‹ Galerie morale et politiqueChapitre 6 sur 27 · DE LA VÉRITÉ · texte numérisé non relu

DE LA VÉRITÉ

goûts et suivi son imagination pour la peindre ; mais personne encore y Cfue j^ sache y n'a pu*" la dessiner d'après nature.

Je ne serai ni plus heureux ni plus hatdi; car l'apparition dont je me vante a ëtë si courte qu'il ne m'en reste qu'une idée fugitive; il me serait impossible de vous la retracer fidèlement.

Lorsque je me Vante cependant d'avoir aperçu la Vérité y n'allez pas me taxer d'un ridicule orgueil. Ce n'est ni à mes longs travaux, ni à ma sciçnce très-bornée, ni à mes faibles talens que je dois cette singulière rencontre ; elle est l'unique effet du hasard : ce qui doit peu vous étonner , puisque c^est à lui qu'on doit presque toujours les plus heureuses découvertes.

Je réfléchissais précisément alors au malheur que nous éprouvons dans ce monde où nous sommes sans, cesse entourés d'illusions séduisantes et funestes , et dans lequel nous courons constanament après la Vérité sans pouvoir jamais l'atteindre. Si, <de ce 'moment, comme pour me démentir, elle m'est apparue , c'est peut-être par esprit de <x)ntrflldiction : ce qui né me semMcpas tout-à-fait imppobable , puisqu'on la dit du sexe féminin.

a? BB LA yiaiTé.

Iff^s j me (^a*t*oxi , si Yons ne l'avez ja^mfi^ yUjs , k qmh trsgits ^ à quel signe a^eayous pu la reconnaître? Quand il s'agit de la yi^tàté y l69 questions abondent 9 je le sais ; mais |e$ r^mes sont difficiles. Qiiei qp'il en soit, voici b mi^ne*

Ce a'e^ foînt parce qu'dle était demi-nue que j'ai reconnu cette divinité j il m'eût été trop, f a(41fi de jfaire , à cet égards imw lourde méprise ^ e% de la confondre avec nos jolies d|(nseu$($s d^a rO|>éra, ou même avec nos femmes \ 1a ^lod^« €e n'est pas. même à son air y a la fois pi§UK et philosophique , que je l'ai dlstiu^iée ; il y d tant de pédantes et d'hjrpoqdtes, que j'^Arai^ eucore pu m'y mq[>rendr« .

£Ue mie surprit d'ab^ord pap son air calme comme l'innocence > froid comme la raison , grAve commit la philosophie, doux comme la piété, oiodeste connue la tolérance. Nos élégantes Tàurai^al trouvée gaxtche et provinciale ; xi^os exagérés , de toutes les couleurs , la prendraient pour une étrangère , et ne comprendraient rien à ses manières ni à son lan-

D^ns le mom^ent où je la. vis , un colporteur passait prèiï de nous ; il criait et annonçait une de ces feuilles venimeuses , dans les-

DB LA VÉliïTé. i5

^piisUes^ 9o«s l'àppavéticé d'un zèle ardéAt pour la mU^en^ po»rle w>i> pcwir te? €hÀrte, lé sec qgoïssM) l'di^d4 déchu ^ Famlntkm hypocnte, déclarent péfiod^ueitient la France , k ptî|g^«nt comnié un foyer et corruption ^ comme un repaire de brigands y dénigrent nos talensy rabaissent nos exploits^, calomnient nos morars^ client nos piàknes, flétrissent Bos lauriers 5 méditent des tengeances^ prédisent des catastrophes, dénoncent leurs eom* patriotes y iidmirent, implorent les étrangers, et se yanteiit en même temps ^èfare de Tieux, de pmrs et de boni» Français.

A leur nom seul l^indcmnue rougit de honte et de colèpve. Ah ! dit-elle , malgré leur amour pnktndn pour tot^ ce qui est antiqm , je ne reconnais en eux m Yvxhsxiïié fMnçaise , ni la bonhomie gmdùise^ et je ne Tois surtout en eux nmàeJrsÊno*

Ces parokes> prononcées sévèrement, me plurent et m^enhoi^rent. Je Tabordai et tâchai de lui tottmer, artec galanterie , un compUnwnt ; nsais , poussé par ce maudit amom^ pmjaie , qui nous fait faire tant de faux pas , je me vantai malheureusement d'avoir, dans ptosieuETs éciits^, émis une opinion semblalBle à fat sienne contre Fesprit de parti. Je ne tardai

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