DU BELLAY (GUILLAUME
SKiailRim Ol LANOBT,
FILS AÏni DE LOUIS DU BBLtAY, SEIGNEUR DE LANGEY, ET DE MARGUERITE DE LA TOUB-LANDBT.
(N- 1924.) Anden tableta.
Né en 1&91. — Marié à Anne de Créqui, dame de Pondormi. — Mort le 9 janvier 1 543,
Guillaume du Bellay fut un des capitaines les plus braves et les plus expérimentés du règne de François I*" ; mais ce ne fut cependant pas sur les champs de bataille qu'il acquit sa plus belle part de renommée. Il avait assisté au désastre de Pavie ; et , rentré en France, il vitlarégente, et totite la cour avec elle , agitée d'inquiétude sur la santé du roi, prisonnier à Madrid. Il résolut de pénétrer jusqu'à lui dans sa captivité, et, malgré tous les obstacles semés sur sa route, il accomplit avec succès cette périlleuse entreprise. Envoyé en Italie pour négocier en même temps et pour combattre, il sauva Florence des fureurs de l'armée indisciplinée du connétable de Bourbon , et il en eût également préservé Rome , si Clément VII eût voulu suivre ses conseils ( i Sa^). Deux ans après , une mission aussi difficile qulmportante lui fut confiée auprès de Henri VIII. Il fallait calmer l'orgueil irrité de ce monarque, qui ne pouvait pardonner à François I*" sa réconciliation avec l'empereur. Le sire de Langey, à force d'adresse, obtint cet heureux résultat. Deux fois encore François I* recourut à son habileté et à son expérience dans l'art des négociations, et ce fut auprès des princes luthériens d'Allemagne , dont il s'agissait de gagner l'alliance dans la guerre qui allait recommencer avec l'empereur (i536). L'année suivante , le roi le rendit à la vie des camps, et lui donna le gouvernement de Turin. Le sire de Langey était vice -roi de Piémont en iSAa, quand la trêve de Nice fîit rompue et que les hostilités se rallumèrent entre la France et la maison d'Autriche. Il était opposé au marquis del Guasto, gouver-
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neiir du Milanais, qui lui rendait ce témoignage, que c était le plus excellent capitaine qu'il eût connu. Il venait de repasser les Alpes pour voir le roi et lui faire de vive voix d'importantes confidences, qu'il ne pouvait se décider à lui transmettre par écrit, lorsqu'il fut arrêté par la maladie dont il mourut, à Saint-Symphorien, près de Lyon, le 9 janvier i5&3. Charles-Quint, en apprenant sa mort, fit de lui cet éloge singulier : a Cet homme-là, dit-il, m'a fait plus de mal que tous les Français ensemble. » Guillaume du Bellay, dans une vie qui ne fut point longue , et que remplirent tant de travaux , trouva des loisirs pour cultiver les lettres, et ce fut encore un des titres qu'il eut à l'estime et à l'affection de François I''. Il a laissé, entre autres ouvrages, des mémoires sur les affaires de son temps, qu'on lit encore aujourd'hui avec fruit et intérêt.
pu BELLAY (JEAN),
CABDIMAL,
SECOND FILS DE tOUIS DU BELLAT, SBIGNEOR DE LANGEY, ET DE MARGUERITE DE LA TOUR -LANDRY.
(N* 1025.) Anden uUeaiL
Né en lAga. — Mort le 16 février i56o.
Jean du Bellay, d'abord évêque de Bayonne, fut promu, en i53a, à l'évêché de Paris. Envoyé en Angleterre auprès de Henri VIII, puis a Rome, auprès du
pape Clément VII, il épuiaa toutes les ressources d'un esprit habile et conciliant pour prévenir le schisme qui allait séparer Téglise d'Angleterre de Téglise catholique. Le pape Paul III , en 1 535, le revêtit de la pourpre, et François I*, à qui ses grands services l'avaient rendu cher, amassa sur sa tète les dignités ecclésiastiques. Le cardinal du Bellay n'iisa de sa faveur que pour encourager les lettres, et clest à lui aussi bien qu'à Guillaïune Budé qu'est due la fondation du collège royal. Lorsque le roi partit, en i536, pour tenir tête à l'empereur, il laissa le cardinal du Bellay à Paris avec le titre de son lieutenant général; et la courageuse résolution du prélat contribua à rassurer les habitants, un moment alarmés par la présence d'une armée impériale sous les murs de Péronne. A l'avènement de Henri II, Jean du Bellay, après s'être démis de l'évêché de Paris et de l'archevêché de Bordeaux, se retira à Rome, où il acheva sa vie au milieu de l'estime et de la vénération universelles. Il était âgé de soixante-huit ans lorsqu'il mourut, en 1 56o.