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ni le trône, dès qu'on n'a plus respecté les droî t de seigneurie et de vasselage ; pour rétablir V dre, il faut recréer les ordres, et tout ira bien . L'ancien système était clair, vos constitutions sont des énigmes dont la folie est le vrai mot. »
« Monsieur, dit un vieillard qui ne mangeai t que du poisson (car c'était un vendredi), vous ne touchez pas la vraie plaie qui nous ronge; elle remonte plus haut et jusqu'au temps où nos rois , mal conseillés , ont refusé de reconnaître la discipline du concile de Trente* Vous n'aurez pas d'ordre dans le monde tant que le ciel ne gouvernera pas la terre. Rendez le clergé riche et puissant; que les grands, qui font tout trembler, tremblent et s'abaissent devant les ministres du Seigneur; vous verrez bientôt la philosophie se taire, l'injustice se cacher, et la bénédiction céleste répandre la paix et le bonheur sur toutes les nations. »
(( Morbleu! vous vous moquez de nous, s'é* cria un gros officier qui avait un bras en écharpe et une grande cicatrice sur la joue : c'est Tépée à la main que Constantin a planté partout l'étendard de la croix , que Charlemagne l'a enrichie; les nobles sont sortis d'anciens preux ; les savans ne peuvent travailler et les paysans labourer tranquillement qu'à l'ombre de nos glaives. Gagnez , corbleu ! de bonnes batailles ;
prenez de grandes villes, de boiis ports; brûlez des flottes ennemies; payez, honorez, dotez bien les guerriers, le roi sera puissant, l'État respecté ; le clergé chantera de beaux Te Deum dans de belles églises, le commerçant fera de gros profits, et les poètes auront de bonnes pensions. La victoire, voilà le meilleur ministre des finances; le droit canon est le seul droit des gens ; le sabre taille à merveille les plumes des négociateurs; la force, morbleu! la force tranche tous les nœuds gordiens. Un roi toujours absolu , une bonne armée toujours en campa*gne , voilà ce qui fait la gloire et le bonheur d'un pays. »
(c Le capitaine fait son métier, dit en souriant amèrement un homme pâle et sec , il est tranchant comme son épée ; mais il doit savoir qu'on ne gagne pas toujours au jeu, et qu'à force de battre on finit par être battu. On n'a que trop joué la patrie à quitte ou double : nos ennemis sont au dedans et non au dehors ; notre révolution a été une maladie putride ; elle veut des remèdes violens : il faut couper tout ce qui est gangrené. Les lois de Dracon , voilà notre salut; il nous faut des ministres, ardens et purs comme le feu , qui arrêtent, bannissent, ou au moins chassent des emplois toute cette race d'hommes démoralisés qui ont eu des idées