T. II
— Que penser de ceux qui, au lieu de se servir de documents sérieux, tels que la tête moulée de ce personnage comme la représente son buste d'argent, vont chercher leurs inspirations dans des estampes aussi méprisées des connaisseurs que l'est la gravure de G. Huret, dont le dessin est mauvais et l'exécution grossière? Quel que soit le talent du graveur employé, son habileté ne peut pas suppléer à l'inexactitude du type. Sans doute, la vérité et l'honnêteté n'ont pas les mêmes attraits pour tout le monde !
■Si-ici, Philippe, né à Abbeville. le 6 mars 1001. admis au noviciat, le 13 septembre ICI 9, professa la grammaire à La Flèche (1625-6 et la rhétorique pendant 17 ans. dont 14 au collège de Clermont à Paris. — D'après le catalogue de 1640, il s'y trouvait déjà à cette date, en qualité de professeur. En 1660, il avait seulement l'office d'écrivain. Le P. Briel mourut dans cette maison le 9 décembre 1668. Chronologiste et géographe, le savant écrivain Abbcvillois fut chargé de publier le travail inachevé du P. Labbe, d'en terminer la concordance, et de continuer l'ouvrage de l'an 1201 à 1600. Enfin, il ajouta un abrégé de l'histoire ecclésiastique du dix-septième siècle jusqu'à son temps. Les « Parallela Geographim vèteris ci novx » parurent eu 1 6 48-9. Mais l'Asie et l'Afrique sont restées en manuscrit, 31 planches sur l'Asie ont été gravées. Cf. Somrnervogel, II, 156-161 : de Bâcher, 1, 87i-5 ; Hamy, p. 16. Le portrait choisi pour la reproduction est un dessin finement estompé par M. Delignières de Saint-Amand, obligeamment prêté par M. D. de Monnecove; mais on s'est servi pour la retouche, d'une gouache récemment acquise, et d'un cliché du tableau d'Abbeville, gracieusement envoyé à l'éditeur par M. Robert du lins, capitaine au 3e chasseurs à cheval. — Portrait gravé pour la première fois.
Brignole-Sale (Antoine, .Iules de i né, le 23 juin 16(>5, à Gênes, d'une famille patricienne, obtint par son seul mérite le Marquisat de Groppoli, en Toscane, et fut ambassadeur de la République près du roi d'Espagne, Philippe IV. Au milieu de tant d'honneurs, la mort de sa femme commença à le dégoûter du monde (1648). Pour l'y retenir, Gênes lui confia la première charge de l'État. Contraint de l'accepter, Antoine de Brignole ne voulut profiter des avantages de sa nouvelle situation que pour faire aux pauvres de plus abondantes largesses, sur le revenu d'une immense fortune, dont il laissa plus tard le patrimoine intact à ses enfants. On calcule qu'il distribua, de 1641 à 1651, près de 500.000 livres, valeur de l'époque. Cependant, s'étanl affranchi de tout lien, le riche Soigneur embrassa l'état ecclésiastique, puis, ordonné prêtre, il entra au noviciat de Rome, le 2 mars 1652, d'après Patrfgnani, ou le 11, selon Somrnervogel, pu le 16 février 1651, selon Southwell. Sa vie fut désormais consacrée tout entière au ministère de la prédication. Le P. de Rrignolé-Sale mourut à (iênes, le 20 mars l(j<>2. Cf. Sommervog£lf II. 166; de BàcUer, I, 877-9 et III, 2927 ; Haiin/. 320-1. Le portrait reproduit est l'eau-forte rarissime de Castiglione avant la retouche. Le personnage y est représenté avec ses babils de gentilhomme. Au bas, on a gravé la tête de Brignole, d'après la planche de Martin Bouché. Lé contraste est assez frappant.
Britto (Le Bienheureux Jean de), né à Lisbonne, le 1er mars 16 47. admis au noviciat, le 17 décembre 1662, suivit à Évora îles cours de rhétorique et à Coïmbre ceux de philosophie. En 1669, il débutait dans la régence, à Lisbonne, quand, le P. Baltbazar da Costa \ arriva du Malabar en quête d'un renfort de missionnaires. Jean de Ihitto s'enrôla des premiers, et comme sa famille et la cour de Portugal, où il avait jadis servi en qualité de page, semblaient devoir mettre obstacle à son départ, il obtint, après une rapide prépara-
lion, la faveur d'être promu au sacerdoce et la permission de se rendre aux Indes. La flotte partie, le 15 mars 1673, aborda, le 30 juillet 1674. En 19 ans, le laborieux apôtre eut la consolation de convertir plus de 30.000 idolâtres. Son zèle promettait des résultats encore plus merveilleux, quand Dieu lui accorda la grâce du martyre. Il périt de la main du bourreau, sur l'ordre du tyran Ranganadeven, à Oruir, le 4 février 1693. Pie IX l'a béatifié, le 21 août 1853. Cf. Sommervogel, II, 191 -2 ; de Backer, 889-891 ; Hamy, 322-329. Le n° 322, ancien et très rare, a été choisi pour la reproduction.
Broët, Pascais, né en 1500, à Bertrancourt (Somme), fut ordonné prêtre, le 15 mars 1523, titulo pairimonii. S'élant trouvé en rapport à Paris avec les six premiers compagnons de saint Ignace, il se joignit à eux, ainsi que Le Jay et Codure, après avoir fait les exercices spirituels sous la conduite du B. Pierre Lefebvre, et prononça ses premiers vœux à Montmartre, le 15 août 1536. Sa candeur lui fit bientôt donner le nom à' Ange de la Compagnie. Par son aménité autant que par son éloquence, il parvint à réformer les mœurs publiques dans toutes les villes d'Italie où le Saint-Siège l'envoya, dès son retour d'une légation difficile en Irlande (1541). Le P. Broët excellait dans l'art de donner les exercices spirituels. En 1551, saint Ignace le créa premier provincial d'Italie, et l'année suivante (1552), supérieur de toutes les maisons de France. A force de douceur persuasive, il réussit à ouvrir cinq collèges, ou du moins à en préparer la fondation. Au milieu de ses démarches et de ses travaux apostoliques, la peste éclata. Atteint par le fléau, après avoir pris dans sa charité les plus grandes précautions pour ne pas communiquer l'infection du mal à ses frères, le P. Broët mourut à Paris, le 14 septembre 1562 (le 13, suivant Sommervogel). Cf. Sommervogel, II, 200 ; Hamy, 340-1. C'est cette dernière estampe qu'on a reproduite. — Très-rare.
Brumoy, Pierre, né à Rouen, le 26 août 1688, admis au noviciat, le 8 septembre 1 704, professa les humanités et la rhétorique à Caen, fut chargé de l'éducation du prince de Talmont et occupa la chaire de mathématiques au collège de Louis-le-Grand,de 1725 à 1731. On lui doit un « Discours sur l'usage des mathématiques, par rapport aux Belles-Lettres. Mais son principal ouvrage est le « théâtre des Grecs ». Voltaire ne le trouva pas de son goût : il aurait préféré une étude sur les dramaturges modernes. Aussi reprocha-t-il assez durement au Jésuite d'avoir trop exalté les anciens. Amour-propre d'auteur! Le P. Brumoy mourut au collège de Paris, le 16 avril 1742. Cf. Sommervogel, II, 243-252; de Backer, I, 908-912 et III, 2032-3 ; Hamy, 342.
Brzozowski, Thaddée, né, le 21 octobre 1749, à Warmie, entra au noviciat, le 25 août 1765, dans la province de Masovie détachée de celle de Lithuanie en 1756, lors de la création d'une Assistance de Pologne '. Il professait les humanités à Minsk, en 1773, quand la grande Czarine fit défense à tous ses sujets de promulguer ou d'exécuter dans ses États le Bref de suppression de la Compagnie. Brzozowski fut alors appliqué à l'étude de la théologie, et, son cours terminé, reprit ses fonctions de professeur. Les Jésuites étaient réduits à un petit nombre, 178, après avoir été 22.819! Le P. Thaddée devint ensuite secrétaire du Général (1786-1802) puis assistant du P. Gruber, et dans ces divers offices, on remarqua en lui une rectitude de jugement et une prudence bien au-dessus de l'ordinaire. A Saint- Pétersbourg, tous les hommes de quelque mérite recherchèrent son commerce. Enfin, le
1 Cf. Hamy. Documents pour servir à l'histoire des Domiciles de la Compagnie de Jésus. Paris, Picard. S. M. (1892).
2 septembre 180.1, les profès de la 20e Congrégation Générale, réunis après la mort du P. Gruber, l'appelèrent à gouverner l'Ordre. Le nouveau Supérieur eut la consolation de le voir renaître de ses cendres à Naples, à Rome, et enlin dans tout l'univers. Dieu lui épargna la douleur d'apprendre son expulsion de l'Empire Russe par l'Ukase du 13 mars 1820; car déjà le vénéré vieillard avait rendu le dernier soupir à Pololzk, le 5 février 1S2n, non le 2, comme dit Sommervogel. Cf. Sommervogel, 11, 307-8; de Bâcher, I, 920 et 111, 2n3:» ; Hamt/, 343-4.
Kuechctti, Louis, Marie, né à Milan, le 13 mars 1747, entra au noviciat, le 18 octobre 17G2. Au moment de la suppression de l'Ordre, il professait la rhétorique dan- sa ville natale au collège des nobles. S'étant alors chargé de l'éducation de quelques jeunes patriciens, il les accompagna dans leurs voyages à l'étranger et visita, pour achever leur instruction, toute l'Italie, l'Allemagne, la Hollande, l'Angleterre et la France. Ils arrivèrent à Paris en 1793. Témoin des horreurs dont la capitale était alors le spectacle, Rucchetti laissa échapper des marques de son indignation, et sa franchise lui eût coûté la vie, s'il ne s'était soustrait, par une fuite précipitée, à la fureur des Jacobins. Il se retira d'abord à Venise, puis à Rome, près de son ami Rezzonico. A la mort de ce dernier, Rucchetti reprit le chemin de Venise, et y mourut, le 28 octobre 1804. C'est un littérateur de mérite. Cf. Sommervogel, II, 31 1-2 ; fie Bâcher, I, 932. — Portrait peu commun.
Buelta, François-Xavier, Joseph, Ignace, né à Ponferrada (province de Léon en Espagne), le 19 juin 1730, prit l'habit à Saint-Jacques de Compostelle, le 8 juin 1747, et se rendit au noviciat de Castille, établi à Villagarcia. Deux ans plus tard, on l'envoya à Médina del Campo pour y revoir sa philosophie, et ensuite à Valladolid, où les jeunes religieux de sa province étudiaient la théologie. Ordonné prêtre le jour du saint Rosaire, I (5 octobre 1755), il ne célébra sa premi.èrc messe que le 28 de ce mois. Sa troisième année | de probation, au collège Saint-Ignace de Valladolid, fut interrompue, au bout de 4 mois, par la mort de l'orateur du collège dont on lui donna l'office. Peu après, ses fonctions furent celles de missionnaire à Tudela, puis de professeur de philosophie à Burgos. Il fut admis au degré de Profès, le 25 mars 176 4. Lors de la proscription générale, en 1767, Bologne lui fut assigné comme lieu de séjour. Dès lors, les fonctions du ministère apostolique et l'oraison se partagèrent tout son temps, et les habitants de la ville furent à même de connaître et d'apprécier son zèle, sa charité, et sa haute vertu. Le P. Buelta mourut, le 22 avril 1802, et fut enterré dans le cimetière du faubourg Saint-Gille. Ce portrait a été reproduit d'après l'exemplaire de la bibliothèque du scolasticat de Louvain, rayon 801. Cf. de Backer, I, 936; Ilamy, 3i7. — Fort rare.
Ituganza, Cajétan, né à Manloue, le 2 octobre 1732, admis au noviciat, le 1er octobre 17.'>n, professa près de 20 ans la rhétorique dans divers collèges, et la philosophie à Pérouse. En 1773, il revint à Mantoue, y remplit avec zèle les fonctions du saint ministère, et mourut, le 12 avril 1812. Cf. Sommervogel, 11, 359-362. Le portrait est mentionné au n° 17, mais ni le nom du peintre Xavier délia Rosa, ni celui du graveur, Angelo Guelmi, n'y sont indiqués. Cf. De Bâcher, I, 943-4. — Fort rare.
G <st aux PP. Bollandistes que nous sommes redevables de la communication d'un exemplaire de ce portrait. Si la Providence leur a permis de réunir un grand nombre de documents précieux, ils ont le rare mérite de savoir, à l'occasion, faire profiter leurs confrères de la richesse de leurs trésors.
Burna^z, Mathias, né à Rosemberg (Silésie), en 1589, avait atteint l'âge de 18 ans, quand il entra au noviciat de Brunn, le 23 septembre 1607. De 1609 à 1612, il suivit, à Gratz, le cours de philosophie et, pendant les cinq années suivantes, professa les humanités dans divers collèges. « Tous les Supérieurs, dit le P. Balbins, se disputaient l'avantage de le posséder, à cause de sa connaissance du latin, de l'allemand, du tchèque et du polonais : Expetebatur a Rectoribus. » Ses études de théologie terminées, le P. Burnatz fit sa troisième année de probation (1621-2) et fut admis à Klagenfurt au degré de Coadjuteur spirituel. De là, il fut envoyé à Krumman, puis à Gitzin. Outre la préfecture des classes, les Supérieurs lui confièrent l'administration de cinq paroisses. Du 10 avril au 9 août 1629, avec une rapidité dont les conquêtes de saint François-Xavier nous offrent seules un autre exemple, le P. Burnatz arracha au schisme et à l'hérésie plusieurs milliers d'apostats. Ses travaux furent bientôt couronnés par une mort glorieuse dans le village de Libun, le 9 août 1629. Cf. Rombardi. Undeni Grsecenses... 1727. Grascii ex Typogr. Widmanstadiana ; Rohusl. Ralbinus,S. J., Miscellanea Historica regni Rohem. Lib. IV. Hagiograph. Le portrait reproduit n'est pas celui de Undeni Grsecenses, mais l'estampe de Samuel Dworzak dont on ne connaît pas encore d'autre exemplaire. Portrait rarissime.
Busée, Jean, né à Nimègue, le 24 avril 1547, parent du Bienheureux Père Canisius, entra au noviciat, le 1er juillet 1563. Il professa la théologie à Mayence pendant plus de vingt ans, et publia des ouvrages de controverse. On lui doit aussi la rédaction des lettres annuelles des Indes, du Japon, de la Chine, de 1591 à 1600, mais surtout un grand nombre d'ouvrages ascétiques, dont le mérite l'a fait estimer des âmes pieuses. Le temps ne semble avoir rien diminué de leur valeur. Ce pieux auteur s'appliqua d'abord à reproduire en latin les méditations de plusieurs de ses confrères, Vincent Bruno, Fulvio Androttio, Gaspard Loarte, Luc Pinelli, François Arias, ou d'autres auteurs, Pierre de Blois, le savant Jean Tritheim, Anastase le Bibliothécaire, Hincmar de Reims, etc. Enfin, il composa lui-même un Enchiridion parmi m piarum meditationum . . . . dont on connaît un grand nombre d'éditions. Les dernières sont celle en français, de H. Goemare, Bruxelles 1867, in-24. pp. 176, et celle de Marielti à Turin, 1876, in 12, pp. xvi-584. Les titres seuls des traductions en diverses langues occupent 7 colonnes de la Bibliothèque S. J. par le P. Sommervogel. Le P. Busée mourut à Mayence, le 30 mai 161 1 . Cf. Sommervogel, II, 416-439 ; deRacker, 967- 975 ; Hamy, 348-352.
Bussières, (Jean de), né à Villefranche (Rhône), comme il le dit lui-même, (et non à Beaujeu, où son père élait avocat et juge), le 14 novembre 1607, fut admis au noviciat à l'âge de 16 ans, selon Michaud, mais en fait, le 9 octobre 1631, d'après les catalogues. Il montra, dès son temps de régence, les plus heureuses dispositions pour la poésie. A cette époque, le mauvais goût régnait encore en maître au Parnasse français, et Chapelain en élait l'oracle. Le P. de Bussières s'est ressenti de cette influence. Cependant, on remarque dans ses poëmes des traits d'un ordre tout à fait supérieur. Ses compositions latines eurent plus de succès et « Scanderbeg » a eu l'honneur de plusieurs éditions. Une Histoire de France, écrite en latin, par le même auteur, est demeurée quelque temps le livre classique des collèges de la Compagnie, en France et à l'étranger. Le P. de Bussières est mort, dans la charge d'Instructeur des PP. de la 3e Probation, à la maison Saint-Joseph de Lyon, le 26 octobre 1678. Cf. Sommervogel, II, 457-464; deRacker, I, 983-5 et III, 2043 ; Hamy, 353-4.
Cacciotfiolî, Jean-Baptiste, né à Bruzzes (Royaume de Naples), l'an 1668, occupa successivement les plus hautes charges de sa province, en particulier, celles de maître des novices, d'instructeur du troisième an de probation, et de provincial. Parvenu à l'âge d'environ 80 ans, ce religieux modèle mourut à Naples en 1748. Cf. de Backer, III. 541. Sa vie a été écrite par l'historien de la province de Naples, le P. Xavier Santagata. Ce livre contient le portrait gravé par Nicolas d'Oralii, d'après Teresia Palombo. Naples, 1750. L'estampe mesure 149inm sur 133. On n'en trouve aucune mention ni dans Sommervogel, ni dans : Hamy, Essai sur l'Iconographie de la Compagnie de Jésus, Paris, Rapilly. — Portrait rare.
Cahier, Charles, né à Paris, le 26 février 1807, admis au noviciat de Montrouge, le 7 septembre 1824, fut de bonne heure chargé d'une classe à Saint-Acheul-les-Amiens, puis étudiant à Turin. Sauf un temps assez court passé à Brugelette et consacré à la direction générale des études, la plus grande partie de sa vie s'est écoulée à la maison de la rue Lhomond (ancienne rue des Postes) dans des travaux de recherches archéologiques et d'érudition. Les Vitraux de Bourges, les Mélanges archéologiques, d'abord en collaboration avec le P. Arthur Martin, puis, après la mort de ce dernier, à l'aide de ses dessins ou croquis, les Caractéristiques des saints, les Plombs historiés de la Seine publiés sous le nom de M. Forgeais, mais en réalité expliqués et copieusement décrits par le P. Cahier, etc, etc, montrent toute l'étendue et la profondeur de son savoir. Il connaissait avec exactitude un nombre prodigieux de faits peu connus. Son habileté à les découvrir n'avait d'égale que son empressement non seulement à les noter dans sa mémoire, mais encore à les consigner par écrit. Aussi son commerce était-il des plus intéressants comme des plus instructifs, et sa conversation prenait souvent un tour original et même fort piquant. C'était pour lui une vraie jouissance que de communiquer à d'autres ce qu'il avait appris. Ce savant a joui d'une réputation considérable. En général, son jugement est établi sur des preuves solides et fait autorité. La vieillesse vint pour lui, avant qu'il ait pu terminer plusieurs travaux commencés. Le P. Cahier mourut à Paris, le 26 février 1882. Cf. Sommervogel, II, 515-8; de Backer, III, 3046-8. Le portrait reproduit est celui que M. Alcan a. dessiné avec tant d'habileté d'après une photographie. Le dessin original se trouve dans la galerie de la maison du Jésus de Paris, 35, rue de Sèvres. — Gravé pour la première fois.
Cajéian, César, né àPalerme, le 19 janvier 1633, était, par sa naissance, prince de Sortino et de Cassato en Sicile. Lorsqu'il eut atteint l'âge de 14 ans, la mort de son père le mil en possession d'une grande fortune. Éloigné des plaisirs du monde, et déjà versé dans la connaissance des affaires, le jeune seigneur n'hésita pas à prendre en mains l'administration de ses domaines, et géra son bien avec la sagesse d'un vieillard. Témoin de son habileté, sa mère se garda bien de le contrarier dans ses projets, dans l'espoir de le conserver auprès d'elle. Cependant, le désir de se consacrer à Dieu lui inspira, dès 1651 , la détermination de solliciter son admission dans la Compagnie de Jésus, et à la date du 6 octobre, le Père François Piccolomini lui écrivit pour l'admettre. Au printemps suivant, le 31 mars 1652, le prince prit congé de sa famille et de ses vassaux en larmes, arriva au noviciat de Home le 30 avril, et fut admis au nombre des novices, le mercredi 17 mai, veille de l'Ascension. Une maladie de langueur ne tarda pas à se déclarer. Après avoir essayé l'air de Frascati, puis celui de Naples, les médecins ordonnèrent le voyage sur mer et le retour en Sicile. En dépit d'une légère amélioration, la fièvre continua à consumer le
malade, et, le 5 août 1662, le frère César Cajétan s'endormit paisiblement dans le Seigneur à Palerme. Cf. Sommervogel, III, 1085 ; de Bâcler, I, 1000 ; Patrignani ; Hamy, 355-6.
C'est par erreur que le P. Sommervogel place l'admission au noviciat, à. Palerme, le 30 avril 1651. si nous en croyons Patrignani, dans lequel on trouve la plupart des dates qui précèdent.
Cajétan, François, né le 11 novembre 1569, au château de Sortino dont son père le marquis Pierre Cajétan ou Gaetano était Seigneur, hésita longtemps pour savoir s'il entrerait ou non chez les Pères Capucins dont il avait fait, en grande partie, reconstruire le monastère. En attendant, il se retira du monde pour se donner plus librement à la prière et aux bonnes œuvres. Une visite du P. Paraninfo lui procura les moyens d'examiner sa vocation, et son choix se porta sur la Compagnie de Jésus. François entra au noviciat, le 15 avril 1593. Deux ans après, on lui fit revoir ses auteurs classiques, déjà un peu oubliés (1595-7) ce qui lui permit de faire une petite classe de grammaire à Palerme, puis il fut appliqué à la philosophie. Un crachement de sang ne tarda pas à donner aux médecins de sérieuses inquiétudes. Sur leur conseil, le P. Provincial fit partir le jeune malade pour Messine et, pour le distraire et l'occuper, on le chargea de quelques enfants de la plus petite classe. La phtisie fit de très rapides progrès. On dut envoyer le frère Cajétan du collège au noviciat, et bientôt, le 20 avril 1601 Jour du Samedi Saint, il rendit le dernier soupir. En 1606, les profès de Sicile adressèrent à Paul V, à l'unanimité des suffrages, une supplique à l'effet d'obtenir, « pour le Louis de Gonzague de leur province » les honneurs de la béatification. Cf. Nieremberg. Varones illustres. Édition de Bilbao, v, 391 ; Patrignani ; Hamy, 357. — Fort rare.
Calaiayud, (Pierre de) né à Tafalla (Espagne), le 1" août 1689, admis au noviciat, le 21 octobre 1710, s'y livra, dès le début de sa vie religieuse, à toutes les rigueurs de la pénitence, au point de mettre sa vie en danger. Abandonné des médecins, blâmé même par ceux qui n'avaient pas modéré ses pieux excès, il se vit sur le point d'être exclu de la Compagnie. Ses bonnes intentions trouvèrent grâce au ciel. Touché par ses prières, Dieu lui rendit en un moment la santé et changea les dispositions de son maître des novices. Pierre fut bientôt admis aux premiers vœux et ensuite professa tour à tour les humanités, la rhétorique, la philosophie, l'Écriture Sainte et la théologie. Alors, et pendant 40 ans, par ses missions ou ses retraites, il mérita d'être appelé le Xavier de l'Espagne. Pendant la mission de Pampelune, on accourut de 101 villes ou villages pour l'entendre, et, dans une autre circonstance, au dire de l'historien de sa vie cité par le P. de Guilhermy, 4000 ecclésiastiques assistèrent à une de ses retraites. N'est-ce pas beaucoup1 ? Atteint par l'édit de proscription en 1767, le P. de Calatayud alla finir ses jours à Bologne où il mourut entouré de la vénération de toute cette grande cité, le 27 février 1773. Cf. de Guilhermy. Ménologe de l'assistance d'Espagne : E. de Uriarte, S. J. Vida... Bilbao; 1888. Impr. del Corazon de Jésus; Hamy, 358. — Bare.
Caldwell, Jean (plus connu sous le nom d'emprunt de Fenwkk), né en 1628 dans le comté de Durham de parents protestants, abjura son erreur, quand il eut atteint sa majorité. Cette conversion eut pour résultat son expulsion de la maison paternelle. Par
1 Quand on songe aux difficultés diverses qui s'opposent à la réunion d'un aussi grand nombre de prêtres dans le même lieu, ce chiffre parait peu croyable.
contre, les portes du collège anglais de St-Omer s'ouvrirent aussitôt pour lui. Ses études terminées, Jean fut admis au noviciat de Watlen, le 28 septembre 1656. Vingt ans plus l.ud, il fil les vœux de profès (1676). Depuis 1G62, on lui avait confié l'office de procureur à St-Omer. Envoyé à Londres en cette qualité, il fut arrêté avec le P. Guillaume Ireland, mais, faute de preuves, Titus Oates ne put le faire condamner à mort. Toutefois, sur les instances de ce parjure, au lieu de relâcher l'accusé reconnu innocent, les magistrats le firent reconduire en prison. Après une longue attente dans les cachots, jugé enfin sur une nouvelle accusation, condamné à mort avec les PP. Whilbread, provincial, Barrow, Turncr et Gawen, le P. Caldwell subit le dernier supplice à Tyburn, le 30 juin 1679. Cf. Foley, English records, V, 244; VI, 109 et collectanea ; Tanner, S. J. Brevis relatio felicis agonis; Hamy, 848.
Calvi, Dominique, Marie, Xavier, né à Bologne, le 7 octobre 1714, entra au noviciat de St-André à Rome, le 7 décembre 1730. Ses études de philosophie terminées, il professa les humanités au collège romain, de 1737 à 1742, et fut alors envoyé à Bologne pour y suivre les cours de théologie (1742-6). Par une dérogation fort rare à l'usage (nous ignorons pourquoi) son ordination avait eu lieu, à la fin de sa régence, le 18 août 1742. A Sienne, dans la maison de retraites annexée au collège St-Vigile, on le chargea de donner les exercices de saint Ignace, dès 1750, el le même office lui fut donné à Malte en 1753. La dévotion dont il était animé pour le Sacré-Cœur de Jésus trouva en lui un de ses plus infatigables apùtres. Grâce à son activité, à ses prières et a son influence, le P. Calvi fut adjoint à Mgr Bruni, sur l'ordre du Cardinal Albani pour préparer l'office et la messe du S. Cœur approuvés par Clément XIII, le 18 mai 1755. Depuis trois ans, il résidait au noviciat de Rome et remplissait la charge de Directeur des Betraites. Le Bref de Clément XIV l'y trouva encore. Dégagé des liens qui avaient fait sa force et sa joie, l'abbé Calvi voulut reporter dans le monde ses habitudes de régularité et se maintenir dans toute la ferveur du zèle. A Bologne, au sein de sa famille, on le vit constamment se conduire comme l'eût fait un bon religieux. Sans sortir de sa retraite, il trouva le secret de contribuer très efficacement, par la correspondance la plus active et par la prière, k l'extension de la dévotion au S. Cœur en Italie, en Portugal, au Brésil et aux Indes. Enfin, le 2 mai 1788, il mourut, comme il l'avait annoncé, sans maladie, un premier vendredi du mois, jour spécialement, désigné pour les exercices de la dévotion au Cœur adorable de Jésus. Cf. T. Termaninij Vita <■ vertu... Parma, Carmiguani, 1796; Sommervogel, 11, 569-570.
Campioii (le Bienheureux Edmond), né à Londres, le 25 janvier 1540, fit ses études à Christ's Ilospital. puis au collège St-Jcan, a Oxford. 11 eut l'honneur d'être désigné pour haranguer la reine Elisabeth, soit à Woodstock, soit dans l'enceinte même de l'Université. Un moment de faiblesse, si glorieusement expié plus tard par le martyre, faillit l'entraîner dans l'apostasie. Cheney, évoque de Gloucester lui persuada de recevoir les ordres anglicans et lui conféra le diaconat. Bien que cette faute lut plus matérielle que formelle, Campion ne tarda pas à la pleurer, et sans retard, disant un éternel adieu à Oxford, et à toute espérance mondaine (1er août 1569), il passa en Irlande, puis à Douai (1570-1), et à Rome, où, à la fin de ses études théologiques, on le reçut dans la Compagnie (1573). Son noviciat se fit à Brunn, et, en 1575, il fut promu au sacerdoce à Prague, où s'écoulèrent les quatre années suivantes consacrées à l'enseignement de la rhétorique et de la philosophie. Mais l.s aspirations de son cœur étaient toutes pour l'apostolat en Angleterre el la
couronne du martyre. Une lettre du P. Général, Everard Mercurian l'appela inopinément à Rome. — De là, il partit sous la conduite du P. Parsons, le 18 avril 1580. Dès le jour de son débarquement à Douvres, le 25 juillet, le P. Campion se mit au travail et fournit en peu de mois une longue carrière. Dénoncé par un nouveau Judas, George Elliott, arrêté, jugé, torturé, il subit avec fermeté un cruel et glorieux martyre, à Tyburn, le 1" décembre 1581. N. T. St Père le Pape Léon XIII l'a béatifié, le 29 décembre 1886. Cf. Sommervogel, II, 586-597 ; Hamy, 360-6. — Le portrait choisi est celui gravé à Prague.
Canisius (Le Bienheureux Pierre) né à Nimègue, le 8 mai 1521, fut. admis dans la Compagnie de Jésus par le Bienheureux Pierre Lefebvre, le 8 mai 1543. Par ses travaux, son influence, ses ouvrages, ses vertus, ses fondations ce grand homme a mérité d'être appelé Y Apôtre de l'Allemagne, un bouclier de la foi, et encore le marteau des Hérétiques. Le duc Albert de Bavière, comme le dit Drews dans ses Fasti S. J., l'invoquait comme un autre St Pierre, et, en récitant l'office divin, il se permettait de modifier ainsi l'antienne fort connue : « Petrus (Canisius) et Paulus (Hoffœus) ipsi nos docuerunt legem tuam, Domine. » Le Bienheureux Pierre Canisius mourut à Fribourg en Suisse, le 21 décembre 1597. Pie IX l'a béatifié le 20 novembre 1864. Cf. Sommervogel, II, 617-688; de Backer, I, 1046-1067 et III, 2054-5 ; Hamy, 368-400. Le portrait reproduit est celui de la magnifique thèse de Dillingen dont le P. Sommervogel a oublié de faire mention. Ce beau sujet a été gravé, par un des plus grands maîtres de l'école allemande, Elias Hainzelmann.
Canisius, Thierry, né à Nimègue, en 1532, frère puîné du Bienheureux, déjà docteur avant d'avoir accompli 21 ans, selon le P. Bongaerts S. J., aurait été admis à Cologne en 1552, s'il faut en croire le catalogue des admissi, mais plutôt fut reçu à Rome dans la Compagnie de Jésus par saint Ignace lui-même, en 1554, comme le rapporte le P. M. Rader, son historien. A la mort du saint Fondateur, le P. Lainez renvoya en Allemagne le P. Thierry et pendant trente ans, son rare talent pour l'administration lui fit confier le gouvernement des collèges les plus considérables, Munich, Dillingen et Ingolstadt. Enfin, le fardeau des charges paraissait devoir lui être retiré pour toujours en 1596, et Lucerne commençait à profiter de son zèle, quand Ingolstadt le redemanda avec de telles instances qu'il fallut le remettre à la tête de cette maison. Bientôt après, le bon vieillard obtint la faveur de retourner à Lucerne. Mais ce fut pour y être atteint d'un mal cruel. En entendant annoncer au réfectoire, sans avertissement préalable, la mort de son saint frère, le P. Thierry Canisius perdit subitement la faculté de la parole ; une paralysie progressive envahit ses membres et éteignit peu à peu son intelligence. Par une faveur singulière, dont la science n'a pas encore signalé d'autre exemple, il lui resta le pouvoir d'articuler jusqu'aux approches de la mort les saints noms de Jésus et de Marie. Il mourut à Ingolstadt, le 27 septembre 1606. Cf. Patrignani ; W. Raderus.Vita P. Pétri Canisii... et P. Th. Canisii ; Hamy, 401. Il n'y a pas d'autre exemplaire connu de cette estampe, gravée par Raphaël Sadeler. La croix tracée par l'artiste sur le front du personnage est destinée à mettre en évidence un fait assez digne d'être mentionné : à force de faire le signe de la Croix, le vénéré malade avait fini par le graver sur son front.
Capelloni, Paul, né à Rome, le 21 février 1^76, admis au noviciat de cette ville,
le 30 novembre 1814, dans la trente-neuvième année de son âge, fut employé bientôt au
ministère apostolique. En 1820, il eut l'office de prédicateur à Ferentino, et peu après, il
fit la profession des 4 vœux, le 25 mars 1825. A partir de 1830, son zèle s'exerça surtout
dans la charge d'aumônier militaire à Naples (missionarius Caslrensis). Il mourut dans cette ville, le 14 octobre 1857. Cf. J. Polcari, S. J. Délia vita... Roma, Civiltà cattolica, 1865. In-8, pp. 320; Hamy, 402-3.
Caputo, Sertorio, né à Paterno, près de Cosenza, dans le royaume de Naples, le 25 novembre 1560, admis au noviciat, le 4 novembre 1590, professa la grammaire à Barletta (1 592-3), puis au collège d'Aquila. En peu de temps, il avait réussi à former dans cette dernière ville plusieurs congrégations florissantes. Aussi, quand vint pour lui le temps de commencer l'étude de la théologie, les habitants sollicitèrent du P. Provincial la promesse de leur renvoyer plus tard le père de leurs âmes. 11 est rarement possible de tenir ces sortes d'engagements qui ne dépendent pas toujours des bonnes dispositions d'un seul homme. Dans le cas présent, le P. Caputo y mettait lui-même un sérieux obstacle, en demandant avec les plus vives instances la faveur d'être employé dans les Missions Étrangères. Cependant, il revint au collège d'Aquila, au sortir de sa 3" année de probation. I Dans sa vie, à partir de ce moment, travail, prière, oraison, succès, tout parait cà peine croyable. Aussi, en parlant de sa seule mortification, Patrignani ne peut s'empêcher de dire : « Inorridisco, » elle me parait effrayante. Un accident conduisit prématurément le P. Caputo au tombeau. La mule dont il s'était servi pour se rendre hors de la ville, près d'un malade, le jeta par terre, et il mourut des suites de cette chute, le 1 1 septembre 1608. Cf. Patrignani ; Hamy, 404-5. L'estampe de C. Bloemaert, dont on ne connaît pas d'autre exemplaire, demanderait plus d'une explication, tant elle est symbolique. Les Congrégations d'Aquila, sous la forme de deux anges, gravent les armes de l'évêque, c'est-à-dire promettent de faire vivre à jamais son nom, s'il obtient la béatification d'un homme qui a joint à tant d'austérités figurées par les instruments de discipline placés derrière lui, une dévotion si tendre à la Très Sainte Trinité, à la sainte Eucharistie et à l'auguste Mère de Dieu groupés sur un autel à la gauche de l'estampe. L'intérêt de ce document historique ne saurait échapper à personne, quand on se rappelle comment les peintures de la chapelle du collège anglais à Rome ont servi à obtenir la béatification d'un grand nombre de martyrs, sans l'intermédiaire d'un procès long et coûteux.
Caraffe, Vincent, né à Naples, le 9 mai 1585, admis au noviciat, le 4 octobre 1604, suivit le cours de philosophie (1606-9), et fut envoyé à Rome pour y commencer la théologie. Le climat de cette ville lui étant contraire, il acheva l'année scolaire (1609-1610) à Salerne, comme régent de grammaire et, de 1610 à 1614, fit à Naples sa théologie. En 1615, après la 3e année de probation, le P. Caraffe devint professeur de philosophie et plus tard maître des novices, Recteur du colleyium maximum, Supérieur de la Maison professe, et enfin Provincial. Le 7 janvier 1646, élu 7e Général par la 8° Congrégation, son premier soin fut d'exiger l'observation de la discipline religieuse dans toute la rigueur de la règle. Plus il se montrait énergique sur ce point, plus il était tendre pour tous ceux qui souffraient. 11 le fil bien voir, en particulier, dans les jours de famine, où l'indigence fit affluer sur Rome tous les pauvres de l'Italie. Le P. Caraffe voulut donner lui-même, à la porte du Gesù, les abondantes aumônes dont la générosité des familles les plus chrétiennes l'avait abondamment pourvu. Mais bientôt, atteint par une maladie causée par l'excès de son zèle dans L'exercice de celle œuvre de miséricorde, il expira doucement, le 8 juin 1649. Cf. Sommervoyel, II, 708-712; Hamy, 400-113.
Cardaveraz Augustin de), né à Hernani (Guipuzcoa), le 28 décembre 1703, admis
au noviciat, le 20 août 1721, professa la grammaire à Bilbao, et plus tard, la philosophie à Pampelune. A partir de 1736, sa principale occupation, pendant 31 ans, fut de donner des missions dans le pays Basque. En même temps, il prenait une très grande part à l'extension du culte rendu au Sacré Cœur. Déporté en Italie, lors de la proscription de 17G7, il continua à se signaler par son zèle et sa piété, et mourut, entouré de la vénération générale, le 18 octobre 1770, à Castel san Giovanni, près de Bologne. Cf. Sommervogel, II, 729-736; Navarelte, de Viris Illustrions in Castella VeteriSoc. Jesu, pp. 166-218. Celte planche a été gravée d'après la photographie prise sur un portrait peint qui se trouve à Verhuela (Espagne).
Cardim, François, né à Viana (Portugal), en 1595, selon Franco, en 1596, selon Sommervogel, n'avait pas encore 16 ans, quand il fut admis au noviciat, le 24 février 1611, (ce qui rend plus probable la date de Franco). A force d'instances, le jeune étudiant obtint la grâce longtemps sollicitée par lui d'être envoyé aux Indes Orientales, en 1618, malgré la délicatesse de sa complexion. Après avoir espéré la mission du Japon, le P. Cardim, destiné d'abord au Boyaume de Lahore, évangélisa l'empire de Siam et pénétra dans le Tonquin. La province du Japon, dont il faisait partie, résolut de le députer à Borne, comme celui de ses missionnaires le plus capable de rendre un compte exact de toutes choses au Souverain Pontife, aux Congrégations et au P. Général, Mutio Vitelleschi. Arrivé au terme de son voyage, il n'eut garde de s'accorder aucune distraction, et refusa de prendre même un peu de repos. Dans l'intervalle des comptes-rendus et des négociations, son zèle le pressa de faire connaître à l'Europe l'histoire de la persécution des chrétiens par plusieurs ouvrages encore très recherchés de nos jours. A sa demande, Jean IV, roi de Portugal, accorda des subsides plus considérables aux missions établies sous le protectorat de sa couronne. Toutes ces affaires étant enfin terminées en 1655, Cardim se remit en mer, et, après deux ans et demi de captivité chez les Hollandais, aborda à Macao où il expira, peu après son débarquement, le 30 avril 1659. Cf. Sommervogel, II, 738-741 ; de Bâcher, 1, 1082; Franco, Patrignani, Southivell, Casscmi, Cordara, etc.
CarroII, Jean, né à Upper Marlborough (Maryland), le 8 janvier 1736, fit ses éludes à St-Omer et entra au noviciat de Watten, le 7 septembre 1 753. Il demeura dans les Flandres, soit pour suivre les cours de philosophie, soit pour professer les humanités à St-Omer, et ensuite à Liège où, pendant sa théologie, on le désigna pour soutenir le grand acte. Bientôt après, il devint professeur de théologie, et fut admis au degré de Profès, le 2 février 1 771 . Le Bref de suppression le trouva, en 1773, à Bruges. Selon toute apparence, les ex-Jésuites anglais, demeurés unis, le conservèrent alors parmi eux fort peu de temps. En effet, dès le 26 juin 1774, le P. Carroll fut nommé, à son retour au Maryland, Supérieur des missionnaires d'Amérique. Grâce au concours de ses anciens confrères, et sous son habile direction, une partie des biens de l'Ordre supprimé fut employée à la fondation du collège de Georgetown, en attendant le rétablissement de la Compagnie de Jésus. Quand le Saint- Siège se résolut à établir la hiérarchie dans l'Église du Nouveau Monde, Jean Carroll, proposé comme Dignissimus par les 26 prêtres dont se composait le clergé, fut nommé 1" évêque de Baltimore, sacré à Lulworth (Angleterre), le 15 août 1790, et plus tard, élevé à la dignité d'archevêque du même siège, le 8 avril 1808. Ce sage et vertueux prélat avait conquis l'estime et l'affection des personnages politiques les plus en vue de son temps. Ils ne dédaignaient pas de suivre ses conseils. Aussi son influence contribua-t-elle puissamment
à faire insérer, en faveur des catholiques, dans la Constitution des États-Unis, la clause qui leur assure un régime de liberté. Le P. Carroll mourut pieusement à Baltimore, le 3 décembre 1816. Cf. Sommèrvogel, II, 779-782; de Backer, I, 1095-6 ; Hamy, 418 et 418 bis.
Casimir "V, ou Jean III Casimir, né, en 1609, du second mariage de Sigismond III, refusa de se prêter, à la mort de son père, aux intrigues ourdies par la Reine pour le porter sur le trône, au préjudice du prince Ladislas, enfant du premier lit (1532). Il s'en alla chercher du service en Autriche, puis en Espagne, et devint généralissime des armées de Philippe IV (1640-1643). A la suite d'une captivité d'environ deux ans au château du Bouc, où une défaite l'avait conduit, et d'un pèlerinage à Lorelte, le jeune prince, prit la résolution assez soudaine de solliciter son admission au noviciat de Rome (1643). Déjà sousdiacre, en 1647, il reçut l'ordre du Pape Innocent X d'accepter les honneurs de la pourpre romaine. Mais, l'année suivante, son frère étant mort sans héritier mâle, la diète, heureuse de se prêter aux désirs du Saint-Siège, proclama le Cardinal élu roi de Pologne. En conséquence, Jean Casimir renvoya son chapeau à Rome et ceignit la couronne, et même, par une nouvelle dispense, le Saint-Père lui permit d'épouser la veuve de son frère, Louise de Gonzague de Nevers. Ce règne fut troublé par bien des guerres et déchiré par des divisions intestines. Si la Pologne ne fut pas alors démembrée, elle dut son courage et ses victoires à la valeur de son roi, dont les armées se couvrirent de gloire en maints combats. Enfin, épuisé par tant de luttes, Casimir V abdiqua, en 1688, après la mort de la reine et se retira en France, où Louis XIV lui donna l'abbaye de St-Germain-des-Prés, à Paris, et celle de'St-Martin, à Nevers. Il mourut dans celte dernière ville, le 16 décembre 1672. Cf. Michaud; Hamy, 419-434. Le portrait reproduit est l'estampe de Sandrarl qui n'est pas mentionnée dans l'Essai sur l'Iconographie de la Compagnie de Jésus.
Casot, Jean, Joseph, né à Liège, le 4 octobre 1728, fut admis comme novice coadjuleur temporel au noviciat de Paris, le 16 décembre 1 753, et envoyé, en septembre 1754, au collège de Louis-le-Grand, en qualité de cuisinier, puis à Québec en 1757, pour y remplir le même office. Les édits de Louis XV (1762) ne furent pas appliqués à la mission du Canada, et les Anglais s'engagèrent à ne pas troubler la situation religieuse de la colonie, violemment séparée de la mère-patrie. Les Jésuites profitèrent de cette liberté pour continuer leurs travaux et leur apostolat. Mais le recrutement de nouveaux sujets n'était pas facile. D'une part, il n'y avait pas de noviciat, les ressources en argent auraient manqué pour l'établir, et jusqu'alors, sauf de rares exceptions, ce pays ne fournissait pas de vocations religieuses. D'autre part, il n'était plus possible de compter sur la France. Les vétérans de la mission eurent à serrer leurs rangs et à faire double besogne pour suffire à la tâche. On jugea donc à propos de préparer l'humble frère Casot à recevoir le sacerdoce, et il fut ordonné prêtre, le 20 décembre 1766. C'était aussi le moyen de conserver en des mains sûres, pendant plus longtemps, l'administration des biens de la Compagnie de Jésus. Le P. Casot réalisa toutes les espérances que son zèle et sa vertu avaient fait concevoir et, le 2i février 1790, ses anciens confrères le crurent capable de remplir la charge de Supérieur. Il la garda jusqu'au jour de sa mort, le 16 mars 1800. Cf. Hamy, 425.
Cas<illo (le Vénérable François del) naquit à Lima, en 1615. Le ménologe aulographié, dont le P. Guidée a écrit ou revu toutes les notices, a retracé les traits les plus extraordinaires donné*» par d'autres sur la vie de ce serviteur de Dieu, homme d'une charité portée au point de le faire devenir, non seulement le serviteur, mais l'esclave des
pauvres, des malades, des prisonniers, des nègres et du rebut de la ville de Lima. Un travail aussi excessif ne l'empêchait pas cependant de se livrer à d'effrayantes austérités. Mais, autant il était dur à lui-même, autant il se montrait doux et miséricordieux pour les pauvres pécheurs. Le V. Père de Castillo paraît avoir été un véritable apôtre du Pérou. Il mourut à Lima, le 11 avril 1673. Cf. de Buendia, S. J. Vida... Madrid, Roman, 1693, ouvrage cité par Sommervogel, II, 338. Le portrait gravé pour l'édition de Rome, Cesaretti, 1863, est très inférieur à celui qui a été choisi pour la Galerie illustrée.
Caussin, Nicolas, né à Troyes, au mois de mai 1583, admis au noviciat, le 23 septembre 1607, commença le cours de régence à Rouen, le continua à Paris, et le finit à la Flèche (1614-5). A une affabilité naturelle, il joignait de la candeur, la grâce des bonnes manières, et le don d'une éloquence pleine de naturel. De bonne heure, sa voix retentit . dans toutes les chaires chrétiennes, en province, ou à la capitale. Richelieu le crut propre à diriger la conscience de Louis XIII. C'était une erreur dont le puissant ministre ne tarda pas beaucoup à se convaincre. Sous des dehors aimables, Caussin cachait une âme indépendante et inaccessible aux intrigues de cour. Il osa tracer d'une main ferme à son royal pénitent la ligne de ses devoirs; l'exil de Quimper-Corentin fut la récompense dont fut payée la franchise du confesseur, et la Gazette de France (1640) n'en fit aucun mystère. Cependant tous les conseils de Caussin ne furent pas entièrement perdus. Mademoiselle de La Fayette prit le voile à la Visitation et goûta dans le cloître une joie dont rien à la Cour ne lui avait donné la plus faible image. Après son départ, le roi se rapprocha de la reine et la naissance de Louis XIV fut bientôt saluée par la France avec des transports d'allégresse. Le P. Caussin, fortifié dans l'indifférence par son séjour au milieu des Bretons revint à Paris, et y mourut dans la maison professe, le 2 juillet 1651, ou le 15, selon l'inscription relevée sur la pierre tombale. Cf. Sommervogel, II, 902-927 ; Hamy, 429-434.
Cayron, Pierre, Jean, né à Rodez, le 1 3 janvier 1 672, admis au noviciat de Toulouse, le 7 décembre 1687, professa la grammaire à Montpellier, les humanités à Tournon et au Puy, et enfin la philosophie à Carcassonne, puis à Tournon. Il devint alors, maître des novices, supérieur de la maison professe et instructeur des PP. du 3e an. Sa vie conforme à l'idéal d'un parfait jésuite n'a pas été rendue glorieuse par des actions d'éclat, et cependant sa mémoire est entourée de la vénération de tous ses frères. Le P. Cayron mourut à Toulouse, le 31 janvier 1754. Cf. Sommervogel, II, 932 ; Hamy, 435-6.
Cellot, Louis, né à Paris en 1588, admis au noviciat de Nancy, en 1606 (je lis cette date là où le P. Sommervogel a vu 1605), commença à la Flèche, en 1613, ses études de théologie et les termina en 1617. Avant ce temps et depuis, il professa, pendant 16 ans, les humanités et la rhétorique, puis l'Écriture Sainte pendant 7 autres années. Recteur des collèges de Rouen, de la Flèche (1 640), il devint provincial de France (1 654-7). Ses ouvrages imprimés sont au nombre de onze, et lui ont valu de la réputation. Ce savant aimable et vertueux mourut à Paris, le 20 octobre 1658. Cf. Sommervogel, II, 948-952; Hamy, 437.
Centurion», Aloys, né à Gênes, le 29 août 1686, admis au noviciat de Chieri, le 14 mars 1703, professa les humanités, la philosophie et la théologie, et devint assistant d'Italie en 1751. A la mort du P. Visconti (4 mai 1755), le P. Centurione, en sa qualité de Vicaire Général, convoqua les électeurs de la 18e Congrégation pour le 17 novembre de la même année. 84 profès se réunirent à Rome et le portèrent au généralat, le 30 novembre 1755. Le peu de durée de son gouvernement et la faiblesse de sa santé ne lui
permirent pas d'exécuter les projets qu'il avait conçus. Il se retira à Castel Gandolfo, pour 1 respirer un air plus salubre, mais ne fit qu'y languir. Dans ses derniers moments, il manifesta une peine assez vive de n'avoir pas servi la Compagnie, comme il l'aurait désiré. Le P. Centurione mourut à Castel Gandolfo le 2 octobre 1757. Cf. Sommerwgel, II, 953-4; Hamy, 438-440.
Ccva, Thomas, né à Milan, le 20 décembre 164S, admis au noviciat, le 24 mars 1663, ne tarda pas à se faire connaître comme mathématicien et comme poète. Les Allemands se sont distingués entre tous par les éloges qu'ils lui ont décernés : « C'est le plus beau génie poétique, dit un Luthérien, qu'ait produit la société religieuse dont il était membre. M Son poème sur la philosophie ancienne et moderne est une œuvre magistrale pleine en | même temps des plus profondes et des plus utiles connaissances. Son Jésus Enfant est une merveille toute parsemée des plus belles images, et respire la plus douce poésie. » En 1 mathématiques, il a trouvé et décrit, le premier, ce que devrait être l'instrument à employer pour obtenir la trisection graphique de l'angle; aussi la gloire de celte découverte 1 ne saurait plus être attribuée à L'Hôpital. Antérieurement à toute publication, et même aux découvertes de Newton, le P. Ceva avait révélé les lois de l'attraction universelle, J en les consignant dans son poème sur la philosophie de tous les siècles. Membre de l'Académie des Arcades, il y prit le nom de Callimacho Meridio. Ce pieux et savant personnage mourut à Milan, dans le collège de Brera, le 3 février 1737. Cf. Sommervogel, 11, iOlb-1024 ; Hamy, 444. Le portrait reproduit se trouve dans Crescimbeni. Vite dell' Arcadi illustri. Roma, 1751, d'après l'exemplaire de la Bibliothèque Nationale.
Chaise (François d'Aix de la), né le 25 août 1624, au château d'Aix en Forez, petit-neveu du P. Coton, propre neveu du P. d'Aix, fut admis au noviciat en 1639, à la fin de ses études commencées au collège de Roanne, en 1634. Il professa les humanités et la rhétorique au collège de la Trinité à Lyon, et fut admis à la Profession des 4 vœux. Recteur du collège de Notre-Dame, près de la Trinité, le P. de la Chaise signala son administration clans celte dernière maison, en la dotant d'une bibliothèque considérable, d'un cabinet de physique, d'un observatoire, d'un médailler et d'un cabinet d'antiques. En 1672, un décret du P. Général, Paul Oliva, le mit à la tête de sa province. Peu 1 après, à la mort du P. Ferrier, confesseur de Louis XIV, les Villeroy recommandèrent! vivement au roi de donner sa confiance au provincial de Lyon. Le P. de la Chaise prit 1 cette charge en 1675, et la conserva jusqu'à sa mort, 20 janvier 1709, au moment le plus rigoureux de ce terrible hiver. Cf. Sommervogel, 11, 1035-1040; Hamy, 148-477.
Champion, Pierre, né à Saint-Martin-de-Chaulieu (Manche), le 14 octobre 1632, entra au noviciat de Paris, le 18 novembre 1651, professa la grammaire et les humanités et fut admis aux vœux solennelsdes profès, le 2 février 1665, non le 15 août 1566, comme l'a imprimé par erreur le P. Leticrce. D'après le catalogue de 1680, et celui de 1687-8, le P. Champion était chargé à Nantes de l'œuvre des retraites, cl ce fut un office dont il s'acquitta pendant de longues années pour le bien spirituel d'un grand nombre d'âmes. En I7(ii)-I, ses fonctions étaient celles de ministre et père spirituel de la Résidence de Nantes ; en même temps il dirigeait la congrégation dos Messieurs de la ville. Il mourut, le 18 juin 1701. Cf. Sommervogel, 11, 1053-6; Hamy, 478.
Chanowski, Albert, né à Swiraditz en Bohême, l'an 1581, selon Southwell et Patrignani, ou seulement en 1587, d'après Schmidl dans son histoire de la province de
Bohème, fut admis au noviciat, le 31 juillet 1601 . Il enseigna les humanités à Glatz, et fut plus lard admis à la profession des i vœux. Recteur du pensionnat de Saint-Barthélémy au vieux Prague, en 1018, le P. Chanowski demeura dans cette ville, à sa sortie de charge, pour expliquer l'Ecriture sainte et l'Hébreu, passa ensuite à Olmutz et devint Recteur de Krummau. A partir de cette époque, sa vie fut consacrée aux missions de Bohème. Le P. Chanowski mourut au collège de Klattau, le 16 mai 1643, au lendemain de la fête de l'Ascension, âgé de 62 ans, selon Patrignani, ou le 15 mai 1645, selon Soulhwell. Cf. Sommcrvogel, II, 1063-5; Hamy, 480.
Cliaries-Ï^iiiiiiamtel, né à Turin, le 24 mai 1751, prince de Piémont, épousa, le 27 août 1755, la pieuse fille du vertueux dauphin, Marie-Clolilde de France. A la mort de Victor-Amédée III, le 16 octobre 1796, il monta sur le trône et prit le nom de Charles-Emmanuel IV. Par une sage administration, et le sacrifice de toute sa fortune, le nouveau roi entreprit de pourvoir à l'armement de ses troupes. Trop fort pour être dédaigné par la France, mais trop faible pour lui résister, il s'estima heureux de conclure avec le général Bonaparte un traité d'alliance offensive et défensive, le 5 avril 1797. Mais ce dernier, au mépris de la foi jurée, fit occuper la citadelle de Turin par l'armée française, le 16 septembre 1798. Dans la crainte de tomber aux mains du vainqueur, la famille royale s'enfuit en secret et se réfugia en Sardaigne, puis à Rome et enfin à Naples. La reine étant morte, Charles-Emmanuel abdiqua, le 4 juin 1802, et ne songea plus à quitter Rome, dans la résolution de se consacrer à la pratique de toutes les vertus. Par un nouveau dépouillement, le 11 janvier 1815, il prit au noviciat de Saint-André l'habit des Coadjuteurs temporels et vécut dans cet humble degré, dans la plus édifiante humilité, jusqu'à sa mort, 7 octobre 1819. Cf. Michaud; Hamy, 481-3.
Charlevoix (Pierre, François-Xavier de), né à Saint-Quentin, le 29 octobre 1682, entra au noviciat de Paris, le 15 septembre 1698, suivit à Louis-le-Grand le cours de philosophie et fut envoyé faire cinq années de régence au collège de Québec (1604-9). Sa théologie terminée en 1613, il passa à Rouen l'année de la 3e probation, professa la philosophie d'abord au collège de cette ville (1614-15), puis, l'année suivante, à Orléans, et prononça les vœux de Profès, le 2 février 1716. Son Histoire du Japon parut à Rouen en 1715. Cinq ans plus tard, en juillet 1720, il s'embarquait à La Rochelle pour le Canada. Commencée par l'excursion du Saint-Laurent et des principaux lacs, cette exploration se continua par celle du Theatiki, de l'Illinois et du Mississipi, pour se terminer par une rapide visite à Saint-Domingue. De retour au Havre, le 24 décembre 1722, Charlevoix se rendit au collège de Paris, et y demeura, tantôt comme procureur (4 ans), tantôt comme répétiteur des pensionnaires (4 ans) et aussi comme écrivain. Les Mémoires de Trévoux, et surtout la publication de ses divers ouvrages se partagèrent désormais toute son existence. Dans sa vieillesse, il fut envoyé à la Flèche et y mourut, le 1er février 1761. Cf. Sommervogel, II, 1075-1080; Hamy, 484.
Cienfuegos, Alvare, né le 27 février 1657, à Aguera, dans les Asturies, entra au noviciat de Salamanque, en 1676, et professa la philosophie à Compostelle, puis la théologie à Salamanque. Par manière de passe-temps, il écrivit une vie du P. Jean Nieto, et composa une magistrale étude sur saint François de Borgia. Son « OEnigma theologicum » parut à Vienne en 1717. On y rencontre des propositions un peu hasardées. Elles lui furent assez vivement reprochées, quand il s'agit de le promouvoir au
Cardinalat. A la demande de Joseph I et de Charles VI, le P. Cienfuegos fut employé à-lj d'importantes négociations avec la Cour de Portugal. Leur plein succès et la recon-; naissance des princes attira sur lui les regards du Saint-Siège. Pour l'en récompenser, 1 et sur les instances des Cours, le Pape le nomma cardinal dans le consistoire du 30 septembre 1720. Devenu* tour à tour, Évêque de Catane (1722), Archevêque de Monreale (1725) et enfin Évêque de Funfkirchen, sans cesser de représenter l'Autriche à Rome, Cienfuegos mourut, le 19 août 1739. Cf. Sommervogel, II, 1182-5; Hamy, 485-490.
Claver (Saint Pierre), né à Verdu (Catalogne), en 1585, entra au noviciat de Tarragone, le 7 août 1602, suivit cà Girona le cours de rhétorique pendant un an, et arriva en 1605 à Majorque pour y commencer l'étude de la philosophie (1605-8). Saint Alphonse Rodriguez, alors portier du collège, lui fit part, avec l'approbation des supérieurs, de ce qu'il avait appris, par révélation, des travaux qui l'attendaient dans le Nouveau Monde. Au mois de septembre 1608, Pierre Claver commença la théologie à Barcelone. Avant de l'avoir terminée, il reçut l'ordre de s'embarquer, en avril 1610, pour Carthagène dans le nouveau royaume de Grenade. Ce fut en remplissant l'office de portier et de sacristain qu'il dut attendre le moment propice pour continuer ses études interrompues et recevoir le sacerdoce (1615). A partir de ce moment, sa vie fut entièrement consacrée aux esclaves nègres dont Carthagène était alors le plus important marché. Il se fit non seulement leur apôtre, mais leur esclave, pendant 38 ans, et mourut le 9 septembre 1654. Pie IX l'a mis au nombre des Bienheureux, le 16 juillet 1850, et N. T. S. Père le Pape LéonXIII l'a canonisé, le 15 janvier 1888. Cf. de Bâcher, I, 1286-7 ; Hamy, 491-510.
Clavius, Christophe, né à Bamberg, en 1538, fut admis dans la Compagnie de Jésus, en 1555. Sans rien retrancher du temps consacré par les religieux de son Ordre à l'élude de la philosophie et des sciences sacrées, il trouva le secret de suivre son goût pour les recherches d'astronomie et de mathématiques. On l'appela l'Euclide de son temps et le P. Everard Mercurian le fit venir à Rome. Vers ce temps, tous les esprits sérieux commencèrent à se préoccuper des erreurs découvertes dans le calendrier de Jules César. La détermination de la fête de Pâques, si l'on n'y portait remède, devait, dans un temps donné, la reculer au solstice d'été, au lieu de la placer, suivant la règle établie par le concile de Nicée, entre la pleine lune et le dernier quartier de mars qui suivent l'équinoxe de printemps. Grégoire XIII résolut d'entreprendre cette réforme (1581) et chargea Clavius, de concert avec Louis Lilio et Pierre Charcon , de la préparer. Le Jésuite fit seul tous les calculs nécessaires en moins d'un an. On retrancha 10 jours au mois d'octobre 1582. L'équinoxe du printemps (1583) se trouva replacée au 21 mars et la fête de Pâques put se célébrer dans les conditions prescrites. En France, le retranchement de 10 jours se fit entre le 10 et le 20 décembre 1582. Les états protestants attendirent plus d'un siècle avant d'adopter la réforme. Seuls, les Russes ont conservé le vieux style, et aujourd'hui ils sont en retard sur nous de 12 jours. Clément VIII donna l'ordre à Clavius de justifier le Saint-Siège et de défendre le calendrier grégorien contre les attaques des protestants. Il le fit avec succès dans son « Romani Calendàrii... Explicatio. Zanelti. Rome, 1695. Fol. » Le P. Clavius mourut à Rome, le 6 février 1612. Cf. Sommervogel, II, 1212-1224; Ilamy, 511-5.
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