‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 3)Chapitre 110 sur 224 · BESSARION (JEAN · texte numérisé non relu

BESSARION (JEAN

CABSIKAl., rATIIABCHB 91 GOM

(V 1827.) Ancienne coUoction de U Sorbonne.

Né à Trëbizonde, en iSSg. — Mort le 18 novembre 1&72.

L'influence des savants de Gonstantinople sur la renaissance des lettres en Occident est un des faits les plus saillants de Fhistoire du xv* siècle. Le cardinal Bessarion se place à la tête des hommes par qui (ut exercée cette influence. Né à Trébizonde, capitale du second empire grec, il passa vingt et un ans dans Tordre des moines de saint Basile. Lorsque, pour acheter les secours de l'Occident contre les Turcs, Jean Paléologue songea à réconcilier Tég^be schismatique d'Orient avec celle de Rome, Bessarion, nornm^ évèque de Nicée, fut un des doctes théologiens que l'empereur amena à sa suite en Italie , et qui siégèrent au concile de Ferrare. Il employa son éloquence à faire cesser le schisme (i438), et mérita que le pape Eugène IV le revêtît de la pourpre (i43^]. Les liens qu'il venait de contracter avec l'église romaine l'attachèrent dès lors à l'Italie, et il fut l'ami des divers pontifes qui se succédèrent siu* la chaire de saint Pierre jusqu'à la fin de sa vie. Nicolas V lui donna le titre de cardinal , évéque de Sainte-Sabine, et Pie II (i&63), celui de patriarche de Gonstantinople. Tel était même l'ascendant de sa piété et de son savoir,

que deux fois les suffrages des cardinaux assemblés en condave fiirent près de lui donner la tiare. Bessarion fiit chargé de plusieurs importantes missions. La dernière qu'il remplit fut auprès de Louis XI , que Sixte IV voulait réconcilier avec Charles le Téméraire, pour tourner les forces réunies de ces deux princes contre les Turcs ( 1 À72 ). Louis XI ,' dont la politique était sans générosité et fesprit sans goût pour les lettres , Teçut mal Bessarion , et « malgré le grand âge et le caractère auguste du cardinal, ne craignit pas de l'humilier par dmsolentes plaisanteries. Bessarion mourut à Ravenne, à son retour de cette ambassade, dans la quatre-vingt-quatrième année de son' âge. Lorsque la prise de Constantinople amena en Italie toute une colonie de savants grecs qui fuyaient devant la barbarie musulmane, Bessarion fiitle protecteur de ses compatriotes et leur ouvrit sa maison, qui devint une véritable académie. Il contribua à populariser l'étude des lettres grecques en Occident, par la traduction qu'il fit de deux ouvrages d'Âristote et de Xénophon en langue latine.

PHILELPHE (FRANÇOIS),

■ATAIIT.

(N* 1S2S.) Andeime ooHection de la Sorboniie.

Né à Tolentino, le a5 juillet iSgS. — Mort le 3i juillet i48i.

Phiielphe commença avant dix-huit ans à enseigner la

rhétorique. Il fut attaché, en lÂao, à l'ambassade envoyée par les Vénitiens à Constantinc^le, et profita de son séjour dans la capitale de lempire grec po|ur y apprendre une langue dont renseignement était inconnu alors à Tltalie. De retour dans sa patrie (lÂay), il professa les lettres grecques et latines à Venise, à Bologne et à Florence. Les hautaines prétentions de son orgueil . lui firent des ennemis de tout ce qu il y avait de savants dans cette dernière ville; i) les poursuivit de ses impitoyables satires, et n épaqpa pas même les Médicis dans ses outrages. Les papes Nicolas V et Sixte IV à Rome, le roi Alphonse V à Naples,. Philippe-Marie Visconti et François Sforsa à Milan , laccueillirent tour à tour avec faveur, et il distribua dans ces diverses villes ses leçons, auxquelles se f»*essaient toujours des milliers d'auditeurs. Agé de quatre-vingt-trois ans, il venait de transporter sa . chaire à Florence, où 1^. Médicis avaient oublié ses injures, lorsque la mort vint l'y frapper. Philelphe a laissé un très-grand nombre d'écrits, odes, fables, satires, dissertations savantes, traductions d'ouvrages grecs en latin, etc. estimés de son siècle et fort peu connus du nôtre.

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