rien ajouter à la simple mention de leur nom. Dans les autres cas, p. e., pour les RR. PP. Bamer, Borango, etc., sur lesquels les principaux auteurs sont restés muets, nous avons pris soin d'indiquer avec plus de détail les livres ou les manuscrits d'où sont extraits les éléments de la notice. Comme il sera facile de le voir, ces indications biographiques, malgré leur brièveté, ont parfois exigé plusieurs jours de travail. Ainsi, pour Bamer (la vraie orthographe), il a fallu chercher Pâmer, avant de savoir s'il appartenait au dix-septième ou au dix-huitième siècle. Cela fait, il restait à fouiller les archives d'Exaeten, pour y découvrir sa trace, et ces recherches n'ont abouti qu'à la fin du troisième jour. Pour un autre, le P. Hyllin, dont le portrait, pièce belle et curieuse, faisait pressentir un homme remarquable, la difficulté était plus grande encore. Faute de rencontrer son nom dans les tables, il a fallu parcourir des milliers de pages avant de mettre le doigt sur son histoire écrite, pour la première période, par Agricola, et pour la seconde, par Cordara (T. VI, P. I.), comme on le verra dans une série suivante.
Mais à quoi bon multiplier les exemples? Une observation d'un autre genre paraît plus importante, à savoir : le silence à peu près complet gardé ici sur les vertus de tous ces religieux. D'abord, les ménologes ont fait spécialement ce travail. En second lieu, il aurait fallu répéter pour chacun la même formule. D'ailleurs, pourrait-on devenir célèbre, en religion, sans un grand fonds d'humilité et d'abnégation, l'amour de son état et la fidélité à l'esprit de sa règle? Ainsi, pour mourir en possession de la gloire même du monde, sans l'avoir cherchée, le religieux doit avoir vécu dans l'amour et la pratique de toutes les vertus. Voilà pourquoi nous nous croyons dispensé de décrire celles dont ils ont donné de si beaux exemples, quand nous avons à parler des Bellarmin, des Lessius, des Suarez, et des autres illustrations de la Compagnie de Jésus. Sans diminuer leur savoir T. I. 2
ou étouffer en eux la flamme de l'éloquence, n'ont-ils pas accordé dans leurs cœurs une large place à la piété, à la haine du mal, et à l'amour de Celui dont ils se sont efforcés de reproduire l'image, en l'imitant de près, afin de le faire mieux connaître, aimer et servir par des milliers de leurs semblables? Si nous ne cherchons pas à le démontrer nous-mêmes en détail, leurs biographes officiels l'ont fait voir avec clarté. Notre silence nous paraît donc suffisamment justifié.
Abad, Diego, Joseph, né à Xiquilpan (Mexique), le rr juin 1727, fut admis au noviciat de Tepotzotlan, le 24 juillet 1 741 , employé à professer les belles-lettres, la philosophie et la théologie, et enfin élevé au degré de profès, le 15 août 1763. Transporté en Italie, à la suite de l'édit de 1767 porté par Charles III contre les Jésuites de ses domaines, il se retira à Bologne, et y mourut, le 30 septembre 1779. La sécularisation de cet écrivain distingué ne lui fit rien perdre des hautes vertus dont il avait donné l'exemple en religion. Cf. Sommervogel , I, p. 3 et 5. Le portrait gravé par J.-B. Galli de Ferrare est le seul connu. Cf. Hamy, Essai sur l'Iconographie, 1. Cet auteur a publié en vers latins le traité de l'Incarnation. — Portrait devenu fort rare.
Alamanni, Pierre, scolastique, né à Florence, le 1er décembre 1672, entra au noviciat de Rome en 1690, professa la grammaire à Arezzo en 1692, puis à Pérouse en 1695, et commença l'étude de la philosophie au collège Romain en 1697. Ce pieux étudiant mourut à Rome, le 30 septembre 1700. On se plait à reconnaître en lui un des modèles à proposer à l'imitation des jeunes religieux. Cf. Patrignani; F. Mansi, S. J., Vila. Florence, 1708. Paggi; Hamy, Iconogr. 2. — Portrait rare.
Alcenago, André, né à Vérone, le 3 novembre 1651, fit ses études à Parme, dans le collège des Nobles, et entra au noviciat de Novellara (province de Venise), le 26 mai 1670. Un peu avant la fin de son noviciat, la faveur, alors fort rare, de refaire sa rhétorique lui fut accordée. De Plaisance, où il passa cette année, 1672-1673, il fut envoyé dans la province de Rome, pour y faire sa régence et ses éludes de théologie. De retour dans sa province, le P. Alcenago fut placé à Busseto, sous la direction du P. Alexandre Zampi, pour sa 3° année de probalion, et, le 15 août 1686, ses supérieurs l'admirent à la profession. De 1689 à 1724, sa vie fut tout entière consacrée au service des pauvres et des galériens de Venise. Il mourut dans cette ville, le 20 décembre 1724. Cf. Patrignani ; de Baker, I, 542 ; Hamy, Iconogr. 3. — Portrait rare.
Alejçre, François-Xavier, né à la Vera-Cruz (Mexique), ie 12 novembre 1729, entra au noviciat de Tepolzollan, le 19 mars 1747, prononça les vœux de profès, le 15 août 1763, et remplit honorablement plusieurs charges. Lors de l'expulsion des Jésuites espagnols, en 1 767, le P. Alegre partagea le sort de ses frères et fut envoyé à Bologne. La composition de divers ouvrages, et notamment de l'histoire de la province du Mexique, occupa la fin de sa vie. Il mourut à Bologne, le 16 août 1 788. Cf. Sommervogel, 1, 155 ; Hamy, Iconogr., 5. Cette lithographie ne se trouve pas en dehors de l'histoire de la province du Mexique, dans laquelle elle est insérée.
Aikemade, (Henri d'), né, le 24 février 1613, à Amsterdam, fut admis, le 10 octobre 1634, au noviciat de Malines, professa la grammaire à Dunkerque, puis la rhétorique à Cassel, ensuite à Dunkerque (1640-1642), et commença l'étude de la théologie au collège d'Anvers. Ordonné prêtre en 1 644, il fut chargé de la chaire de littérature grecque au collège de Gand, l'année suivante, et enfin envoyé dans son pays natal (1646). La persécution des Gueux Calvinistes rendait le ministère apostolique difficile et dangereux en Hollande. A la faveur de ses relations de famille ou d'amitié avec les principaux notables, le P. Henri d'Alkemade. réussit à se maintenir à son poste pendant trente-cinq ans, mais toujours obligé de cacher sous des vêtements laïques, comme le montre le beau portrait gravé par J. Visscher, son caractère et sa profession. Par son zèle, sa prudence, son dévouement et sa piété, il se rendit cher aux catholiques du Zaaier. Aussi sa mémoire est encore vivante parmi eux. Le P. H. d'Alkemade mourut à Amsterdam, le 7 septembre 1680 ou le 7 novembre, selon le Catalogus unieersalis defunctorum, S. J., (1660-1693), mss. des Archives d'Exaeten. Tous ces détails ont été extraits des Archives de la province de Hollande. L'estampe, récemment acquise, n'est pas mentionnée dans Hamy, Iconogr. Les épreuves d'un tirage ancien sont rares.
Almcida, (Jean de), né à Londres, en 1572, commença ses études en Angleterre, les acheva en Portugal, et partit pour le Brésil, où il entra au noviciat (alors établi à Bahia), le 1" novembre 1592. Les exemples et les conseils du vénérable P. Jos. Anchieta enflammèrent son zèle, dès le début de sa carrière apostolique. Comme son vertueux maître, le P. d'Almeida mérita d'être appelé l'Apôtre du Brésil, et sa vie est aussi toute remplie de faits merveilleux. Ce vaillant missionnaire mourut à Rio-de-Janeiro, le 24 septembre 1657, âgé de 85 ans. (Cf. Ch. Sainte-Foy. Le P. J. d'Almeida.) Le portrait reproduit n'est pas mentionné dans Hamy, Iconogr. Il se trouve en frontispice de Simon de Vasconcellos, S. J., Vida... Lisboa. 1658. O/fic. Crasbeekiana. Fol. Cf. de Baker, III, 1296. Un exemplaire de cette gravure se rencontre au Cabinet des estampes, Bibliothèque nationale, Paris ; galerie des portraits. — Portrait rare.
Aller, François, Charles, né à Engelsberg en Silésie, le 27 janvier 1749, fut admis dans la province de Bohême, le 21 octobre 1766. A la suppression de son ordre, il se rendit à Vienne, en 1773, et y obtint une chaire de littérature grecque, d'abord au gymnase de Sainte-Anne (ancienne maison du noviciat), puis au gymnase académique. J. G. Mensel cite 250 ouvrages ou dissertations de ce savant philologue dans « l'Allemagne savante1 ». François Alter est mort à Vienne, le 29 mars 1804. Cf. Michaud, Biographie universelle, Sommervogel, I, 214. Son portrait récemment acquis n'est pas mentionné dans Hamy, Iconogr.
Amiot, Joseph, Marie, né à Toulon, le 8 février 1718, fut admis au noviciat, le 27 septembre 1737 (non le 17 sept. 1736, comme le catalogue de Shanghai, 1873,1e dit par erreur), et partit pour la Chine en 1749, après avoir été élevé au degré de profès le 2 février de cette même année. En peu de temps, il acquit l'estime et la confiance de l'empereur Qien-Long. Non seulement la langue des Chinois lui devint familière, mais il possédait aussi bien celle des Tartares que parlait le monarque. Ses connaissances étendues
* Cette indication fournie par la Biographie universelle de Michaud parait avoir échappé aux recherches des PP. de Backer et Sommervogel.
en physique, en littérature, en histoire et en mathématiques, lui permirent de révéler à l'Europe, dans une volumineuse correspondance, les points les plus curieux de la science des Chinois. Leur musique elle-même forma le sujet d'une étude spéciale. Ce savant missionnaire survécut 20 ans à la chute de son ordre et mourut à Pékin dans la nuit du 8 au
9 octobre 1793. Cf. Sommervogel, I, 303; Hamy, 8 '.
Anchîeta, Joseph, Marie, Vénérable, né à San Cristoforo délia Laguna, dans l'île de Ténériffe, une des Canaries, en 1533, fit ses études à Coimbre (Portugal), entra au noviciat de cette ville, le 1er mai 1561, et partit deux ans après pour le Brésil. Cet intrépide missionnaire s'y forma, en peu de temps, aux labeurs de l'Apostolat, sous la conduite du P. Emmanuel de Nobrega. Pendant quarante-cinq ans, le Vénérable P. Anchieta parcourut ces vastes régions pour la plupart inexplorées par les Européens, ne cessant de s'employer avec ardeur à la conversion des infidèles. Aussi ses travaux furent-ils couronnés par des succès extraordinaires, et son pouvoir merveilleux sur la nature le fil appeler « un nouvel Adam ». A la demande du Portugal, le Saint-Siège lui a donné le litre de Vénérable. Ce grand apôtre mourut à Reritiba, le 9 juin 1597. Cf. Historia Sorictatis Jcsu ; S. Berctari, S. J. Vita...; Southwell ; Nierenberg, Ideas de virtud ; Franco; Biographie universelle de F. Didot ; C. Sommervogel, 1, 312. Le portrait est une copie d'une toile conservée à Ténériffe dont M. et Mmo John Stirling ont gracieusement envoyé une photographie.
Andrès, Jean, né, le 15 février (Cf. Caballero) 1740, à Planés (Valence) en Espagne, futadmis au noviciat, le 24 décembre 1754. 11 professait les humanités à Gandie (1767), quand les décrets de Charles III le jetèrent sur les côtes de l'Italie avec tous les autres Jésuites Espagnols. On lui confia une chaire de philosophie à Ferrare pendant six ans; il venait d'être élevé à la profession, le 15 août 1773, quand le bref de Clément XIV le força d'accepter à Mantoue la généreuse hospitalité du comte de Bianchi. Mais son goût pour la littérature et l'érudition ne lui permirent pas de jouir longtemps du repos et des charmes de cette retraite. Andrès visita les Bibliothèques d'Italie et d'Allemagne, organisa l'Université de Pavie, s'occupa de la Bibliothèque de Parme, et se livra à la composition de nombreux ouvrages. En 1804, dès le rétablissement de la Compagnie de Jésus à Naples, à l'âge de soixante-quatre ans, il sollicita la faveur de se réunir à ses anciens confrères ; ce qui n'empêcha pas Murât de lui confier l'administration de la Bibliothèque royale. Devenu aveugle, le bon vieillard quilta Naples pour Borne en 1816, et mourut dans la maison du Gesù,le 17 janvier 1817. Cf. Sommervogel, I, 350. Son portrait gravé par Morghcn et acquis récemment n'est pas cité dans Y Essai sur l'Iconogr .
Antoine, Paul, Gabriel, né à Lunéville, le 21 janvier 1679, entré au noviciat de Nancy, le 3 octobre 1694, devint un remarquable professeur de théologie et fut admis au degré de profès, le 2 février 1715. (Selon le catalogus primas de 1723, il serait né, le
10 juin 1678 et entré à Nancy, le 9 octobre 1693.) Il a publié les levons de dogme et de morale professées à Pont-à-Mousson pendant de longues années, et divers opuscules de piété. On lui confia le gouvernement de la maison où s'était écoulée la majeure partie de sa vie. Il y mourut, le 22 janvier 1743. Cf. Sommervogel, 1. 4^7; Hamy, 17-20 : aucune
' Une notice nécrologique mss. de ce missionnaire lui assigne une date de naissance différente de celle de nos catalogues.
de ces estampes n'a la moindre valeur artistique. Ce personnage méritait un meilleur portrait.
Antoniewicz de Bolaz, Charles, né, le 6 novembre 1807, à Skwarzawa, village du cercle de Zolkiew, s'engagea d'abord dans les liens du mariage. Mais, ayant perdu sa femme et ses quatre enfants, il renonça au monde et entra au noviciat de Starawies (province de Galicie), le H novembre 1839. Devenu prêtre, il parcourut en zélé missionnaire les provinces de Pologne soumises à la Prusse et à l'Autriche, opéra beaucoup de bien et laissa après lui une grande réputation de science, de zèle et de vertu. Son dévouement au service des cholériques lui coûta la vie et il mourut atteint par le fléau à Obra (duché de Posen), le 14 novembre 1852. Cf. Sommervogel, I, 441 ; Hamy, 21, 22.
AjioHitt», Emmanuel, Rodrigue, né à Oropesa, dans la province d'Estramadure, en Espagne (1737), fut reçu en 1755, au noviciat de Madrid. De la province de Tolède, il passa plus tard à celle des Philippines et professa le droit canonique à l'Université de Manille. Expulsé de cette colonie, en 1767, par les décrets de Charles III, le P. Aponte fut conduit en Italie où, après la suppression totale de son ordre, en 1773, sa grande érudition lui valut la chaire de littérature grecque à l'Université de Bologne. 11 y mourut, le 22 novembre 1815, avec la consolation d'avoir été admis de nouveau dans la Société de Jésus et la joie de la voir rétablie dans le monde entier. Cf. Sommervogel, I, 475; Hamy, 23-4. — Portrait rare.
Aquaviva, Claude, né à Naples, en 1543, fut admis au noviciat de Saint-André, à Rome, par saint François de Borgia, le 22 juillet 1567. Saint Stanislas Kostka se trouvait ainsi parmi ses compagnons. De bonne heure, le jeune religieux fut jugé capable de remplir les plus hauts emplois. En 1576, il avait déjà gouverné le séminaire de Rome et le collège de Naples, quand le P. Everard Mercurian le chargea d'administrer la province de Naples, le jour même de sa profession, puis celle de Rome. La 48 Congrégation générale remit entre ses mains le gouvernement de toute la Compagnie, le 19 février 1581. Son généralat devait être, pendant 34 ans, une suite à peine interrompue de combats sans trêve ni relâche. Mais, loin de l'abattre, les difficultés semblèrent donner plus de trempe à l'énergie de son caractère, sans altérer le calme et la sagesse de son jugement. Insensible aux menaces et à la flatterie, si sa fermeté n'eut pas toujours le don de plaire, il vit reconnaître du moins la droiture de ses intentions. Épuisé par tant de luttes, après une maladie de huit jours seulement, le P. Aquaviva mourut à Rome, le 30 janvier 1615. Cf. Sommervogel, I, 491 ; Hamy, 25-32. Cette estampe parait avoir été gravée par le célèbre Jérôme Wierx avec un soin tout particulier. Les amateurs savent quel prix s'attache aux belles épreuves des planches de ce maître.
Aquaviva, Rodolphe, né en 1551, entra au noviciat de Rome peu de mois après son oncle, le P. Claude, et y connut aussi saint Stanislas Kostka. Sept ans plus tard, vers 1574, il fut envoyé aux Indes orientales. La mission de l'Empire du Mogol (Delhi) montra tout ce que l'on était en droit d'attendre de son zèle et de sa prudence, s'il n'avait plu à Dieu de couronner de bonne heure par le martyre une carrière encore bien courte, mais déjà toute pleine de bonnes œuvres. Envoyé dans la presqu'île de Salsette, avec les pouvoirs de recteur, le P. Rodolphe Aquaviva fut mis à mort, à Coculim, le 15 juillet 1583, avec quatre de ses compagnons, à l'instigation des rai-
nistres de l'idolâtrie et en haine du nom de Jésus-Christ. S. S. Léon XIII a décrété de l'élever au rang des Bienheureux. Cf. Sommervogel, 1, 491 ; Hamy, 33-36. L'estampe que nous reproduisons mérite une étude toute spéciale — 77 n'en existe pas d'autre exemplaire connu.
Aquino (Charles de), né, le 15 avril 1654, à Naples, admis au noviciat en 1669, professa de bonne heure la rhétorique, au collège Romain, avec un rare succès. Il devint plus tard recteur de Tivoli. L'Académie de Sienne et celle des Arcades le comptèrent parmi leurs illustrations, et de nombreux ouvrages sortis de sa plume attestent à la fois beaucoup d'érudition et de mérite littéraire. Il mourut à Rome, le 11 mai 1737. Cf. Sommervogel, I, 492; Hamy, 37. — Ce portrait n'est pas commun.
Arnoulx, Jean, né à Riom, en 1575, fut admis au nombre des novices à l'âge de 17 ans, c'est-à-dire vers 1592, et se distingua dès le début de sa carrière par les plus heureuses dispositions pour l'art oratoire. En 1617, il devint confesseur de Louis XIII. Éloigné plus tard de la cour par la jalousie du connétable de Luynes, le P. Arnoulx fut employé aux plus hauts offices de la Compagnie de Jésus et nommé provincial de Toulouse. Le 30 octobre 1632, le duc de Montmorency témoigna le désir d'être assisté par lui sur l'échafaud. Loin d'être tombé en enfance, comme plusieurs le répètent sur le seul témoignage de l'abbé Faydit, le P. Jean Arnoulx avait été maintenu dans l'exercice des fonctions de provincial, quand il mourut à Toulouse, le 14 mai 1636. Cf. Sommervogel, I, 571. 11 existe au musée de Riom un tableau peint d'après un portrait conservé dans une famille d'Auvergne. La planche que nous publions en est la reproduction. Ce portrait n'est pas mentionné dans l'Iconographie.
Auger, Edmond, né en 1530, à Allemant (Marne), fut reçu au noviciat de Rome par saint Ignace, en 1549. Son impétueuse jovialité déplut d'abord aux Pères de la maison Professe, mais les efforts les plus héroïques ne tardèrent pas à triompher de ces exubérances de jeunesse, et la suite de sa vie religieuse ne démentit pas les espérances que donnaient au saint Fondateur la riche nature et les vertus de l'ardent novice. En 1558, sur la demande de l'Évèque de Pamiers, le P. Lainez envoya en France le P. Edmond Auger, jusqu'alors employé en Italie. Pamiers, Tournon, Billom, Bordeaux, Lyon, Toulouse, etc., lui sont redevables de leurs collèges, dont il assura la fondation. A sa voix, 40,000 hérétiques, et, selon d'autres annalistes, plus de 70,000 rentrèrent dans le sein de l'Église catholique. Charles IX et Henri III l'attirèrent à Paris et l'y retinrent pour le charger du soin de leurs consciences. Cette occupation lui laissait de nombreux loisirs pour paraître dans toutes les chaires de la capitale. Son éloquence « toute pleine de la vigueur d'Isaïe et de la doctrine de saint Paul » enfanta des merveilles. En province, où l'appelait souvent sa grande réputation d'orateur et d'apôtre, aucune ville ne l'aima à l'égal de Lyon. A deux reprises, il l'avait sauvée par son courage et sa présence d'esprit. On lui décerna le titre de Père Je la patrie, et par reconnaissance la ville donna le beau collège de la Trinité aux Pères de la Compagnie de Jésus. En 1590, sur une dénonciation de la Ligue, le P. Général Aquaviva retira de la Cour, de Paris, et enfin de France, le vaillant orateur. Arrivé à Corne, en Italie, le P. Edmond Auger y mourut, le 19 janvier 1591. Cf. Sommervogel, I, 642; Hamy, 39.
15. I». Ixévcdo (Ignace de), né à Porto, en 1527, fut admis au noviciat, le 28 décembre 1548, par le P. Simon Kodriguez. Nommé recteur du collège Saint-
Antoine de Lisbonne, en 1552, puis supérieur de la maison professe de Saint-Roch, il fut bientôt après préposé, en qualité de vice-provincial (1556), au gouvernement de toutes les maisons situées en Portugal. Le collège de Braga fut ouvert par lui en 1560 et l'administration lui en fut confiée. La province le députa, en 1565, à la deuxième Congrégation générale, où fut élu saint François de Borgia. Le nouveau général, dont la dévotion envers la madone de Sainte-Marie Majeure, attribuée à saint Luc ', est assez connue, ne voulut pas laisser partir de Rome le P. de Azévédo sans lui procurer une copie de ce tableau. Muni de cette précieuse image, le futur martyr se mit en route pour le Brésil, où l'envoyait saint François de Borgia, avec une troupe cboisie de quarante Pères, novices ou Frères coadjuteurs. A la hauteur des îles Canaries, en vue du port de Palma, le farouche Sorel (que l'on appelle improprement Sourie), calviniste de Dieppe 2 et corsaire, fit mettre à mort ou jeter tout vivants dans les flots cette phalange de héros, le 15 juillet 1570. Le pape Pie IX a rendu, le 11 mai 1854, la permission accordée par Grégoire XV de les honorer comme Bienheureux martyrs. Cf. Sommervogel, I ; Hamy, 40-51. Comme il n'y a aucune raison de croire à l'authenticité des images gravées de ces Bienheureux, il parait plus à propos de reproduire la scène du martyre peinte d'après le récit d'une extase de sainte Thérèse. Le F. Jacques Courtois, dit le Bourguignon, a peint cette même scène, mais d'une autre façon.
Baker, Charles. On trouvera sa notice dans le tome V à Lewis, son vrai nom.
Balhinus, Aloys, Boleslas, né en 1621, à Kœnigsgratz, fut admis au noviciat de Brunn en 1636. A part deux missions fructueuses dont il fut chargé pendant sa troisième année de probation, et dans lesquelles il ramena, une fois 500 et l'autre fois 1,500 hérétiques à la vraie foi, toute sa vie fut consacrée à la composition de nombreux ouvrages ou à la direction spirituelle des collèges. Son Histoire de la Bohême, en 10 volumes in-folio, est justement estimée comme un modèle du genre. Paralysé en 1683, le P. Balbinus conserva le libre usage de son intelligence et trouva le moyen de vivre occupé jusqu'à la fin de sa vie. Il mourut à Prague, le 29 novembre 1688. Cf. Sommervogel, I, 808; Hamy, 56.
Balde, Jacques, né à Ensisheim (Alsace), en 1603, entra dans la Compagnie de Jésus, en 162 4, et fut appliqué à la province de Haute-Allemagne. 11 cultiva la poésie avec succès, professa la rhétorique avec distinction et consacra le reste de sa vie au ministère de la controverse. L'Allemagne admira l'heureuse tournure de ses vers et l'enthousiasme de sa muse lyrique ; on l'appela l'Horace de sa patrie. La cour de Bavière applaudissait en même temps à ses doctes sermons. De Rome enfin, Alexandre VII, informé de tant de mérite, envoya une médaille d'or au poète, dont les strophes étaient venues jusqu'à lui, pour YUrania Victrix ou Combat de l'âme contre les cinq sens. Le P. Balde mourut à Neubourg (Bavière), le 9 août 1663. Les conseillers de la ville se disputèrent la plume dont le poète s'était servi, et celui à qui elle échut la fit enchâsser dans un étui d'argent. Cf. Sommervogel, I, 827 ; Hamy, 57-58.
Bamer (ou Pâmer), Jean-Baptiste, né à Meran (Tyrol), le 28 janvier 1704, entra au noviciat de Landsperg, le 9 octobre 1719, suivit à Neubourg, pendant un an, le cours
1 En réalité c'est l'œuvre d'un peintre nommé Lucas.
2 Plus probablement de Criel, entre Dieppe et la ville d'Eu.
de rhétorique, puis, pendant trois ans, celui de philosophie, à Ingolstadt, et professa la grammaire, les humanités et la rhétorique (1725-1730). Il commença ensuite l'étude de la théologie et retourna dans les collèges où, après avoir encore professé, il remplit les fonctions de préfet des études. On l'admit à la profession des 4 vœux, le 2 février 1737. De 1744 jusqu'à sa mort, on lui donna pour fonctions, à la résidence de Raufbeuren (où les études se poursuivaient jusqu'à la rhétorique inclusivement), les charges de père spirituel, d'admoniteur et de confesseur à l'église. La sagesse de sa direction fut si grande qu'une communauté de femmes obtint, par dérogation aux règles de l'Institut, la faveur de le conserver, pendant 25 ans, en qualité de confesseur ordinaire : Confessor monialium earumque exhorta for. Le P. Bamer mourut à Kaufbcuren, le 4 mai 1 769. Extrait des Archives mss. de la province de Haute-Allemagne. Cf. A . Hamy, 66.
La coiffure, dite Clémentine, qu'on remarque dans ce portrait, était d'un usage général en Allemagne, en Pologne et dans les Flandres. On n'y portait le bonnet carré (barrette ou birette) que pour dire la messe et prêcher. Sans doute, ces clémentines servaient à préserver la tête du froid et des rhumatismes.
Barrow, Guillaume, né dans le Lancashire, en 1610, est plus connu sous le nom d'emprunt de Waring. Il fut admis à Watten, près de Saint-Omer, en 1632. Sa formation terminée, il obtint la faveur de se dévouer au salut de ses compatriotes (1644-5) et reçut le degré de profès, le 11 novembre 1646. Nommé procureur de province depuis 1671, puis Recteur du Collège dispersé de Londres, à la veille des persécutions suscitées par les parjures de Titus Oates, le P. Barrow se vit tout spécialement désigné à la fureur des sectaires. En dépit de leurs recherches, des précautions multipliées lui permirent de leur échapper pendant de longs mois. Enfin, un domestique le trahit et le livra (7 mai 1679). Les PP. Whitbread, provincial, Caldwel Alias Fenwick) Gavan et Turner furent aussi jugés et condamnés avec lui et tous subirent le dernier supplice à ïyburn, le 30 juin 1679. Cf. Foley, English Records; Hamy, 2885.
Bari-uel (Augustin de), né, le 2 octobre 1741, à Villeneuve-du-Berg (Ardèche) fut admis au noviciat de Toulouse, le 15 octobre 1756. Régent de grammaire au collège de cette ville,- en 1762, il ne se crut pas dégagé de ses vœux par l'Édit de Louis XV, et passa d'abord au collège Thérésien de Vienne, comme professeur de rhétorique, puis en Moravie et en Bohême. La suppression de la Compagnie, en 1773, le trouva occupé à l'éducation d'un jeune seigneur qu'il avait accompagné en Italie. Rentré en France, le P. de Barruel collabora à l'année littéraire de Fréron, écrivit les Helvieiïnes, et dirigea le Journal ecclésiastique jusqu'en 1792. Lors des massacres de Septembre, ses amis eurent à exercer sur lui une sorte de violence pour le déterminer à se réfugier en Angleterre. Les « Mémoires du Jacobinisme » furent le fruit de cette retraite. En 1802, le gouvernement Impérial lui permit de rentrer en France, mais la police le tint toujours pour suspect. Le P. de Barruel rejoignit en 1815 ses anciens confrères et mourut à Paris, le 5 octobre 1820. Cf. Sommervogel, 1, 914-5; Hamy, 69. — Ce portrait est reproduit d'après le dessin original du P. Desrosiers.
Bartoli, Daniel, né à Ferrare, le 1:1 février 1608, entré au noviciat de Rome, le 10 décembre 1623, fut élevé à la profession, le 31 juillet 1643. Son éloquence avait déjà brillé dans les plus grandes chaires; d'autre part, son savoir et ses premiers ouvrages lui avaient acquis de la réputation, quand le P. Vincent Carraffe, élu général, le chargea dé-
crire en italien l'histoire de la Compagnie. La Vie de saint Ignace, par ce brillant auteur, parut dès 1650; désormais, sa plume ne se reposa plus un seul moment : le malin même de sa mort, il corrigeait encore des épreuves. « Ce Jésuite, dit l'ex-oratorien et janséniste Tabaraud, peu suspect d'exagération quand il s'agit d'un Jésuite, passe pour un des meilleurs écrivains italiens, tant pour la pureté, la précision et l'élévation du style que pour le fond des choses. » Une toux violente suivie d'un crachement de sang vint mettre un terme à cette existence si bien remplie, et le P. Bartoli mourut à Rome, le 12 janvier 1685. Cf. Sommervogel, I, 785 ; Hamy, 72-6. — Portrait assez rare signé des initiales de Jean de Bruges?
Baudrand, Barthélémy, né, le 18 septembre 1701, à Nevache (Hautes-Alpes), fut admis au noviciat, le 1er mars 1721. Il professa les humanités et la rhétorique, mais ne tarda pas, une fois ses études terminées, à être appliqué aux travaux du saint ministère. Le collège d'Aix en Provence, où il séjourna de 1751 à 1759 comme Père spirituel, et de 1759 à 1762, en qualité de Recteur, fut témoin de son zèle et de sa piété. Son temps de charge allait expirer, quand l'édit de Louis XV le sépara de ses frères. Retiré à Lyon, il consacra le reste de sa vie à écrire des ouvrages destinés à éclairer la dévotion du clergé et des âmes pieuses. Le temps n'a rien enlevé à la faveur dont ils jouissent toujours. Le P. Baudrand mourut à Vienne (Isère), le 3 juillet 1787. Cf. Sommervogel, I, 1020-48; Hamy, 77.
Baumgarten, Joseph, Gabriel, né à Kaaden, en Bohême, en 1737, fut admis au noviciat en 1752, et appliqué pendant la plus grande partie de sa vie religieuse à l'instruction de la jeunesse. En 1782, le roi de Saxe lui offrit les fonctions de chapelain à la cour de Dresde. Baumgarten résolut de les accepter dans le but de se livrer à l'étude de la numismatique. Ses travaux lui ont valu de grands éloges. Il mourut à Dresde en 1816. Cf. Sommervogel, I, 1053-4. Le portrait récemment acquis n'est pas mentionné dans l'Iconographie. — Portrait rare.
Beauregard, Jean, Nicolas, né à Metz, le 4 décembre 1733, admis au noviciat de Nancy, le 30 septembre 1749, professa la grammaire et la rhétorique à Pont-à-Mousson, Nancy, Verdun et Strasbourg et suivit dans cette dernière ville le cours de théologie. Son 3e an de probation terminé, on le jugea capable d'être préfet des Études au collège de Nancy (1766-7). Dès lors, toute sa vie fut consacrée à la prédication. Orateur d'une grande puissance, le P. Beauregard avait trop bien prédit les excès dont la Révolution n'allait pas tarder à se rendre coupable, pour demeurer en France quand éclata la tourmente. L'Angleterre, Maestricht et Cologne lui servirent tour à tour de retraite. Enfin, la princesse Sophie de Hohenlohe le recueillit au château de Groeningen en Souabe, entoura sa vieillesse de soins respectueux et recueillit son dernier soupir, le 29 juillet 1804. Cf. Sommervogel, I, 1079-80 \Hamy, 78.
Becan, Martin, né vers 1561, à Hilverenbeek (Brabanl septentrional), fut admis en 1583 dans la province d'Allemagne. Il professa la philosophie et la théologie à Mayence, à Wurtzbourg, et enfin à Vienne. Dans cette dernière ville, l'empereur Ferdinand II le choisit pour confesseur. Les nombreux écrits du savant auteur brillent par beaucoup de méthode et de clarté. Son Manuale Controversiarum, la Summa Theologix, l'Analogie de l'ancien et du nouveau Testament, la Controverse anglicane sur le pouvoir du Roi et du Pontife, sont considérés comme ses meilleurs ouvrages ; on les cite encore souvent dans les T. i. 3
cours de théologie. Le P. Becan mourut à Vienne, le 22 janvier 1624, regretté par les prolestants, vénéré par les catholiques et pleuré par la cour. Cf. Sommervogel, I, 1H1 ; Hamy, p. 6. Ce portrait est gravé, pour la première fois, d'après un dessin à la sanguine trouvé et acquis, il y a trente ans. La planche pour laquelle il a été fait ne parait pas avoir été exécutée.
Bcckx, Pierre, Jean, né le 8 février 1795, à Sichem (Belgique), fut admis au noviciat d'Hildesheim (Hanovre), le 29 octobre 1819. Il était déjà prêtre. En 1825, le duc d'Anhalt- Gotha, récemment converti, le fit demander pour administrer la paroisse de Gœthen et diriger sa conscience. A la mort du prince, la duchesse Julia ne voulut pas être privée de la direction de son confesseur et obtint qu'il résidât à Vienne. La province d'Autriche députa le P. Beckx, en qualité de procureur, à Rome, en 18i7. Mais la révolution de ISIS l'obligea de se réfugier en Belgique où il devint socius du provincial et recteur de Louvain. Bientôt, cependant, le P. Rootbaan le renvoya en Autriche, d'abord comme supérieur pour la Hongrie seule, et ensuite comme provincial. Le 2 juillet 1853, la 22e Congrégation générale le plaça, au premier tour de scrutin, à la lête de toute la Compagnie. Son gouvernement dura de longues années et fut aussi sage que paternel. Enfin, sentant ses forces épuisées, il se démit de ses fonctions, le 11 mai 1884, laissant au P. Antoine Anderledy, nommé vicaire général, avec droit de succession, en 1883, le lourd fardeau de l'administration. Libre de tout souci, le P. Beckx se retira à Rome et y mourut, le 4 mars 1887. Cf. Sommervogel, 1, 1125 ; Hamy, 79, 80.
Belgrado, Jacques, né à Udine, le 16 novembre 1704, admis au noviciat de Novellara, le 16 octobre 1723, professa les humanités à Venise, puis les mathématiques et la physique à Parme. En 1757, une tour de ce collège fut transformée, par ses soins, en observatoire astronomique. Membre de la plupart des sociétés savantes d'Italie, le P. Belgrade» résolut de fonder à Parme une Colonie arcadienne dont il fit partie sous le nom de Damageto Crispeo. L'Académie de Paris le nomma aussi membre correspondant. Au moment de la suppression de son ordre, il était recteur de Bologne. Udine, sa patrie, réclama l'honneur de lui offrir un asile. 11 y mourut, le 26 mars 1789. Cf. Sommervogel, I, 1148-9. Son portrait, récemment acquis, n'est pas mentionné dans l'Essai sur l'Iconographie ; il est assez rare.
Relia (Ardelio délia), né à Foggia (Naples), le 2 février 1654, admis au noviciat de Rome, le 2 février 1677, passa le temps de sa régence à Raguse et en profita pour s'assimiler une connaissance étendue de la littérature slave. Ses succès déterminèrent ses supérieurs à le renvoyer en lllyrie où, dans les fonctions de missionnaire et de recteur, s'écoulèrent 43 années de sa vie. 11 mourut à Spalatro, le 3 décembre 1737. L'archevêque de Zara fit graver son portrait pour immortaliser la mémoire de ses travaux apostoliques, de sa science et de ses hautes vertus. De nos jours encore, son nom est cité avec éloge par des écrivains peu suspects de partialité en faveur des Jésuites, comme le professeur Lucas Zore. Cf. Sommervogel, I, 1151 ; Hamy, 81. — Portrait fort rare.
Bcllarinin, Robert, Cardinal, Vénérable, né à Montepulciano, le 4 octobre 1542, fut admis au noviciat, le 20 septembre 1560, selon Patrignani, et professa les humanités à Florence, puis la rhétorique à Mondovi. Avant d'être promu au sacerdoce, il étonna la ville de Rome par son éloquence et la profondeur de sa doctrine. Bientôt après, la Flandre s'honora de le posséder à Louvain, pendant plus de six ans. Dans cet intervalle, se
placent son ordination et sa profession, le 6 juillet 1572. De retour à Rome, le P. Bellarmin continua le cours de controverse, inauguré par lui en Belgique contre Baius. Du haut de celte chaire, qu'il occupa pendant onze ans avec beaucoup d'éclat, souvent ses savantes dissertations allèrent porter l'effroi dans le camp des hérétiques d'Allemagne et d'Angleterre. Nommé recteur du collège Romain et provincial de Naples, l'humble et savant religieux se vit contraint, à l'expiration de ces charges, en 1599, d'accepter l'honneur de la pourpre, par un ordre formel du Pape, en dépit de ses supplications et de ses larmes. En 1602, le Souverain Pontife le chargea, en outre, d'administrer le diocèse de Capoue, jusqu'au mois d'août 1605. Au conclave qui suivit la mort de Clément VIII, tous les suffrages semblaient, au début, devoir se réunir sur sa tête, quand, à sa grande joie, le Sacré-Collège lui préféra Paul V. Le cardinal Bellarmin mourut à Rome, le 16 septembre 1621. Cf. Sommervogel, I, 1151-1254; Hamy, 88-118.
Benete, Jérôme, frère coadjuteur, né en 1629, à Valladolid, perdit son père de bonne heure et se vit contraint d'ajourner à la mort de sa mère, son désir d'embrasser la vie religieuse. Pendant quarante-quatre ans, il s'efforça de vivre en parfait religieux dans le monde, fil vœu d'obéissance à sa mère, s'engagea de même à une chasteté perpétuelle, et promit à son confesseur de ne disposer de rien que par sa permission. Afin de mieux imiter ceux dont il aurait voulu partager la vie, il résolut de se faire apôtre. Ses catéchismes aux enfants et aux gens simples du peuple ravissaient d'admiration tous les auditeurs. Celait son habitude de les réunir aux sons d'une clochette : telle est la raison pour laquelle il en tient une à la main dans son portrait. Elle lui servait encore pour demander des prières par toute la ville, peu d'heures avant l'exécution des condamnés à mort. Enfin, ce pauvre ouvrier peintre, dont le travail suffisait à peine à faire vivre les siens, entreprit de loger et nourrir 22 écoliers de grammaire pour leur donner le moyen de devenir un jour des apôtres. Les plus grands succès furent la récompense de ses efforts. Au mois de décembre 1705, les infirmités du bon vieillard lui ouvrirent, selon la promesse faite par le P. ïhyrse Gonzalez, les portes du collège de Valladolid et son admission dans la Compagnie de Jésus. Pendant 14 mois, le Fr. Jérôme Benete fut un modèle de toutes les vertus religieuses et s'endormit dans la paix du Seigneur, le 7 janvier 1707 (ou le 9 selon un nécrologe mss.). Cf. Patrignani; Hamy, 119. — Rare.
Saini Bcrehinans, Jean, scolastique, né, le 13 mars 1599, à Diesl (Belgique), reçut, dès sa plus tendre enfance, le don d'une rare innocence de mœurs. Il entra au noviciat de Malines, le 24 septembre 1616, et se fit un devoir d'observer jusqu'aux moindres observances de la vie religieuse. Aussi disait-on, en le voyant, que saint Louis de Gonzague paraissait être revenu sur la terre. Selon la légende du bréviaire, si les règles de modestie tracées avec tant de peine par saint Ignace avaient été détruites, il eût suffi pour les reproduire de regarder Jean Berchmans. A Rome, où les Supérieurs de la Province Flandro-Belge l'envoyèrent suivre le cours de philosophie, son angélique candeur, sa modestie, son exacte observation des règles et la grâce de son maintien attirèrent sur lui, dès le premier abord, tous les regards, et le firent considérer comme un ange dans une chair mortelle. Au bout de trois ans de séjour au Collège Romain, une maladie de langueur l'emporta, sans que les médecins pussent y opposer le moindre remède. Saint Jean Berchmans mourut, le 13 août 1621, tenant entre ses mains les trois objets les plus chers à son cœur : son crucifix, son livre des règles et son chapelet. Béatifié, le 9 mai 1865, par Pie IX,
il fut canonisé, le 15 janvier 1888, par N. T. S. P. le Pape Léon XIII. Cf. Sommervogel, I, 1323; Hanuj, 122-124. La belle estampe d'Antoine Wierx est très appréciée par les connaisseurs.
Berthier, Guillaume, François, né à Issoudun (Indre), le 7 avril 1704, entra au noviciat, le 24 octobre 1722, avec le degré de Maîtrè-ès-arts obtenu à l'Université de Bourges. 11 professa les humanités à Blois, la philosophie à Rennes, où on l'admit à la profession, le 15 août 1737, puis à Rouen. La haute capacité et l'érudition, dont il avait donné des preuves dans ces divers emplois, le firent choisir pour remplacer le P. Brumoy et continuer l'histoire de l'Église gallicane. Six volumes, dont le dernier est le 18e de la collection, sont sortis de sa plume et conduisent le travail jusqu'en 1559. Ensuite, pendant 17 ans, de 1745 à 1762, la direction du Journal de Trévoux devint l'objet de tous ses soins. Esprit sage, mais ferme, le P. Berthier se mit au service de la religion et de la vérité, mais sans jamais se départir de la modération ni du bon ton dans la forme. En vain, Voltaire et les encyclopédistes essayèrent-ils de le provoquer par leurs plaisanteries ou de l'accabler par leurs sarcasmes. Leur antagoniste préféra toujours le silence à l'ironie. En 1762, le P. Berthier accepta le poste de bibliothécaire du roi et devint précepteur des enfants du Dauphin. Le bannissement prononcé en 1764 contre les ex-Jésuites accueillis à la cour le força de s'exiler à Offenbourg. 11 revint en France en 1774, et se fixa à Bourges, où il mourut, le 15 décembre 1784. Cf. Sommervogel, I, 1385-6; Harny, 176-7.
Bettînelli, Xavier, né, le 18 juillet 1718, à Mantoue, admis au noviciat de Novellara, le 15 octobre 1736, fit sa régence à Brescia et attira dès lors l'attention sur son talent par des poésies composées pour les exercices scolaires. Il professa l'histoire à Parme, dirigea ensuite la maison de retraites à Vérone, et fut préfet des études à Modène. En 1773, Bettinelli se rendit à Venise et, de là, passa en Allemagne et en France. L'Académie des Arcades de Rome l'admit dans son sein : il y reçut les noms de Adaride Filonero et de Diodoro Del/ïco. Retiré à Mantoue, le P. Rettinelli y mourul, âgé de 90 ans, le 13 septembre 1808. Cf. Sommervogel , 1, 1425. Son portrait, acquis récemment, n'est pas cité dans l'Essai sur l'Iconographie ; il est assez rare.
Beiidin, Corneille, né, le 25 novembre 1615 (ou le 18 mai, selon le Cabier des \dmissi), à Gravelines, fut admis au noviciat de Malines, le 26 mars 1636, et y entra le 30 du même mois. Son temps de probalion terminé, on l'envoya faire à Louvain la deuxième année de philosophie, 1637-8. 11 professa la grammaire à .Malines, puis le grec (1610-1), et la rhétorique (1641-2), commença, en 1642, l'étude de la théologie à Louvain, fut ordonné prêtre en 1644 et, à la fin du cours, alla faire son troisième an à Lierre. A un savoir peu ordinaire et une grande piété, le P. Boudin joignait les plus heureuses dispositions pour la musique, et ses premiers succès en ce genre semblaient devoir le fixer en Europe. Mais son zèle le portait vers les Missions étrangères. Ce fut pendant son séjour à Lierre que les supérieurs lui accordèrent la faveur tant désirée. Il attendit ci Bergues l'heure de son départ, et là, comme les régents du collège avaient fait jouer une Pastorale en son honneur, le P. Beudin leur dit avec un accent prophétique : « Oui, je vais prendre la qualité de pasteur, mais c'est au milieu de loups avides de sang. » Les missionnaires partirent de Cadix, le 13 juin 1647. Pendant la traversée, Corneille prit le nom deGodiiuz. Ses chants ravirent l'équipage. Aussi l'apôtre ne négligea-t-il pas d'user de son influence sur les matelots pour les ramener tous à la pratique de leurs devoirs envers Dieu. Arrivé
au Mexique, il reçut en partage la mission des Taraumarèses. En peu de temps, beaucoup de ces Indiens s'étaient convertis à la foi, quand, par un revirement soudain, ils se jetèrent sur leur zélé pasteur et lui donnèrent la mort, le 4 juin 1650. Cf. Sommervogel, I, 1430; A. Hamy, 178-180. Le P. Van Derker, du collège Notre-Dame, à Anvers, postulateur des causes de béatification en Belgique, possède de la chair desséchée du P. Beudin. — L'estampe reproduite n'est pas commune.
Biiiot, Etienne, né à Dijon, en 1569, fut admis au noviciat de Novellara, en 1590, et appliqué de bonne heure aux travaux du ministère de la prédication. Orateur aussi populaire que solide, il fut écouté avec faveur dans toutes les chaires de France, et ses ouvrages pleins de doctrine et d'onction rappellent, en outre, par leur beau style, les meilleurs traités de saint François de Sales. Pendant 40 ans, le P. Binet joignit les occupations de diverses charges à ses travaux extérieurs. On le vit tour à tour recteur de Bouen (1617), de Paris (1631-2-3), provincial de France, de Champagne et de Lyon. Il laissa partout les meilleurs souvenirs. Jamais, comme on l'apprit de lui sur son lit de mort, ce sage Supérieur n'avait donné un seul ordre inspiré par la passion ! Il mourut à Paris, le 4 juillet 1639. Cf. Sommervogel, I, 1505; Hamy, 181-2.
Bisthoven (Jean de), né à Anvers, le 25 juin 1603 (1602 selon le Catalogua primus), fut admis au noviciat de Malines, le 3 novembre 1 621 , suivit à Anvers le cours de philosophie (dont la 3e année porte le nom de rhétorique) et professa la grammaire et les humanités dans ce même collège de 1626 à 1631 . Il étudia la théologie à Louvain, fut ordonné prêtre, le 7 avril 1635, après avoir soutenu le grand acte, et envoyé à Malines où on lui confia la charge de socius du maître des novices et celle de ministre (1635-1640.) Dans cet intervalle, il fut élevé au degré de profès, le 6 janvier 1638. Becteur de Lierre (1640-2) et socius de l'Instructeur des Tertiaires, prédicateur à Bruges (1642-1645), recteur d'Alost (1645-9), il fut enfin envoyé à la mission de Hollande. Les catholiques y étaient persécutés pour leur foi ; les prêtres et les Jésuites se voyaient exposés à la fureur, sinon aux cruautés des Gueux Calvinistes. Pour célébrer les saints mystères et administrer les sacrements, il fallait profiter des ténèbres de la nuit et recourir souvent aux déguisements les plus divers. On aurait peine à se représenter ces difficultés d'un autre âge et les précautions qu'elles exigeaient, si les catholiques d'Amsterdam n'avaient pas conservé, avec un pieux respect, un de ces monuments du passé. C'est un bâtiment où est installé le musée catholique, depuis la construction de la nouvelle église de Saint-Nicolas. A l'extérieur, rien ne distingue cette maison des maisons voisines. A l'intérieur, on remarque une salle où les initiés pouvaient entendre la sainte Messe célébrée dans une cachette dont la porte pouvait se refermer subitement au moindre signe d'alarme. Sous le toit, on voit comment les magasins avaient été transformés en chapelle à une époque moins troublée. Le P. Jean de Bisthoven vécut à Leyde et se dévoua aux catholiques de cette région avec un charité qui lui gagna tous les cœurs. Il mourut victime de son zèle, pendant une épidémie, le 7 août 1655, dans la ville de Leyde. Cf. Patrignani; A. Hamy, 183. On ne sait ce qu'est devenu le tableau de Van Dick, d'après lequel Lommelin a gravé ce portrait.
Blîsscmius, Henri, né en 1526, à Cologne ou à Bonn, fit son noviciat à Borne, du vivant de saint Ignace, et fut envoyé à Prague, en 1556, lors de la fondation du collège Saint-Clément, pour y professer la théologie et l'hébreu. Quelques années plus tard, on le chargea du cours de mathématiques (1560-1). Du 12 novembre 1564 au 7 sep-
tembre 1574, il gouverna le collège de Saint-Clément. (Cf. llammerschmid, Prodromus Gloriœ Pragense.) De là, les supérieurs l'envoyèrent à Gratz pour remplir le même office (1574-8). A l'expiration de cette dernière charge, le P. Général Everard Mercurian le nomma provincial d'Autriche. Le P. Blissemius mourut à Gratz, le 24 avril 1586. Cf. Sommcrvogel, I, 1551 ; Hamy, 184. Cette estampe a été gravée à la fin du seizième siècle. — Portrait fort rare.
Bobadilla, Nicolas, né, en 1511, au château de Bobadilla, près de Palencia (Espagne), professa d'abord la philosophie dans sa patrie et vint à Paris pour se perfectionner dans la connaissance du Grec et de l'Hébreu. Saint Ignace s'intéressa à lui et se l'attacha par la générosité avec laquelle il lui vint en aide dans un moment de détresse. Bien que nommé le dernier, sur sa demande, dans la bulle de Paul III, Nicolas, fut un des sept premiers qui se consacrèrent à Dieu dans la Compagnie de Jésus, à Montmartre, le 15 août 1534. Chargé de plusieurs missions à Ischia, puis à Naples, mais surtout en Allemagne, près de l'empereur, ou dans les diètes, Bobadilla, non seulement survécut à ses premiers compagnons, mais donna son suffrage dans quatre congrégations générales, dont la dernière se tint, en 1581, quand le P. Aquaviva fut élu général. Ce dernier des compagnons d'Ignace était sur le point de célébrer son jubilé de profession, quand il mourut à Lorette, le 30 septembre 1590. Cf. Sommcrvogel, I, 1555; Hamy, 186. Le liber Defunctorum, de Tournon (1589-1617), place sa mort au 23 septembre. L'estampe reproduite paraît être gravée par un des Collaert. Elle est rare.
Boddens, Jean-Baptiste, né à Bruges, le 20 avril 1596, fut admis au noviciat de Malines, le 9 mai 1613, et élevé au degré de profès, le 10 février 1632. Il était recteur du collège de Maestricht, quand cette ville tomba au pouvoir des Calvinistes. Les vainqueurs respectèrent tout d'abord les articles de la capitulation; mais, à la s.uite d'un complot tramé pour remettre la citadelle aux mains des Espagnols, leur fanatisme éclatn dans toute sa fureur. Sur le seul témoignage d'un parjure, le P. Boddens fut arrêté, jugé, condamné à mort, malgré son innocence, torturé avec des raffinements de cruauté et, enfin, décapité, le 20 juillet 1638. Le P. Tanner a bien décrit ce supplice dans « Societas Jesu usque ad effusionem sanguinis ». Cf. Sommervogel, I," 1564 ; le portrait rare et curieux est mentionné dans Hamy, Iconographie, sous le n" 2187. 11 est désigné Pater Bector. Les indications biographiques de Noltyn et de Pasman seront données, plus tard, dans l'ordre alphabétique. L'estampe, dont on ne connaît pas encore plus de deux exemplaires (l'un à Maestricht, rue de Tongres, 53, l'autre au musée d'Amsterdam), représente au centre, les tortures et, dans les coins, en médaillons, un religieux Cordelier et trois Jésuites.
Bonanni (ou Buonanni), Philippe, né à Borne, le 7 janvier 1039. admis au noviciat le 4 (ou le 14) octobre 1654, passa au collège Bornais pour y suivre de nouveau, par faveur, lo cours de rhétorique et étudia la philosophie sous le P. François Eschinanli. Un vif attrait pour les sciences exactes le porta, vers cette époque, à s'occuper de mathématiques, d'histoire naturelle et d'optique. Il apprit même l'art de tailler les lentilles et réussit à se fabriquer un puissant microscope. Pendant sa régence à Orvieto, ses heures de loisirs furent employées soil à l'étude du dessin, soil à des recherches d'histoire naturelle. Sans négliger la science, le P. Bonanni entreprit aussi des travaux d'érudition. C'est ainsi que, avant d'avoir achevé sa théologie, il aurait publié, en 1670, un Catalogus Domiciliorum, S. J., si l'on en croit Hanalli, cité plus loin, mais d'après de
Backer et Sommervogel, ce serait seulement en 1679, (à moins qu'il n'y ait eu deux éditions), c'est-à-dire trois ans après sa nomination aux fonctions d'archiviste, 1670. En môme temps, on lui donna la charge de conservateur au musée Kircher. Ce savant mourut à Home, le 30 mars 1725. Cf. Sommervogel, II, 384. Au portrait cité dans l'Iconographie, n° 211, il a paru plus à propos de substituer celui de Ranalli. Vite degV uomini illustri Romani. Firenze: 1840. Pagni, dont un exemplaire se trouve à la Bibliothèque nationale à Paris, département des imprimés, sous la cote K, 802.
Bondi, Clément, né à Mezzano Superiore, le 27 juin 1742, fut admis au noviciat de Novellara, dans la province de Venise, le 16 octobre 1760. En 1773, il quitta Venise pour Mantoue, sur l'invitation de la famille Zanardi, dont la maison était le rendez-vous des littérateurs et des savants. Plusieurs de ses anciens confrères y venaient assidûment : Andrès, Bettinelli, Mori et Veltori. De Mantoue, Clément Bondi se rendit à Milan avec le bailli Valenti. L'archiduc Ferdinand et la princesse Béatrice d'Esté lui prodiguèrent les marques de leur estime. En 1797, la marche triomphale des armées françaises ayant forcé le prince à se retirer à Brunn, son protégé l'y rejoignit et se fixa ensuite à Vienne, où ses poésies ont été imprimées. Il y mourut, le 20 juin 1821, et ses restes reposent à côté de ceux de Métastase. Cf. Sommervogel, I, 1710; Hamy, 212. Ce portrait ne paraît pas devoir être bien rare. Il a pourtant fallu attendre de longues années avant de le rencontrer.
Borango (Boranga), Charles, né à Vienne, k 29 juin 1640, admis au noviciat, le 7 octobre 1656, fit le vœu, à la suite d'un accident, de se consacrer aux missions lointaines où se trouveraient plus de souffrances à endurer et de dangers à courir. C'étaient celles des îles Mariannes, plus tard les Philippines, alors encore appelées de Los Ladrones (des voleurs). La cour d'Espagne ne permettait pas facilement aux étrangers l'admission de ses colonies. Aussi, une première tentative du P. Borango échoua-t-elle devant cet obstacle. La seconde fut plus heureuse. Il obtint, en 1676, la permission tant désirée et partit aussitôt de Vienne. Mais de nombreuses difficultés surgirent, et ce ne fut pas avant 1679 qu'il put enfin aborder aux Philippines. Son zèle fut récompensé tout d'abord par de nombreuses conversions. Bientôt, cependant, le vaillant missionnaire fut misa mort par les infidèles dans l'île d'Agusan, en 1685, selon Woëger, en 1684, selon Bonbardi, ou même entre 1687 et 1690, selon le Catalogus universalis Defunetorum, S. J., mss. conservé aux Archives d'Exaten. Ses précieux restes furent rapportés à Vienne et déposés dans un caveau de la maison professe. Cf. Bonbardi, S. J., Undcni Grsecenses ; Sommervogel, 1, 1784 ; son portrait, récemment acquis, n'est pas mentionné dans l'Iconographie. C'est une estampe rare, dont deux exemplaires seulement sont connus. La planche de cuivre a été imprimée avec le texte : voilà une particularité typographique peu commune.
Saint Borgia (François de), né à Gandie, le 28 octobre 1510, fut admis par saint Ignace, en 1548, et élu 3e général de l'Ordre, par 31 votants sur 39, le 2 janvier 1565, dans la 2e Congrégation générale. Il créa des maisons séparées pour les novices dans toutes les provinces et donna la plus vigoureuse impulsion aux missions étrangères dans les contrées soumises à la domination de l'Espagne et du Portugal. Non content d'offrir à Dieu le sang des martyrs immolés sur les plages lointaines ou jetés dans les flots (il y en eut 60 pendant ce généralat), saint François de Borgia animait, par ses exhortations, et non moins par son exemple, les Pères d'Europe à se dévouer au
service des pestiférés. D'importantes affaires à traiter et l'ordre donné par le Saint- Père d'accompagner dans ses légations le cardinal Al -xandrin forcèrent le saint général à entreprendre nn pénible voyage en Espagne et en France. L'épuisement de ses forces trahit son courage, et, à peine de retour à Rome, épuisé par la fatigue et la rigueur de ses pénitences, il mourut, le 30 novembre 1572. Urbain VIII le béatifia, le 6 septembre 1024, et Clément X le canonisa, le 12 avril 1671. Cf. Sommervoyel, I, 1817. Le portrait gravé par F. Poilly paraît le plus conforme au plâtre moulé sur la tète du saint après sa mort. Cette estampe, récemment acquise, n'est pas mentionnée dans l'Iconographie. Cf. Hamy, 213-282. On connaît 34 autres estampes non encore décrites. — L'épreuve employée pour cette reproduction est du plus bel état.
Boscowich, Roger, Joseph, né à Raguse, le 18 mai 1711, admis au noviciat de Rome, le 31 octobre 1725, se livra avec ardeur à l'étude de la philosophie et des mathématiques. Ses progrès y furent si rapides que, par une exception très rare, on le chargea de professer ces deux sciences, avant la fin de ses études théologiques. Dans l'intervalle de ses leçons, et au milieu de travaux importants, le P. Boscowich reçut d'honorables missions scientifiques du Saint-Siège, de la République de Lucques et de l'empereur d'Autriche. En 1775, le gouvernement français attira le savant abbé Boscowich à Paris et le nomma directeur de l'oplique au département de la marine, avec une pension de 8,000 livres. Pendant son séjour dans la capitale, un cercle d'amis distingués lui prodigua mille marques non équivoques de sympathie et d'affection, mais la cabale des philosophes le priva de la consolation d'en jouir longtemps. Boscowich se retira à Milan et y mourut, le 12 février 1787. Astronome, algébriste, philosophe, poète, hydrographe, écrivain, ce savant a mérité un nom distingué dans la science. Cf. Sommervogel, I, 1848-9 ; Hamy, 284-5. L'estampe reproduite est une eau-forte, récemment acquise, gravée par le président de Sarron. d'après un dessin de M. d'Aguesseau, exécuté pendant une partie d'échecs. La pièce n'est pas signée et ne porte pas le nom du personnage.
Bouhours, Dominique, né à Paris, le 15 mai 1G28, fut reçu au noviciat, le 7 septembre 1 G 44. Ses études terminées, il professa d'abord la rhétorique au collège de Rouen et ensuite à celui de Paris, dont il vit changer, en 1682, le nom de Clermont en celui de Louis-le-Grand. Dès le 30 avril 1662, le P. Bouhours avait été admis à la profession des 4 vœux. Les princes de Longueville et, après eux, le marquis de Segnelay, fils de Colbert, furent placés sous sa direction. Dans les loisirs de cette charge, sa plume élégante se donna libre carrière. On s'accorde à reconnaître en lui un des plus élégants littérateurs du dix-septième siècle. Selon Mmc de Sévigné, « l'esprit lui sort de tous les côtés ». C'était, dit l'abbé de Longuerue, un homme poli, ne condamnant personne et cherchant à excuser tout le monde. « La nature, ajoute le F*. Xicéron, lui avait donné un air agréable et une physionomie spirituelle. » Avant de devenir un maître en l'art d'écrire, le P. Bouhours s'était fait remarquer dès le temps de ses études théologiques. Par une exception, dont on ne connaît pas d'autre exemple, il avait eu l'honneur de soutenir deux Actes publics. A partir de 1680, malgré de violents maux de tête presque continuels, son temps fut consacré à la composition de divers ouvrages. Il mourut à Paris, le 27 mai 1702. Cf. Sommervogel, I, 1920; Hamyt 286-290.
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