‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 2)Chapitre 116 sur 141 · COMBAT DE SOMO-SIERRA (ESPAGNE).— 30 NOVEMBRE 180S · texte numérisé non relu

COMBAT DE SOMO-SIERRA (ESPAGNE).— 30 NOVEMBRE 180S

At40K et Hipr. Lsconti (d'apèi H. Vkmit)* — i&SS.

Uarrivée du vieux roi Charles IV à Rayonne suivit de quelques jours celle de son fils (3o avril 1 808). Dès lors Napoléon démasqua ses plans et s*achemina ouvertement

à !a conquête de TEspagne, qu'il pn parait sous main depuis plusieurs mois. Un traité secret, conclu le 2 7 octobre 1 S07 entre la cour de Madhd et le cabinet impérial des Tuileries, avait permis â quarante mille Français de traverser la péninsule pour aller attaquer la puisî-aiice an- ^aise à Gibraltar et en Portugal. Sous ce prétexte Pampelune , Barcelone, Figuières , Saint-Sébastien avaient été occupés, et les avant-postes de Murât poussés jusqu*& cinquante lieues de Madrtd , h l'cxtrcmité de la Vieille- Castilie. Tout était donc prêt pour l'invasion , loreque les deux abdications imposées à Charles IV et à son fib vinrent lui prêter une apparence de légitimité. ««Tai vu vos maux , je vais y porter remède, s'écriait Napoléon dans son manifeste adressé à la nation espagnole ; votie grandeur, votre puissance , fait partie de la mienne. Vos princes m'ont cédé leurs droits à la couronne des Es*

pagnes soyez pleins d*espérancc (a 4 mai 1808). v

Mais i Espagne reftisa d'enl< lulre ces décevantes promesses i le jour de ia féte de saint Ferdinand fut le si-

gnal (fune vaste insuiTection sur divers points de la péninsule. Le marquis de la Romana ramena au sein de

sa patrie toute une ai iiit e espagnole exilée sur les rives de la Baltique; une armée anglaise débarqua en Portugal ; enfin la malheureuse capitulation de fiaylen vint interrompre par un revers la longue suite de victoires qui depuis huit ans avaient partout accompagné les armes françaises* Napoléon s aperçut alors que la possession de l'Espagne ne pouvait être l'effet d'une surprise, et que pour rétablir à Madrid son frère Joseph , qui n^avait pu y régner que huit jours , il fallait tout feflbrt, tout le déploiement de puissance avec lequel on lait les grandes conquêtes*

«n fiit contraint, dit le maréchal Suchet dans ses

Mciiioires, de détacher de la ç^rande anuLe, qui était en Prusse et en Pologne, une partie de ses vieilles bandes. Lui-même, avec la garde impériale, vint se mettre, au mois de novembre, à la tête des forces quil avait raa> semblées sur le haut Ebre. d

Le 1 2 ii avait son quartier génénd à Burgos, et marchait sur la capitale de i'Ëspagne.

On lit dans le treiadème Bulletin :

« Le 2 9 le quartier généi-ai de i empereur a été porté au village de Bozeguiiias.

« Le 5o , à la pointe du jour, le duc de Bellune s*est présenté au pied du Somo-Sierra. Une division de trrâe mille hunimes de l'année de réserve espagnole défendait le passage de cette montagne. L ennemi se croyait inexpugnable dans cette positbn. B avait retranché le

col que les Eispaguoi:» appellent Paerio, et y avait placé seize pièces de canon. Le neuvième d'inâuiterie i^re couronna k droite , le qualre-vingtseizième marina sor

la chaussée , et le vingt-quatrième suivit k mi-côte les hauteui's de gauche. Le général Senarmont, avec six pièces d'artillerie, avança par la chaussée.

« La fusillade et la canonnade 8*engagèrent. Une charge que fit le général Monthrun , à la tête des chevau- légers polonais, décida l'affaire, charge hrillante s'il en fut , où ce régiment s'est couvert de gloire, et a montré qu'il était digne de fiiire partie de la garde impériale. Canons, drapeaux, fusils, soldats, tout fut enlevé, coupé ou pris, huit chcvau -légers polonaLs ont été tués sur les pièces, et seize oui été blessés; parmi ces derniers le capitaine Drievanoski a été si grièvement blessé, qu'il est presque sans espérance. Le major Ségur, maréchal des logis de la majhon de l'empereur, chargeani parmi les Polonais, a reçu plusieurs blessm es dont une assez grave. Le:> seize pièces de canon, dix drapeaux, une trentaine de caissons, deux cents chariots de toute espèce de bagages, les caisses des régiments, sont les fruits de cette brillante affaire ^»

DCCCCXCV.

NAPOLÉON PRESCRIT AUX DÉPUTÉS DE LA VILLE DE MA- DRID DE LUI APPORTER LA SOUMISSION DU PEUPLE. 3 DÉCEMBRE 1808.

Carlv Vumvt. iSio.

' Treizième Bulletin de rarmée d'Espagne.

DCCCCXCVL

NAPOLEON PRESCRIT A[ X DÉPUTÉS DE LA VILLE DE MA- DRID DE LUI APPORTER Lk SOUMISSION DU PEUPLE.

ÀquarcUe par Gadtub.

«Le 1* décembre le (juartior gén^Tal de l'empereor était à Saint- Augustio, et le 2 le duc distrie, avec la cavalerie, est venu couronner iés hauteurs de Madrid. Le s , à midi, sa majesté arriva de sa personne. Le maréchal duc d'Istrie envoya sommer la ville, ou m utait for mée une junte militaire.

« Prendre Madrid d'assaut pouvait être une opération militaire de peu de difficulté; mais amener cette grande ville à se soumettre en employant tour à tour la forée et la persuasion, et en arrachant les propriétaires et les véritables hommes de bien à l'oppression sous laquelle ils gémissaient, c*est là ce qui était difficile. Tous les efforts de l'empereur dans ces deux journées n'eurent pas d'autre but.

« Dans la journée du 2 décembre l'empereur ordonna au général de brigade Maison de s'emparer des faubourgs , et chargea le générsd de division Launston de protéger cette occupation par le feu de quatre pièces d'artillerie de ia garde. Les voltigeurs du seizième régiment s'emparèrent des maisons et notamment d'un, grand cimetière... » Les attaques furent conduites avec la plus grande activité.

Dans ia matinée du 3 le palais du Retiro, les postes

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importaiils dt l'observatoire, de la maiiuiaciui'c de porcelaine, de la grande caserne, de i'hôtrl de Médina- Geli, et tout débouchés qui avaient été mis en état de défense étaient emportés par les troupes françaises.

oOn se serait liement peint le désordre qui régnait dans Afadrid, ajoute le Bulletin, si un grand nombre de prisonniers» arrivant successivement, n'avaient rendu compte des scènes épouvantables et de tout genre dont cette capitale offrait le spectacle.

ttA cinq heur<^<^ \c g(!>néral Morla, Tun des membres de la junte militaire, et don Bernardo Yriarte, envoyé de la ville, se rendirent dans la tente de S. A. S. le major gciM'i al , et domaiulcrcnt la jouriicc du a j)oiir faire entendre raison au peuple. Le prince major général les présenta à S. M. l'empereur et roi, qui, à la fin de son allocution , leur dit : « Retournes à Madrid; jevous donne « jusquà demain six heures du maUii. Revenez alors, si «vous n'avez à me parier du peuple que pour m'apa prendre qu'il s'est soumis; sinon, vous et vos troupes, a vous seret touâ passés par les armes ^ n

DCCGCXCVII.

CAPrrUUTION de MADRID. — 4 DÉCEMBRE 1908.

G»0«. « iSio.

a Le 4 1 à six beures du matin , rapporte le qoafeortiàme Bidletin de Tannée d'Espagne , le général Moria et le

* Trôiième et quâlomème finlletin de l'année d'Esptga*.

geueral don Fernando de la Vera, gouverneur de la ville, 86 présentèrent à la tente du prince major général. Les discours de rempereur, répétés au ndlieu des notables, la certitude qu*îl commandait en personne, les pertes éprouvées pendant iajoui nre pn'crdonle avaient porté le repentir eti» ten'eur dans tous ies esprits. Pendant la nuit ies plus mutins s'étaient soustraits au danger par la fuite, et une partie des troupes s'étaient débandées.

«A dix heures général Beiiiard prit le commandement de Madrid; tous les postes furent remis aux Français, et un pardon général fiit proclamé.

DCCCCXCVIII.

COMBAT DU BFUCK DE GUERRE LE CYGNE CONTHi: UNE DIVISION NAVALE ANGLAISE. — 12 DÉCëMARë 1808.

GooiR.

Le brick de guerre le Cygne, armé de quatorze caronades de vingt-quatre et deux canons de huit, et commande [)arle lieutenant de vaisseau Menouvrier-Defresne, lut expédié de Cherbourg le i o novembre 1 8o8 , avec un cfaai^ment de farine et autres subsistances destinées au ravitaillement des troupes formant la garnison de la Martinique. A l'atterrage de cette île le Cygne soutint un brillant combat, dont le récit, qu on va lii'e, est extrait du rapport adressé par le ministre de la marine k f empereur.

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