‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 2)Chapitre 50 sur 141 · PASSAGE DU GRAND SAINT-BERNARD · texte numérisé non relu

PASSAGE DU GRAND SAINT-BERNARD

Aquarelle pir B«6tTTi.

«Le 7 janvier i8oo i - nivôse an vni) un arrêté

des consuls ordonna la (ormatioii d'une ai mée de réserve. Un appel fut tait à tous les anciens soldats pour venir servir ia patrie sous les ordres du premier con-

' Pirris du n nit fiients miittanei , pnr le gênerai MulliKu Dumas, t. III, p. 93, 107 et loë.

soi. Une levée de troû cent mille conscritii fot ordonnée pour recruter cette arm/'e. Le général Berthier, ministre de la guerre , partit de Paris le a avril pour la commander, car les principes de la constitution de ran vui ne permettaient pas au premier consul d'en prendre lui-même le commandement. La magistrature comuiaire étant essentiellement civile , le principe de la division des pouvoirs et de la responsabilité des ministres ne voulait pas que le premier magistrat de la république commandât immédiatement en chef nne armée, mais aucime disposition, comme aucun principe, ne s'opposait à ce qu'il y fût présent. Dans le fait , le premier consul commanda l'armée de réserve, et Ber» tfaier, son major général , eat le titre de général en chef.

u Le 1 3 mai le premier consul passa à Lausanne la revue de la véritable avant-garde de iarmée de réserve; c'était le général Lannes qui la commandait : elle était composée de six vieux régiments d*élite par&itement habillés, éqiiipL:^ v.l munis de tout. Klle se dirif^ca aussitôt sur Saint-Pierre pour traverser le mont Saint-Bernard i les divisions suivaient en échdons : cela formait une armée de trente^ mille combattants, en qui l'on pouvait avoir confiance ; elle avait un parc de quarante bouches à feu.

« Le passage prompt de l'artillerie paraissait une chose impossible. On s'était pourvu d'un grand nombre de mulets; on avait fabriqué une grande quantité de petites caisses pour contenir les cartouches d infanterie et les

munitions des pièces. Ces caisses devaient être portées par les mulets, ainsi que des lurges de campagno, de sorte que la diiEcult(^ v('c\\p \ vaincre était le transport despièees. Mais on avait préparé k l'avance une centaine de troncs d'arbres « crmisés de manière ù |)ouvoir recevoir les pièces, qui y étaient fixées par les touriHoiih, a chaque bouche h leu ainsi disposée cent soldats devaient 8*atteler; les affûts devaient être démontés et portés k dos de mulets. Toutes ces dispositions se firent avec tant d'intelligence par leî> généraux d*artiUerie Gassendi et Mai niout , que la marche de l ai lilltrie ne causa aucun retard : les troupes mêmes se piquèrent d'honneur de ne point laisser leur artillerie en arrière , et se chargèrent de la traîner. Pendant toute la durée du passage, la musique des régiments se faisait entendre; ce n l iait que dans les pas diihciies que ic pas de charge donnait une nouvelle vigueur aux soldats. Une division entière aima mieux, pour attendre son artillerie» bivouaquer sur le sommet de la montagne , au milieu de la neige et d'un froid excessif , que de descendre dans la plaine, quoiqu'elle en eût eu le temps avant la nuit. Deux demicompagnies d'ouvriers d'artillerie avaient été établies dans les villages de Saint-Pierre et de Saint-Remi, avec quelques forges de campagne, pour 1» nK iiiage et le remontage de diverses voitures d'aitiiieric. On parvint à passer une centaine de caissons ^ »

' Mémoires de Nupoléon éents àHaink-Iletenr. t. Yl, |>. 3o3-ao 4.

DCCXCVII.

Uî, PR£M1£A COjiSUL PASSE LES ALPES. — SO MAI ISOO.

David. — i8o5.

A Le 1 6 mai le premier consid alla coucher au couvent de Saint-Maurice, et toute l'armée passa le Saint- Bernard les 17, 18, 19 et a o mai. Le premier consul le passa luirmême le 30 »

DCCXCVIIL

LE PREMIER CONSUL VISITE L*HOPITAL PU MONT SAINT-BBRNARB. — 20 MAI 1800.

« Sur un espace de six milles, de Saint-Pierre au sommet du Saint-Bernard , l'étroit sentier qui borde le torrent» sans cesse détourné par des rochers entassés, toujours roide et souvent périlleux, est encombré de neiges et de glaces; à peine est -il Irayé, que la mnindi e tourmente, agitant les Ilots de nouvelle neige dans ces déserts aériens, efface toutes les traces, et <pi*il faut cher* cher des points indicateurs dans ce chaos de masses uniformes , où la nature presque inanimée n oflre plus de végétation.

« C'est là que, gravissant péniblement, n'osant prendre le temps de respirer, parce que la colonne eût été arrêtée, près de succomber sous le poids de leur bagage et

' Mémmn* é* Nt^tUêom écrih à SaiaU-Hélènf » i, Vi, p. soi.

de leurs annes, les soldats s'eicitaient les uns les autres par des chants guerriers et faisaient battre la charge*

«Après six heures de marche, ou plutôt d'efiforts et de travail continus, la première avant-garde arriva à rhospîco fameux dont la fondation immortalise Bernard Menthon , et rend depuis hnit siècles son nom cheraux amis de Thumanité. Toutes les troupes des divisions qui se succédaient, rivalisant avec celles qui los avaient précédées, reçurent des mains de ces religieux , victimes volontaires dévouées aux rigueurs de la pénitence et d*un étemel hiver, les secours qu*ils vont au loin recueillir de la charité des fidèles» et que leur vigilante charité prodigue aux voyageurs.

« Plus heureux qu'Annibai , Bonaparte ne rencontra pas de hordes sauvages sur ces cimes glacées, mais de pieux cénobites dont â récompensa le généreux empressèment'. »

DCCXCIX.

LàSMÈR FBANÇAISE DESCEND LE MONT SAINT-BERNARD. ^

Taobat. — 1809.

« Après cette balte , avec une nouvelle ardeur et non moins de fiitigues, mais avec encore plus de danger, la colonne se précipita sur les pentes rapides du côté du

Piémont. Selon les sinuosités et les diverses expositions, les neiges commençaient à fondre, se crevassaient en

> PvieiM dês MtmmmSâ mùMnt, ftse le général Matbien Damas, t. III,

s'affaissant, et le moiiuii e faux pas entraînait et faisait disparaître dans les précipices, dans des gou£Bres de^ neige, les hommes et les chevaux'. »

DCCG.

L*ARMÉB FRANÇAISE S'EMPARE DU DÉFILÉ FORTIFIÉ DE LA CLUSE. ^21 MAI 1800.

AbAvs et VicTOB Adm. — i8$6.

DCCCI.

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