IV. lO
U6 GALERIES illSTORI<}UES
« me» compagnons d'armes. Songez que je marche aooom'
« pagné du dieu de la Ibi tune et du dieu de la guorrc. »
« Bonaparte desrendit de la salle et se rendit à celle des Cin^Cents. A peine avait-il franchi la porte que les
cris de han la bil st font entendre Vainement ii
tâche de prendre la parole, il ne peut y parvenir; ses plus ardents ennemis, au nonibie tk^quels on distingue Arena et Destrem, s'avancent contre lui, armés de poignards.
<t Les grenadiers qu'il avait laissé & la porte accou*
rent, repousi^euL les députés, et le saisissent au milieu du t:orps »
Pendant qu'il monte à cheval et se rend auprès de ses troupes, Torage continue de plus en plus violent dans rassemblée. Le cri de hors ht loi! se fidt partout
entendre : on v( tit forror Lucien 1 ionupiule, président de l'asseniblec , h prononcer ce terrible décret contre son frère. C'était le moment de prendre un parti : six grenadiers sont envoyés dans la salle pour arracher Lucien aux violences qui le menacent. Celui-ci monte h cheval avec son &ère , et haranguant les troupes : u Le «conseil des Cinq-Cents est dissous, leur ditil, c'est moi «qui vous le déclare. Des assassins ont envahi k sdie « des séances, et ont lait violence à la majorité; je vous «soiiaiic de iiiaiclicr puui la délivrer.» Lucien jure ensuite que lui et son frère seront les défenseurs fidèles de la liberté. Murât et Lederc ébranlent alors un ba> taillon de grenadiers, et le conduisent & la porte des
^ Jlilloîiv dei guerres de la révolti^H , par Jomini , t. XII , p. 4o6.
Cinq-Cents. Ils s'avancent jusqu â i'entr^ clf» îa salle. A la vue des baiounettcs, les députés poussent des cris affireux, comme ib ayaient bât à la vue de Bonaparte i mai» un roulement de tambours couvre leurs cris. Grenoétun, en a»ant! s*écrient les oflïcîm. !>9 grenadiers entrent dans la salle et dispersr ni les d« [)ntés, qiii s enfuient les uns par les couloirs, les autres par les fenêtres ^»
Le gouyemement ne tarda pas à être reconstitué sur
de nouvelles bases, f^e consulat remplaça le directoire. Le générai Bonaparte lut re( onnu premier consul de la r^ublique française, Cambacérès, second, et Lebrun, troisième consul. Les conseils des Anciens et des dn^ Cents furent remplacés par un sénat conservateur, un tribu nat et un corps légi.slatif : le sénat de quatre-vingts menibres, le tiibunat de cent , et le corps législatif de trois cents.
DCCLXXXIX.
PlUSE DK VIVE FOKCK DïS HAUTfcl>hS A LEST DE GKNES. — 30 AVRIL 1800.
AtpitnVc pw Btcnn.
Le vainqueur de Zurich avait été désigné par le premier consid pour aller en Jlalie prendre le comniandement de rarnicc qui disputait aux Autrichiens les faibles restes de la domination française dans cette belle contrée. Mâss commandait Tarmée impériale. Masséna, ne
* Hiitoirt iU la rèvoiuUon Jran^msc, par M. Thiers, t. X, p, 474-48 1.
pouvant tenir la campagne devant des forces supérieures, a\;iit rte roiitruiiit tic se retirer dajis les murs de Gènes , <« où , dit Joinini , les débris de Tarmée d'Italie , exténués de misère et de fatigues , allaient subir, dans les angoisses de la famine, les dernières épreuves du courage et du patriotisme, n
Mdas, posté sur la ri\itro de Gênes, avait laissé le général Ott devant la plaee pour en former Tiin estissement, pendant que f amiral Keith la bloquait du côté de la mer. Une attaque générale lut combinée entre les Autrichiens et la flotte anglaise.
Les Auti icbicns leussiientd îibord h se l endre maîtres du poste des Trois-Frères et de celui de Quezzi; ils avaient fait eà même temps occuper Saint-Pierre-d'Arêne : le fort du Diamant était cerné et f ennemi desceiul ni le Bisagno. On se battit p.u tout avec un acharnement sans égal. Le fort de Quezzi lut attaqué à deux reprises. « Les Autrichiens soutinrent de pied ferme cette seconde attaque; on s*y mêla au point de ne pouvoir plus se servir des armes h feu. Masséna chargea luimême avec les dernières compagnies de sa léserve : il se jeta dans la mêlée avec ses oiliciers au moment où f on ne combattait {dus qu'à coups de crosse et à coups de pierre. Les Autrichiens furent forcés d'abandonner la position. Le générai Mioilis, qui avait aussi eniuuré et traversé leur ligne, lit sa jonction en avant du fort de Queisi; et, secondé par une sortie de ia garnison du fort Richelieu, il poursuivit son avantage, enleva les deux dernières redoutes du Monte-Ratti, et fit mettre
bas les aunes <^ un bataillon qui se trouva enveloppé du coté du nord ^ »
DCCXC.
DÉFENSE DU FORT DE LÉPERON ET DES HAUTEURS AU NORD DE GÉNE8. — SO AVRIL 1800.
AquBfdle pat BAomi.
Pendant que le général Masséna dirigeait les attaques rontre le fort do Quezzi, le gc^'urrai Suiill se préparait à reprendre la position des Trois-Frères. uli s était rendu au fort de TJ^eron, d'où il observait attentivement rissue de l'action principale dans la rivière du Levant. Vers les cinq heures du soir, voyant que les Autrichiens étaient repousses sui toute la ligne, et ramenés jusqu'à leurs nnrionnrs positions, il saisit cet instant et fit attaquer les Trois-Frères par le général Spital, avec la cent-sixième demi-brigade. L*ardettr des soldats s'était accrue par rrxemple de la première division ; la résistauc^c fut vigoureuse, mais les Autrichiens ne purent soutenir un cboc si violent. »
Le combat fiit sanglant ; « Tavantage de la journée resta aux Français; elle coûta pîus de quatre mille hommes aux Autricl lions. Ils avaient d'abord attaqué et enlevé tous les postes avec un tel élan , qu'ils avaient tout entraîné ; ils ne s*attendaient pas à être attaqués è leur tour et sur-le«hamp avec tant de fureur. Ainsi faillit cette
' Pr€c'i$ lies épèaementi mi/ilaim. par )c général Mathieu Damas, t. III, p. 337.
grande entreprise, ie projet audacieux de prendre Gènes comme les Russes avaient autrefois pris IsmaîJow ^ «
DCCXCL
REVUE DU PREMIER CON^iLL BONAPARTE DANS LA COUR DES TUILERIES. — 1800.
Alaoz et LtsTAM. — iS3S,
«^événement inattendu qui venait de changer le sort de la France en replaçant l'intérêt du gouvernement dans fintérêt de Tétat occupait TEurope et tenait
les esprits en suspens ; on espérait qu*& la fin de cette cuiiipagne la force des choses amènerait les deux pai lis à des ouvertures.
' t Bonaparte , qui fixait tous les regards, saisit l'avantage de cette tendance commune , et s*empres9a de se
rendre 1 oi ^^ane de l'opinion et du vœu général pour la paix. Accoutume à se prendi'e dès fabord aux dei^nières difficultés* il écarta les formes, néj^ig^ les convenances d*usage, et proposa directement, et par une lettre publique, au roi d*Anf|^eterre de traiter de )a paix »
Le cabinet anglais refusa la paix; mais la déniarcho du premier consul avait sulli pour rendre la guerre populaire en France, Uempereur Paul venait d'ailleurs de se retirer de la coalition, et la république française n'avait plus conLie elle que 1 Angleterre et la maison
■ Prieii ivimme^ mUHnm, pir le général Malbicu Damm, t. m, p. s37-t39.
d'Autriche. La nation, fatiguée du long règne de Tanar^ diie. et respirant à Tombre d*un gouvernement réparateur, se porta avec ardeur vers l'idée d'un grand et dernier effort qui terminât par de nouveaux triomphes sa longue lutte avec l'Europe. Venger le nom finançais humilié par une suite honteuse de débites était le seul vif sentiment qui régnât alors, la seule trace de fezaltatiou républicaine. Aussi ce fut un cfiij>ressement universel lorsque retentii^ent dans les villes et dans les campagnes le bruit du tambour et ia voix du premier consul appelant sous les drapeaux jeunes et vieux soldats, pour relever l'honneur de la France et conquérir une paix glorieuse.
uTout reprit en Finance un air de guerre, continue fhistorien que nous citions tout à fheure; un meilleur ton militaire, le luxe même dans les camps, les grands
spectacles, les revues de parade réveiUcrcnt le goût des armes dans presque toutes les classes de la nation »
Le premier consul passait d'ordinaire ses revues particulières ou parades dans la cour des Tuileries. Là les officiers lui étaient présentés, il voyait les ti'oupes, leur rappelait ieuis victoires, leui' en promettait de nouvelles, et ne négligeait aucun moyen pour enflammer fioiagination du soldat.
' Piéeu dtt éviMmeaU miUiaireê, par le générai Mathieu Dumas , t. III , P*7-
DCCXCII.
œMDAT DE STCX^KACH (DUCHÉ DE BADE). — 5 MAI 1800.
PaïuFPortAtrt.
Pendant qnp le premier consul se disposait dans le pius profond secret k porter la gueire en Italie, il cherchait à attirer 1 attention de la cour de Vienne sur les bords du Rhin.
« Les rapports sur la force toujours croissante de 1* armée du général Moroan révrilh ront le conseil aulique: l'ordre d'ouvrir la campagne fut expédié vers le 1 5 avril au générai Kray , à peu près en même temps que le général Moreau reçut du gouvernement consulaire celui de passer le Hlîin. »
L'armée française traverse le fleuve \o a 5 avril sur trois points. Le général Lecourbe, à l'aile droite, s'était transporté, suivant les ordres qu'il avait reçus, vers Stein, entre Constance et Schaflhouse, oii il passa le Rhin h son tour le niai, après que l'aile gauche de l'armée, le centre et ia réserve eurent a( h< vé leur mou* vement. Par cette manoeuvre le général Moreau, prétenant Tennemi, gagnait deux jours de marche, et, étant parvenu à diviser la ligne du général Kray , pendant qu'il était occupé à rallier ses troupes il le fit attaquer à Stockach.
«Le 3 mai, à sept heures du matin , le général Le^ courbe mit ses colonnes en mouvement, et manœuvra
pour envelopper la position de Stocicach. Le corps qui
la défendait, sous les ordres du prince de Vaudremont« était fort d'environ douze mille hommes; tous les détachements qui observaient le Rhin entre Constance et Schafibouse s*y étaient ralliés « et le général Kray, dès qu*il avait vu ce point important menacé par le corps (lu i LccQurbc, s'était pressé d'y jeter un gios corps de cavalerie et beaucoup d'artillerie.
« L'attaque commença au débouché des bob près de Steiflingen , Wabiwîes et Bodman , où le prince de Vau* dremont avait porté son avant-garde; elle fut promptement rejetée sur la ligne de bataille formée en avant de Stockach, et couverte par un déploiement de cavalerie, que le général Nansouty, par ime charge des plus hardies, à la tête de la réserve, força bientôt k se replier.
« Le combat s'engagea de touti ,^ parts; Tinfariterie autrichienne , soutenue par une artillerie nombreuse et . bien servie, tint fenne jusqu'au moment où le succès de rbabile manceuvre et des attaques réitérées du général Molilor sur le flâne gauche de ia position permit au général Vandamme de la déborder et de menacer le point de retraite; alors la ligne autrichienne s'ébranla; le général Montrichard saisit ce moment, aborda et lit plier le centre ; la cavalerie française entra dans la ville de Storkaclî pèie-mêle avec feniicmi, la traversa et gagna les hauteurs. Enfoncé de toutes parts et séparé du reste de iarmée par la colonne d'in&nterie française qui s'était portée sur Aach , et de là sur Indelwangen , le prince de Vaudremont, qui ne pouvait plus rejoindre le général
Kray, le retira précipitainmeiit sur Moeskirch et PMlendorf . iâiasRnt entre les mains des Français de trois à
quatre mille prisonniers , quelques pièces de canon et des magasins considérables ' . »
DCCXCIII.
L*ARMÉE FRANÇAISB, AU 60UBG SAINT-PIERBE. THAVERSE LB GRAND SAINT-BERNARD. — SO MAI 1800.
TiÉTUia. — iSo6.
DCCXCIV.