COMBAT DE SAALFELD.^ 10 OCTOBRE
AqiMrelie par Smioi Fort. — i8â&.
Napoléon quitta \Vuil/.bourg le 6 octobre pour se rendre à Bamberg. Le 7 il écrivit de son quartier général la lettre suixante au sénat :
' Bulieliii Ue U grande uiiucc cl .Moiuteur.
DU PALAIS DE VERSAILLES. 301 « Sénateurs,
« Nous avons quitté notre capitale pour nous rendre
«au milirii de notre armée (l'i\]lemagnp , (I«'\s l'instant « que nous avons su avec certitude qu elle était mena- «cée sur ses flancs par des mouvements inopinés. A 0 peine arrivé sur les frontières de nos états, nous avons «eu lien de reconnaître combien notre prt^sence y était «nécessaire, et de nous applaudir des niciiures défen- «sîves que nous avions prises avant de quitter le centre « de notre empire. Déjà les armées prussiennes, portées «au grand complet de guerre, s'étaient ébranlées de «toutes parts; plies avaient dépassé leurs iiuntières : la « Saxe était envaliie , et le. sage prince qui la gouverne «était forcé d'agir , contre sa volonté, contre l'intérêt de « nos troupes. Les armées prussiennes étaient arrivées «devant les cantonnements de nos troupes.
« Notre premier devoir a été de passer le Riiin nousic même, de former nos camps et de iaire entendre le « crî de guerre.
« Aucun sacrifice personnel ne nous sera pénible, au> « cun danger ne nous arrêtera , toutes les fois qu'il s'agira «d'assurer les droits, l'honneur et la prospérité de nos « peujdes. »
En même temps qu'il écrivait ces lignes. Napoléon mettait en mouvement la grande armée.
« L'année , dit le premier buiietm de la campagne de Prusse et de Pologne , doit se mettre en marche par trois débouchés.
« La droite , composée des corps des maréchaux Soult
.502 GALEHIES HISTORIQUES
et Ney, et d'une division de Bavarois, part d'Arberg rt dp Nnrcmbei'g, se réunit à BayrcuUi. et doit se porter sur Hofif, où elle arrivera le 9.
«Le centre, composé de la réserve du grand^uc de Berg« du corps du maréchal prince de PonteXorvo et du maréchal Davoust, et de la garde inipti ialo, dobouchem par Baniberg sur Cronach , arrivera le 8 à Saalbourg, et de U se portera par Saalbourg et Schieiti sur Géra.
« La gauche , composée des corps des maréchaux Laiines et Augercau , doit se porter de Schweniurtli sur Cobourg, GralTental et Saalfeld.
Le 1 0 octobre le corps du maréchal Lannes était k Saalfdd, où ii attaqua Tavant-garde du prince de Hohcnloho, rommandcp par 1c prince Louis do Pnisso. La canonnade n'a duré que deux heures; la moitié delà division Suchet a donné. La cavalerie prussienne a été repoussée par les neuvième et dixième régiments de bus* sards. On a lait mille prisonniers; six cents hommes sont restés sur le champ de bataille; trente pièces de canon sont tombées au pouvoir de larmée^ n
Le prince Loub de Prusse, au milieu de la mêlée, cherchait h rallier ses soldats. Près de tomber dans les mains de*» troupes françaises, «il s'aperçut cjue ses décorations et le plumet très^levé qu'il portait à son chapeau le faisaient remarquer et poursuivre personnellement : il couvrit ses ordres avec son chapeau , et voulut sortir de la mêle»' en francliissanl une haie; son clu*-
* Deuïième Btillelin.
val s'entrava, il fut atteint d'un coup de sabre sur la tctc; le maréchal des iogia Guiiidct^ qui le joignit, combattant corps à corps, et le Tecoonaûaant à ses décorations, le somma plusieurs fois et inntâement de se rendre; le prince , s obstinant à combattre avec son épée , et forçant le maréchal des lugis à défendre sa vie, reçut dans la poitrine un coup mortel : il tomba en brave sur le champ de bataille , dam les bras de ses aides de camp , qui accouraient à son secours , et ne purent enlever son corps aux Français. Ainsi périt glorieusement, victime de sa témérité, ce prince, l'espoir et l'idole de Tarmée prussienne ^. »
DCCCCXLV.
BATAILLE D'IÉNA.— 14 UClUiiHfc 1000, MIDI.
At|uarclk' par Siulon Fort. — )S.^S.
Voici , d apr^s le cirujnième Biillotin de la grande armée , (juelie était la position des Français dans la journée du 1 3 octobre, a Le grand-duc de Berg et le maréchal Davoust , avec leurs corps d*armée , étaient à Naumbourg, ayant des partis sur Leipsick et Halle.
« Le corps du maréchal prince de Ponte-Çorvo était en marche pour se rendre à Dombourg ; le corps du maréchal Lannes arrivait k léna; le corps du maréchal Augcrcau était en position à Kida.
' Guindst a été tné d«piib à ta baUille de Hanau. * Préeii de» MMmtiUg inif flaires , par le géoéral Mathieu Dumaa, l. XVI.p 54.
304 GALERIES HISTOBIQUËS
« Le corps du marécbai Ney était à Roda ; le quartier
général à Géra.
u L empereur, eu marche pour se rendre in léna.
«Le corps du maréchal Souit, de Géra, était en marche pour prendre une position [dus rapprochée, A Tembranchement des routes deNaumbourg et d'Iéna. »
L(' (|uailior gém ral de IVnipcreur ftit successivement transporté de Bamberg à Auma, et de Auma à Géra.
Voici, d*un autre côté, quels avaient été les mouvements de Tannée prussienne : « Le roi de Prusse voulaiii ruinmcncer les hostilités au 9 octobre, en débouchant sur Francfort par sa droite, sur Wurtzbourg par son centre, et sur Bamberg par sa gauche, toutes les divisions de son armée étaient disposées pour exécuter ce plan; mais rarméc française, tournant sur l'extrémité de sa gauche, se trouva en peu de jours à Saalbom^g, à Lobenstein, à Schieitz, à Géra, à Naumbourg. L*armée prussienne, tournée, employa les journées des 9, 10, 1 1 et 1 9 , & rappeler tous ses détachements, et le 1 3 elle se présenta en bataille entre Capeldorl et Auerstaëdt, forte de près de cent cinquante mille hommes.
« Le 1 3, à deux heures après midi, Tempereur arriva è léna; et sur un petit plateau qu occupait notre avantgarde ii aperçut les dispositions de l'ennemi, qui paraissait manœuvrer pour attaquer le lendemain , et forcer les divers débouchés de la Saale'. »
« Vers les quatre heures du matin l'empereur fit appeler  son bivouac le maréchal Lannes, lui donna ses
' Cinquième Balietin àt ia grande armée.
(ieniiùr<ji) instructions cL urduniia de prendi e les ai'mes; U se rendit aussitôt devaat ie front des régunents, et leur dit : t Soldats , rarmée pnusienne est coupée comme «1 ceOe de Mack l'était à IHm il y a aujourd'hui un an. «Cette armée ne combat plus qiie pour se faire jour et « pour regagner ses comuiunications. Le corps qui se iaisu serait percer se déshonorerait. Ne redoutez pas cette cé- « ièbre cavalerie; opposes^lui des carrés fermés à la haîon- « nette. »
Cette t ourte harangue électrisa les troupes : on se battit toute la journée; à une heure i'ai£aire était générale sur toute la ligne; à la fin du jour l'empereur écrivait : «La bataille d'Iéna a lavé faffront de Rosbadi »
DCCCCXLVl.
BATAILLE DMÉNA.--14 OCTOBRE ia06.
M Le Bulletin rapporte qu*au fort de la mêlée l'empereur, voyant ses ailes menacées par la cavalerie , se portait
au galop pour ordonner des manœuvres et des changements de iront en carrés : il étSit interrompu à chaque instant par des cris de vive VempereurI La garde impériale à pied voyait avec un dépit qu'elle ne pouvait dissimuler tout le monde aux mains et die dans l'inaction. Plusieurs voix firent entendre les mots, en avant! a Qu est- « ce, dit l'empereur; ce ne peut être qu'un jeune homme
I Gi]i(|iiièine BoUetio de la grande armée.