ENTRÉE DE BONAPARTE. PREMIER CONSDL, A ANVERS
Id JUILLET 1803.
V*a Bréi. — 1807.
On Ut dans le Moniteur du 6 messidor an xi (2 5 juin i8o3) : «Le premier consul est parti aujourd'hui pour les départements du nord; il arrivera samedi soii^ (a 5 j uin
1 8o3) à Amiens, n
Le général Bonaparte se rendit ensuite à Abbeville, Boulogne, Dunkerque et Lille, où il séjourna qudques joiurs; fl se dirigea ensuite sur Gand, et il arriva à Anvers le 1 8 juiïlet, k cinq heures du soir; il était accompagné de M"' BonapnrtP. Le g(''n(^ral Bonaparte fut reçu dans le port à son débarquement par toutes les autorités : le général Paradis, commandant de la ville d'Anvers; M. d'Herbouville, préfet du département, ainsi que
* Fidoim el confies de* Franfuis, t. XVI , p. i-6.
les conseillers de préfecture, M. Wereiibrouck , maiie de la ville, avec tous les membres du corps municipal, les présidents et juges des tribunaux.
Le premier consul et M"^ Bonaparte, accompagnée de M*"" de Talhouet et de Rémusat, étaient dans un canot avec i'amiiai Decrès, ministre de la marine, le général Duroc, M. Mai^et, secrétaire d'état, et le préfet du palais SalnAatoris. Dans le même canot, dirigé par le capitaine Hourt, se trouvait aussi le mameluk
Koustaii.
M. de Tallcyrand, ministre des alTaires étrangères, M. Chaptal , ministre de l'intérieur, les généraux Cauiaincourt , Savary, Lauriston et le cdond Lebrun, aides de
camp du premier consul; le général Soult, colonel gc néraî de la garde; le conseiller d'état Forfait, les généraux Beliiard et de Riiiy débarquèrent avant le premier oonsvd.
Les chasseurs à cheval , commandés alors par Eugène
Beauharnais, formaient 1 escorte; ils passèrent le fleuve dans plusieurs canots.
DCCCLVIL
LA FRÉGATE FRANÇAISE Ï.A POUKSUIVANTE. COMMANI^E PAR LE CHEF DE L>iMi)IO-\ WILLALMEZ , EOUCE L'Ei\- TBÉE DU PERTUIS D'ANTIOCIIE QUE LUI DISPUTAIT UN VAISSEAU DE UGNB ANGLAIS. — S MAI 1804.
Goow.
Un an après le combat qu il avait soutenu avec la frégate la Ihmnmvante contre le vaisseau anglais de
GALLmES HISTORIQUES
soiiante et quatone canons VHercale , ie chef de division W iilaumcz i'amenait cette même ir^ate d'Amérique en France.
Arrivé dans le golfe de Gascogne , la position des croisières an^^aises ne lui permettant pas de &ire route poui un de nos ti'ois grands })orli» inilitaiies de l'Océan, il prit ie parti de cherclier un rciuge momcniaiié dans la Gironde. Le ministie, instruit de sa rentrée, lui ayant &it connaître combien fl importait qu'il oondoislt le plus promptement possible la Poarsaivante h Rochefort , le commandant \\ liiaumez eut recours à la ruse pour tromper la vigilance de l'ennemi. 11 dégréa entièrement sa frégate , envoya même à Bordeaux une partie de sa mâture, qui avait besoin de réparation , et fit répandre ie bruit que l'état de deiai>i euient de la Poarsuivante ne permettait pas de longtemps sa sortie. Ce faux avis, transmis aux Anglais par les bâtiments neutres venant de Bordeaux, leur fit lever provisoirement la croisière établie à l'embouchure du lleuve. Le capitaine de la Poarsaivante se bâta de proiitcr de cette circonstance. 11 lit secrètement toutes ses dispositions pour sortir. On lui expédia de nuit sa mâture réparée; il se regrét avec une promptitude extraordinaire , et le lendemain , au point du jour, tout était prêt pour tenter l'aventure. On leva l'ancre et l'on se dirigea vers la haute mer. En marin expérimenté, le commandant Wiilaumes combine , d après fétat du vent et de la marée, Tinstant précis de sa sortie de la (îironde. Lu vaisseau de ligue an giais était à l'aiicie à une assez grande distance au iaigc
DU PALAIS D£ VEKSAILLEb. 219
de la pointe nord-ooett de file d'Oleron. « Vous voyei
ce vaisseau, dit le commandant français à ses ofBciers, si dam un quart d'heure li n'est pas sous voiles , nous donnerons dans le pertnif en dépit de tous ses effiorts. Il y aura certainement des coups de canon 4 échanger, mais nous entrerons.» Le vaisseau an^ais, aper> cevant la Poarsaivante cjui franchit l'embouchure du fleuve, appareille en effet, mais trop tard. Par une habile manœuvre elle lui g^gne le vent, essuie son feu à petite distance , et en ripostant lui fait dans son gréement des avaries qui i'empcclient de virer de bord en même temps que la frégate : celle-ci , débarrassée de sou formidable adversaire» donne dans le pertuîs, et se dirige à petites voiles vers la rade de Rochefort
DCCCLVIIL
Pai6E DE LA œh\Ef it ANGLAISE LE ViMlEJO PAR UNE SECTION D£ LA FLOTTILLE IMPÉHIALË. — S MAI mk.
CîODIit.
Une section de canonnières commandée par le lieutenant de vaisseau Tourneur, qui se rendait à Lorient, (ut rencontrée en mer, le 8 mai i8o&, par une forte
corvette et un lougre an^ais. Le combat se sou lin L longtemps avec acharnement, quoique le nombre des bouches à feu des bâtiments ennemis fôt plus que double de celui des canonnières; mais le calibre plus
* Travaux de la section hislon(|uc ttc ia tiianuc.
220 GALERIES HISTOUIQUËS
fort dont ces dernières étaient armées, joint k Tardeur
dei marins, compensa bientôt cette différence, et donna l'avantage aux bâtiments français. Ecrasés par les boulets et la mitraille que vomiraient les canons de vingtquatre des canonnières, la corvette et le lougre prirent le large en forçant de voiles. Le commandant des canonnières donna ordie de les pouisuivre, et, les ayant atteints, il les contraignit à amener leur pavillon.
DCCCLIX.
NAPOLÉON REÇOIT A SAÎNT-CLOUD LE SÉNATOS-GONSULTE QUI LE FROCLAME EUFEREUR DBS FRANÇAIS. — 18 MAI
Rooait. — 1837.
Bonaparte , secondé par le vœu presque unanime de la France , qui redemandait la monarchie , avait résolu de relever le trône abattu , pour 8*y asseoir. Il fut convenu que le titre d'empereur des Français lui serait dé* féré par le tribunal et le sénat conservateur.
(cLc sénat, présidé par le consul Cambacérès, a décrété dans la séance de ce jour, à laquelle assistait le consul Lebrun et où les ministres étaient présents, le sénatus-consulte organique qui défère le titre d'empereur au premier consul.
« 11 a été arrêté de se transporter sur l'heure à Saint- Gloud , à reflet de présenter le sénatus-consulte organique à f Empereur. Il 8*est mis en marche immédiate-
ment après la fin de la séance. Le cortège était accompagne (le plusieurs corps de troupes.
«Le sénat h son arrivée a été admis aussitôt à l'audience de i'ËMFBHKOR^. 1»
La réception eut lieu dans la grande galerie : le premier consul (itait accompagné de M™ Bonaparte , de ses aides de camp et des oiliciers généraux de service auprès de sa personne.
DGGGLX.
NAPOLÉON. ADX INVALIDES, DISTRIBUE LES CROIX DE LA LÉGION D*HONNEUR. 15 JUILLET 1804.
DuoT. — iStS.
Une loi , en date du igmai i 8oa, avait institué l'ordre delà Itégion d honneur. Les membres nommés n étaient pas encore reçus. La première cérémonie de réception eut lieu le a 6 messidor an xn (i5 juillet i8o4)> dans réglise des Invalides.
«Avant midi l'impératrice est partie du palais, accompagnée des princesses soeurs et belles-sœurs de l'empereur, des dames du palais, du premier chambellan et du premier écuyer
«A midi l'empereur est parti h cheval des Tuileries, précédé par les maréchaux de l'empiie, par le prince connétable, et suivi des colonels généraux de sa garde
^ ManStaur du 39 floréil an xn ( 19 mû iSo4}.
et des grands officiers de Ib couronne, de ses aides de camp et de rétat-major du palais.
«La marche était ouverte par \es rhass< ars et fermée par les grenadiers à cheval de la garde impériale.
«Le gouyemeur des Invalides est venu dehors de la grille recevoir sa majesté et loi présenter les de£i de Ihotel.
toïjesgiaiids dignitaires, les ministres el les grands ofiiciers de l'empire qui n'étaient pas venus à cheval , ainsi que les membres du grand conseil , le grand diancelier et le grand trésorier de la Légion d^honnew*, se sont réunis au même lieu et ont pris leur rang dans le cortège.
« Le cardinal-archevêque de Paris avec son clergé a reçu sa majesté à la porte de Tég^ et lui a présenté l'encens et l'eau bénite. Le cleigé a conduit processionnellement sa majesté sous le dais jusqu'au trône impérial , au biiiit d'vmc marche militaire et des plus vives acclamations.
«Sa majesté s'est placée sur le trône, ayant derrière elle les colonds généraux de la g^rde, le gouyemeur des Invdides et les grands officiers de la cotironne.
« Aux doux côt^s et h la seconde marche du trône se sont placés les grands dignitaires ; plus bas , à droite , les ministres; à gauche, les maréchaux de Tempire; au pied des marches du trône , le grand maHre et le maître des cérémonies; en face du grand maître, le prand chancelier et le grand trésorier de la Légion d lionneur. Les aides de camp de l'empereur étaient debout en haie sur les degrés du trône.
« A droite de Tautel, le cardinal-légat s'est placé sous
un (lais et sur un fauteuil qui lui avaient été préparés.
« A gauche de iautei, le cardinal archevêque de Paris avec son dergé.
«Derrière Fautd, sur un immense amphithéâtre, étaient rangés sept cents invalides et deux cents jeunes élèves (le l écoie polyteciuuque.
« Toute la nef était occupée par les grands officiers, commandants, officiers et membres de la Légion d*bonneur.
K Le cardinal-légat célébra la messe.
«Après révangile, les grands officiers de la Légion dlionneur, appelés successiTement par le grand chancelier, se sont approchés du ixène et ont prêté leur serment.
(( L appel des grands officiers iîni , l'empereur s'est couvert , et , s'adressant aux commandants, officiers et légionnaires, a prononcé d'une voix forte et animée ces mots :
«Commandants, officiers, légionnaires, citoyens et «soldats, vous jurez sur votre honneur de vous dévouer «au service de l'empire et à la conservation de son ter- « ritoîre , dans son intégrité; à la défense de Tempereur, « des lois de la républicfue et des propriétés qu'elles ont «consacrées; de combattre par tous les moyens que la «justice, la raison et les lois autorisent, toute entre- « prise qui tendrait à rétablir le régime féodal; enfin «vous jures de concourir de tout votre pouvoir au «maintien de la lil)crt('' et de l'égalité, bases premières u de nos constitutions. Vous le jurez ! »
«Tous les membres de la Légion, debout, la main âevée • ont répété à la fois : Je Ujare, Les cris de tmm Vemperenr! se sont renouvelés de toutes parts.
«La mrsso finie, les décorations de la Légion ont été déposées au pied du trône dans des bassins d'or.
« M. de Ségur, grand maître des cérémonies, a pris les deux décorations de Tordre et les a remises à M. de Talleyranil , <;ran(l rliaiiibellan. Celui-ci les a présentées à S. A. I. monseigneur le prince Louis , <]ui les a attachées à l'habit de sa majesté.
«De nouveaux cris de vme tempereW'! se sont lait en* tendre h plusieurs reprises.
« M. le grand chancelier de la Légion a invité MM. les grands officiers à s'approcher du trône pour recevoir successivement des mains de sa majesté la décoration que lui présentait sur un plat d'or le grand maître des céréniuiiies.
«Ensuite M. le grand ch^ceiier a appelé d'abord les conmiandeurs» puis les officiers et enfin les i^onnaires, qui sont tous venus au pied du trône recevoir individuellement la décoration des mains de rcmperenr.
a La lètc a été terminée par un Te Deam , et k trois heures l'empereur est sorti de l'église pour retourner aux Tuileries ^ »
* Mtuûkmr du sS messidor an m ( 17 juillet i8o4) .
DCCCLXL