‹ Galerie illustrée de la Compagnie de JésusChapitre 1 sur 5 · DEUXIEME VOLUME · texte numérisé non relu

DEUXIEME VOLUME

PARIS CHEZ L'AUTEUR, 14 bis, RUE LHOMOND

Bourdaloue, Louis, né à Bourges, le 20 août 1632, admis au noviciat de Paris, le 10 août 1648 ', étudia la théologie à Paris, et professa les humanités, la rhétorique, la philosophie et la théologie morale, à Amiens, Orléans et Rouen, avant d'être appliqué à la prédication (1665). 11 prononça les vœux de profès au collège d'Eu, le 2 décembre 1666, et après avoir successivement évangélisé Amiens, Rennes et Rouen, arriva à Paris en octobre 1669. Dès ses débuts, tous les beaux esprits du grand siècle, et à leur tête, Mademoiselle de Montpensier à la ville d'Eu, et Madame de Sévigné à Paris, furent frappés par la noblesse de son éloquence. Louis XIV voulut l'entendre et la cour l'admira à dix reprises différentes de 1672 à 1697. Sa voix retentit dans la plupart de nos grandes chaires, mais son humilité lui faisait plutôt désirer et solliciter les plus humbles ministères. — On lui a prêté la célèbre apostrophe de Nathan à David : « Tu es Me vir », contre toute vraisemblance, et probablement cette allusion aux amours adultères du grand Roi n'a jamais été faite par aucun prédicateur. — Le P. Bourdaloue, une des gloires les plus pures de l'Eglise et de son Ordre, sera toujours considéré comme un orateur modèle et un des meilleurs écrivains français. Il mourut à la maison professe de Paris, le 13 mai 1704. Cf. Sommervogel, II, 5-28; de Backer, I, 820-9; III, 2015-7 ; Hamy, 291-311.

Tous ses portraits peuvent se rapporter à trois types, celui d'Elis de Chéron, celui de Jouvenet, et celui d'un Duguet dit II famoso Poussino. L'estampe faite sur un croquis de ce dernier, venu à Paris en 1698, est peu connue en France. Elle fait partie d'un album assez considérable publié à Rome et dont les figures sont généralement d'une ressemblance parfaite, quand on les compare aux autres portraits gravés d'un même personnage. La pièce qui fait pendant à Bourdaloue Un socio del P. L. Bourdaloue dall'istesso Poussino est trop caractéristique pour avoir été faite d'imagination. De plus, le tableau de la galerie du Gesù élait tout à fait identique. Il est donc à croire que c'est le portrait le plus vrai. — On verra plus loin au Tome VII de la Galerie Illustrée, sous le nom de Robineau (compagnon du P. Bourdaloue en 1698) cette autre figure. — Cependant le choix de la gravure italienne ne tranche pas la question. Peut-être provoquera-t-il des recherches qui permettront de la résoudre !

Brébeuf (Jean de) né, le 14 mars 1593, à Condé-sur-Vire (Calvados) ou à Bayeux, entra au noviciat, le 6 novembre 1617. Il partit en mars 1626 pour le Canada où les libéralités de la Comtesse de Guercheville permettaient de fonder une mission. A l'arrivée des premiers ouvriers évangéliques, une hutte bien misérable marquait seule l'emplacement où s'est élevée depuis la ville de Québec. Les nouveaux venus s'avancèrent dans l'intérieur des terres à la recherche des Hurons, se mêlèrent à leurs tribus et se soumirent à des privations de tous genres, dans l'espoir de les amener à la connaissance de l'Évangile et à la grâce du baptême. Déjà ils commençaient à bien connaître leur langue, quand, par crainte des Anglais, leur supérieur les rappela près de lui (1628). Cinq ans plus tard, le P. de Brébeuf retourna vers ses chers Indiens. Au prix de fatigues et de souffrances à peine croyables, son zèle avait déjà formé, après un apostolat de 16 ans, des chrétientés florissantes, quand ses travaux furent couronnés par une mort héroïque, au milieu de tourments tels que des Iroquois seuls étaient capables d'en inventer. — Le P. de Brébeuf mourut victime de leur barbarie, le 16 mars 1649. Cf. Sommervogel, II, 107-8 ; de Backer, I, 856-7 ; Hamy, 313-6.

1 Et non pas en octobre, comme le dit par erreur le P. Sommervogel.

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