‹ Galerie moraleChapitre 25 sur 59 · L ESPRIT DE PARTI · texte numérisé non relu

L ESPRIT DE PARTI

ces; le jeune officier meurt, et le docteur n'en est pas moins le médecin à la mode.

Il faut convenir cependant que la mode n'a pas été toujours et partout extravagante. A Sparte elle fut soumise, pendant trois siècles, à la raison et à la vertu.

A Sybaris on aimait tant le repos, on craignait à tel point les innovations et les orages qu'elles produisent, que, suivant une vieille coutume, tout homme qui voulait proposer une nouvelle loi devait se présenter la corde au cou ; et, si la loi n'était pas jugée assez nécessaire pour qu'on l'adoptât, il était pendu.

Plutarque rapporte un fait attesté par Xénophon : il dit que, dans une ville de Syrie, la mode de la constance s'était tellement établie, que pendant l'espace de sept ans aucune femme ne se rendit coupable d'infidélité.

Malgré mon respect pour Tauteur grec, je ne croirai à son anecdocte que lorsque j'aurai vu une semblable mode s'établir seulement pour six mois à Paris. Au reste, il ne faut désespérer de rien; peut-être verrons- nous un jour la sagesse, la modestie, l'indulgence, la raison et la fidélité à la mode ; tout dépend des dames; nous sommes toujours ce qu'elles veulent que nous soyons, et c'est avec raison que M. de Guibert a dit :

Les hommes font les lois, les femmes font les moeurs.

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