MADRIGAL
Les combats que j’ai faits en File dangereuse,
Quand de tant de guerriers je demeurai vainqueur Suivis d’une épreuve amoureuse ,
Ont signalé ma force aussi bien que mon cœur.
La vigueur qui fait mon estime ,
Soit qu’elle embrasse un parti légitime ,
Ou qu’elle vienne à s’échapper,
Fait dire , pour ma gloire , aux deux bouts de la terre ,
Qu’on n’en voit point en toute guerre Ni plus souvent, ni mieux frapper.
Pour Le Même.
Seul contre dix guerriers, seul contre dix pucelles,
C’est avoir sur les bras dix étranges querelles.
Qui sort, à son honneur, de ce double combat .
Doit être, ce me semble, un terrible soldat.
Huit trompettes et deux lymbaliers vêtus comme les premiers marchaient après le maréchal de camp. Le roi, re-
présentant Roger, suivait montant un des plus beaux chevaux du monde, dont le harnois couleur de feu éclatait d’or, d’argent et de pierreries. Sa majesté était armée à la façon des Grecs comme ceux des quadrilles, et portait une cuirasse de lames d’argent couverte d’une riche broderie d’or et de diamants. Son port et toute son action étaient dignes de son rang. Son casque, tout couvert de plumes couleur de feu, avait une grâce incomparable, et jamais un air plus libre et plus guerrier n’avait mis un mortel plus au-dessus des hommes.