‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 3)Chapitre 186 sur 224 · DUCHESSB DE FEURARE, DE MODÈNE ET DE REGGIO · texte numérisé non relu

DUCHESSB DE FEURARE, DE MODÈNE ET DE REGGIO

SECONDE FILLE DE LOUIS XII, ROI DE FRANGE, ET D*ANNE DE BRETAGNE, SA SECONDE FEMME.

(N* 1947.) TiUeanda temps.

Née à Blois, le aS octobre 1 5 1 o. — Mariée, en i SaS, à Hercule d'Esté, deuidème du nom, duc de Ferrare, de Modène et de Reggio. — Morte à Montargis, le 13 juin iSyS.

RENÉE DE FRANCE

DUCUftSSI Dl rBMAKB , DB MOOèXB BT DB KB«G10.

(N* 19ft8.)

Renée de France, après avoir été destinée à de plus hautes alliances, fut mariée en 1 5a8 au duc de Ferrare , dans les intérêts de la politique firançaise en Italie. Elle ajouta au lustre que le culte des lettres et des arts donnait à la cour élégante et polie des princes de la maison d*Este. Il n y avait guère de science alors connue que la curiosité de son esprit n eût abordée, et, pour son malheur, elle se hasarda dans les études théologiques, à une époque où les controverses nées de la réforme étaient dans leur plus dangereuse nouveauté. Elle ouvrit la cour de Ferrare à Calvin et à Marot, fugitifs, comme

elle l'avait ouverte à une foule de lettrés de lltalie; mais elle ne tarda pas i se laisser gagner par les erreurs de lliérésie, auxquelles elle montra toute sa vie une triste fidélité. Les troubles et les chagrins entrèrent alors dans sa vie domestique (i535). Le duc, son mari, se fit un devoir de la ramener à la foi catholique, et elle résista à tous les moyens employés pour la convaincre. A la mort du duc de Ferrare, en i56o, Renée de France quitta ritalie et vint s'établir dans ses seigneuries de Chartres et de Montai^. Elle prêta hautement son appui au prince de Condé et aux protestants menacés des vengeances de la cour, et ne craignit pas de donner asile aux proscrits dans ses domaines. Mais lorsque la réforme eut déployé son drapeau contre l'autorité royale , madame Renée se tint à l'écart de tous les événements de la guerre civile. Elle mourut dans son château de Montargis, à l'âge de soixante-cinq ans, au plus fort de ces luttes déplorables.

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