BORGIA (CÉSAR
D9C Dt VklMMXnOtÈ BT Dl BIOM.
FILS NATUREL DE RODRIGUBZ BORGIA , DEPUIS PAPE SOUS LE NOM D*ALBXANDRE VI, BT DE VANOZIA CATANEA.
( N* 1836.) M** RuMiLLT, d*aprè8 le Ubleau da
Gioi^on de U galerie du Miuëe • royal.
Né vers lAog. — Marié, en à Chariotte d*Albret,
fille d'Alain, sire d'Âlbret, dit le Grande comte de Gavre et de Castries, et de Françobe de Bretagne, comtesse dePérigord, vicomtesse de Limoges, dame d'Âvesnes. — Mort ie 1 % mars 1 607.
Le nom de César Borgia rappelle ce qu^il y a eu de plus monstruexix dans la scélératesse et dans Tinfamie. Son père, élevé au pontificat en 1 &g3 , le fit cardinal. Il avait accumulé les richesses etles honneurs du siècle sur la tète de son fils aine le duc de Candia, et venait de l'investir du duché de Bénévent lorsque les coups d'un assassin le lui ravirent ( 1 igy). On accusa César de ce firatricide. Ce fiit du moins la porte par laquelle il entra dans la vie laïque et dans la carrière de crimes que parcourut son ambition. Envoyé en France pour porter à Louis XII les bulles qui autorisaient son divorce avec Jeanne de France et son mariage avec Anne de Bretagne , il reçut de la libéralité de ce prince le duché de Valentinois, de l'argent et des troupes pour acquérir la
puissance qu^il voulait se créer en Italie. En cinq années il parvint à faire passer sous sa* domination toutes les villes et les seigneuries de la Romagne et du duché d'Urbin. L'imagination recule d*horreur au récit des forfaits par lesquels fut marquée chacune de ses conquêtes. La voix de lltaiie indignée força Louis XII à désavouer l'alliance de ce monstre. Borgia enlaça dans de nouveaux pièges la bonne foi du roi de France, et n'en marcha que d'un pas plus audacieux au but de ses efforts, le titre de roi de la Romagne, de la Marche et de l'Ombrie que son père allait lui déférer. Cette haute fortune lui échappa à l'instant où il se croyait assuré de la saisir. On sait com* ment César Borgia, malade du même poison qui avait mis Alexandre VI au tombeau (i5o3), fut impuissant à recueillir le fruit de ses crimes, et, prisonnier de son ennemi le pape Jides II, racheta sa liberté au prix de toutes ses conquêtes [iSolx). Sa vie n'est plus' dès lors que celle d'un obscm* aventurier. Il s'échappe de sa prison de Médina del Campo , où il a été envoyé par Gonsalve de Cordoue , et va demander un asile à son beaufrère Jean d'Albret, roi de Navarre. Il faisait avec lui la guerre aux Castillans, lorsqu'il fut tué d'un coup de feu devant le château de Viana (la mars 1607).