‹ Galerie morale et politique (volume 2)Chapitre 35 sur 46 · LB BANQUET · texte numérisé non relu

LB BANQUET

séditieuses y philosophiques, révolutionnaires , libérales. Ne plaçons que les hommes brûlans de zèle y et qui n'ont rien fait. S'ils ignorent les lois , ils les apprendront; s'ils ne connaissent pas •les afiaires y ils s'y formeront. La génération révolutionnaire criera , souffrira ; qu'importe ? on 4a comprimera : ce n'est point avec des liens de paille -qu'on met en faisceau des barres sortant de la forge y c'est avec un bon lien de fer, et voilà ce qu'il nous faut. »

« Le réquisitoire du préopinant , dit un autre convive dont les ,:geste8 et l'intonation montraient quelque habitude de la tribune, est vrai dans un sens. Il nous faut une force toujours agissante, et qui épure sans cesse; mais entre quelles mains doit être cette force? voilà le point essentiel à décider. Il faut qu'un petit nombre d'hommes zélés épure et administre chaque province , et que leurs délégués , l'oeil toujours ouvM^t, comme Argus, épurent sans cesse les ministres, réforment leurs ordonnances, les forcent à marcher droit, vite et ferme, et nous délivrent totalement des fanatiques de la modération. M

K Eh I de grâce , messieurs , s'écria d'un ton grave un homme qui jusque-là s'était renfermé dans un modeste silence, de grâce, cessez de jeter ainsi de l'huile sur le feu. Vous voulez être

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nos médecins y et vous avez tous le transport au cerveau! Nous sommes sept iei^ nous ne poii-^ vous noua accorder, et vous, voulez que toute la France se range à vos avis, opposés ! Si on vous laissait vous débattre , vous ne vous entendriez jamais y el vous ne bâtiriez qu'une seconde tour de Babel. Vous êtes bien heureux d'avoir un roi sage et éclairé ! laissez-le concilier tous vos systèmes et guérir toutes vos folies : nous avons besoin de repos et non de convulsions. Vous avez une Charte qui est un vrai traité entre toutes vos passions; respectez-la, et cessez de troubler les ministres sensés qui l'exécutent.

» Il faut punir les fautes avenir, oublier les erreurs passées, adoucir les sacrifices, consoler des pertes, rétablir la confiance, offrir à tous espoir et protection.. Cest par la violence qu'on fait les révolutions; on ne les termine que par la modération. »

A ce mot de modération , les six sages , prenant feu comme un hydrophobe à la vue d'un verre d'eau, firent un tel vacarme, que je ne pus plus distinguer aucune parole. Le convive dont la douceur avait excité cette tempête, sortit du festin; je le reconnus et l'appelai : nous avions autrefois servi ensemble; et comme il me trouvait attristé de tout ce que je venais d'entendre : « Rassurez -vous, me dit- il, ces

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hommes passionnés ne sont que la représentation du centième de la France. Les quatrevingt-dix-neuf centièmes de la nation pensée C comme tous et moi ; ils veulent la paix, Toubli, Tunion^ la fusion. Ils aiment le roi^ respectent la Charte et placent leur espoir dans la modéne ) tion du gouvernement. >i

l'école de l'adversité. 559

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