MAROT (CLÉMENT
Né à Cahors, vers i AgS. — Mort en 1 544.
Clément Marot, destiné à l'étude des lois, céda à son goût pour la poésie, et, afin de la cultiver plus à son aise , se fit page du seigneur de Villeroy , puis valet de chambre de la duchesse d'Alençon (t5i3). Cette prin-
cesse le présenta au roi son frère , et on le voit de 1620 à t5a5 endosser ia casaque du soldat. Il fiit blessé, diton , i la bataille de Pavie. Dès cette époque, Marot parait avoir embrassé les erreurs de la réfonne, qui venait à peine de naître , et François I"*, à son retour de Madrid, lui rendit la liberté, que ses imprudences lui avaient fait perdre (iSaâ). Son talent pour les vers, fort goûté du roi, le mit assez bien en cour jusqu'au moment où la témérité mal cachée de ses opinions religieuses lui suscita de nouvelles persécutions. D fut forcé de quitter la France , et chercha un asile d*abord en Béam , auprès de la reine Marguerite, puis à Ferrare, auprès de madame Renée de France, protectrice avouée de la réforme (i535). Il se rendit Tannée suivante à Venise, puis obtint de rentrer en France au prix d'une solennelle abjuration -de ses erreurs , qu'il fit à Lyon , entre les mains du cardinal de Toumon. Plus prudent désormais , Marot ne donna plus de prise contre lui jusqu'au moment où parurent ses psaumes traduits en vers français , nouveauté fort applaudie par la cour et par le roi luimême. Mais la Sorbonne n'en fut pas moins sévère pour les licences théologiques du poète, mal guéri des doctrines calvinistes, et Marot, dénoncé au roi i plusieurs reprises, et craignant quelque chose de pis, se réfugia à Genève en 1 5&3. Il fut bientôt forcé de sortir de cette ville, où il avait apporté les mœurs de la cour de François I", assez peu en accord avec le rigorisme impitoyable de Calvin, et il alla chercher à Turin un asile plus tranquille et plus sûr, dont il ne jouit pas long-
temps. H y mourut, en 1 5A4 , à Tâge de quarante-neuf ans. Les poésies de Marot, malgré les formes vieillies du langage , ont un charme qui ne périra jamais. Il fut un novateur heureux à une époque où l'idiome poétique était encore chez nous dans fenfance, et il a mérité que le sévère Despréaux ait recommandé Timitation de son élégant badinage.