‹ Galerie morale et politiqueChapitre 7 sur 27 · BE.M VÉRITÉ · texte numérisé non relu

BE.M VÉRITÉ

point à m'en repentir ; elle rabaissa prompte^r^ ment mqn orgueil y en me faisant remarquer, daqs me$ ouvTSiges^ tant de dej^auts, de neglîgepçes et d'erreuj^ , ique je demeurai coujfopdu ; nies yeux se dessillèrent > et je reconnus enfin la f^érUé. ,

dépendit ^ comme sa lumière me blessait lin peu, je fis ce que nous faisons toujours en pareil cas , et j'osai me venger de ses utiles leçons p^r d'injustes reproches.

Déesse , lui dis-je , il faut convenir que vous êtes une étrange personne ! Vous êtes destinée à gouverner le monde y et vous 'y laissez presque toujours régner l'erreur; vos principes cèdent la victoire aux passions;' nous vous appelons à notre secours , et vous nous fuyez. Partout le mensonge prend imp'un ément vôtre apparence et votre rôle. Vous deviez éclairer la terre, et vous vous cachez dans un trou; pour^quoi semblez-vous redouter ainsi vos adversaires? Ils ne pourraient soutenir vos regards : croyez-rmoi, quittez votre solitude ; jamais ermite ne fut util^ à personne. Venez , montrez-vous à vos ennemis ; ils seront ^ à l'instant , éblouis, terrassés et vaincus.

Insensé , me répondit-elle y tu te crois plus çlfiirypyant que les autres, et tu es aveugle

comme eiu^. Les b(MKunes sont tous <fes ingrats ; ils se {^Uugnentsans cesse de mon absence^ et je ne les quitte pas uq mcnnent ; ils ressemblent à des fous qui fermeraient leurs vqlets, et soutiendraient ensuite que le soleil a cessé d'éclairer la terre. Je Jeui? ai dit autre-' fois avjec raison qp!ils ont tous desjreux pour* ne point voir, ^t des oreilles pourne point en-: tendre.

Vos passions sont hors et autour de vous, moi y je suis et reste dedans; Terreur assiège vos sens^ moi^ je m'adresse à votre àme. Ce i^'est pas au loin et dans une solitude que vous devez me chercher; vous me trouverez au fond de votre cœur, au sein de votre, conscience. Repassez de honpe foi votre vie, vous verrez que vous n'avez jamais rien fait de bien sans mon avis, et rien de mal. qu'en né-, gligeant mes conseils.

Je me mcmtre aux princes dans tous les ta-, bleâux de l'histoire; je leur prouve que tout> pouvoir qui veut se mettre au-dessus de la jus-, tice et des lois, est d'autant plus incertain, d'autant plus chancelant, qu'il parait absolu. C'est un colosse sans base ; sa force apparente fait son danger; il ne peut se soutenir que par la crainte, et tout ce qui se fait craindre

a& bb LÀ véhitA.

treini)l>e. Le réaà des^ règnes despotiques n'est quJune langue suite ée massacres > de pi*o8criptioiïSy de dmteB et 4e rëvohitâons.

Je répète à ces princes qu'où les trompe en leur faisant rogarde^ comme un appui une otigarchîe qui les a si long-lemp& rivàRsës y oombattus ^ qu'ils ont eu tant de peine à soumettre ^ et qui ^- en les entourant d- hommages , de délations et de flatterie , n'a qu'un Seul objet , le partage de leur nchesse et de leur pouvoir*

On ne les é^ve pas moins en leur présentant ^ comme écueil^ le peuple^ dont le seul intérêt est de se voir gouverné par la justice , et non paar la feveur et par le caprice.

La liberté , d&tA (m fait im épouvftntàil aux monâpqueB ^peutsesîe cependant leur dofinèr^ ainsi qa'^ leurs sujets, bonheur et sécufrté. Je leur en fais voir l'exemple dans une ile voi'sine : les droits àe tous les hommes y sont sacrés; hi liberté y règne ; elle j environne le trône du ^os moiAe édat, et en éteigne con^ stamment les orages qui n'y menacent jamais que le» ministres.

Je ne paariie pas ttioins^ hautement aux hommes religieux : je dis aux prêtres que les temps d'ignorance, de superstition , de fan»-

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