TOURNON (FRANÇOIS DE
CABDINAL, ttimSTM D'BTAT ,
TROISIEME FILS DE JACQUES DE TOURNON, PREMIER DU NOM, BARON DE TOURNON , ET DE JEANNE DE POLIGNAC.
(N* 1936.) Uippolyle Fl^ndmii , d'après un {lortrait
du temps.
Né à Toui*non, dans le Vivarais, en i 489. — Mort le 12 avril 1 562.
François de Toumon prit et doaze ans rhabit de moine augustin , et fut pourvu successivement de f abbaye de la Chaise-Dieu et de rarchevèché d*Embrun. Ce fut en i5a5, après la bataille de Pavie, quon le vit pour la première fois enlevé à ses fonctions ecdésiastiques pour prendre part aux affaires de fÉtat. Louise de Savoie le fit chef de Tambassade qui alla en Espagne négocier avec Tempereur la liberté de François I*. Toumon avait signé le traité de Madrid; il signa également celui de Cambrai, en iSt^g, et, Tannée suivante, il alla chercher au delà des Pyrénées la sœur de Charies-Quint, Éléonore d'Autriche , destinée à devenir reine de France. Ce fut lui qui célébra le mariage de cette princesse avec François I* (i53o). Le roi Tavait nommé ardievêque de Bourges : Clément VII plaça sur sa tête le chapeau de cardinal, et il fut envoyé auprès de ce pontife pour négocier Tunion de Henri de France, duc d*Oriéans, avec la trop célèbre Catherine de Médicis ( 1 53a ). Lorsquen i536 la guerre se ralluma entre François I*' et Charles-Quint, le roi confia au cardinal de Toumon le gouvernement du Lyonnab, avec la mission de mettre les provinces méridionales en défense contre lattaque des impériaux. Il l'employa également pour traker avec le pape Paul III les conditions de la trêve de Nice ( 1 538) ; et, depuis cette époque jusquà la fin de son règne, il en fit le dépositaire principal de sa confiance pour Tadministration du royaume. Le cardinal de Tournon, qui avait vu avec une trop juste inquiétude les premiers progrès de la réforme en France, usa de son pouvoir
pour les arrêter, et on lui a reproché d*avoir marché vers ce but plutôt par les voies de la rigueur que par celles de la persuasion. Mais son esprit éclairé seconda en tout le reste le goût de son maître pour les travaux de Imtelligence, et on lui doit lagrandissement de la bibliothèque du Roi et la fondation de Tlmprimerie royale. A la mort de François I*, en i Sdy, le cardinal de Tournon céda le pouvoir à la maison de Guise , et on Tei^voya servir la France à Rome , où il séjourna huit années. Henri II , dans le cours même de cette longue ambassade, le pla^a sur le siège archiépiscopal de Lyon, et le pape Jules III le nomma évêque de Sabine. Au moment où les Guises décidèrent Henri II à rompre la trêve de Vaucelles, à peine conclue (1557), on se flatta que le grand crédit dont le cardinal de Toumon jouissait auprès du saint-siége entraînerait le pape Paul IV dans Talliance française , et ii partit encore une fois pour Rome avec le titre d*ambassadeur'. Mais tous ses efforts tendirent au maintien de la paix, et ii neut aucune part au désastre de Saint-Quentin ni aux humiliations de la paix de Gâteau -Cambrésis (iSSg). L avènement de François n rappela le cardinal de Tournon en France, et celui de Charles IX, qui suivit bientôt après, lui rendit à la cour une partie de son ancienne influence. U la tourna tout entière contré la réforme , et siégea comme président au célèbre colloque de Poissy, en i56i. Ce fut là le dernier acte de sa vie politique, et il mourut J année suivante , à lage de soixante et treize ans.