RAPHAÈL SANZIO ET JACOPO CARUCCI DIT PONTORMO
(N* 1956.) Répétition andeiuie d'un tableau da
Musée royal '.
r RAPHAËL SANZIO,
Né à Urbin , le jour du Vendredi-Saint 1 483. — Mort à Rome, le jour du Vendredi-Saint 1 5ao.
Raphaël Sanzio naquit à Urbin d'une famille dans la< quelle le goût de la peinture était héréditaire. Cependant son premier, son véritable maître, fut le Pérugin, dont il s appropria le style simple et idéal, mais un peu dénué de mouvement et de coloris. Il y joignit, dès Tabord, cette grâce et cette suavité de formes qui ne sont qu*à lui, et l'ensemble de ces qualités constitue ce quon a appelé sa première manière. Le Sposalizio ou Mariage de la Vierge t qu'il p^gnit en 1 5o/i, caractérise cette période de son génie. Associé au Pinturicchio dans la décoration de la sacristie de la cathédrale de Sienne, Raphaël se rendit peu
* Ce tableau est inciactement connu sous le nom de Raphiél et son maître dormes.
après à Florence et y étudia les chefs-d'œuvre du Masaccio , fit en 1 5o6 un second voyage en cette ville , y admira les célèbres cartons de la guerre de Pise par Michel-Ange, y emprunta de son ami Fra Bartolomeo le secret de son puissant coloris, et ces influences réimies contribuèrent à former sa seconde manière. Le grand architecte Bramante était son parent : ce fut lui qui révéla à Jides II le talent de Raphaël, et ce pontife iappela à Rome (i 5o8) pour peindre les salles du Vatican. On sait qu*à l'aspect des premières fi[*esques de Raphaël, Jides II fit effacer tout ce que d'autres peintres avaient fait avant lui. Ces travaux occupèrent le maître pendant neuf années; il y joignait dans l'enceinte même du Vatican ceux de l'architecture, et peignait sur la toile quelques-uns de ses chefs-d'œuvre. La sainte Cécile est de l'année i5iA. Il arrivait ainsi à la plénitude de son génie et à l'époque où les critiques font commencer sa troisième manière (1617). L'admirable Spasimo et les deux tableaux qu'il fit pour François I* appartiennent à cette période. Récompensé magnifiquement pour le saint Michel, Raphaël voulut égaler la générosité de l'artiste à celle du roi, et lui envoya la sainte Famille, une des merveilles du Louvre (i 5 1 8). Raphaël vivait dans la richesse et l'éclat d'un prince, honoré de Léon X, courtisé de ce qu'il y avait de plus éminent à Rome, et rendant à d'autres la protection qu'avait reçue sa jeunesse. Il encourageait dans Jides Romain le plus habile de ses élèves, et développait les merveilleuses dispositions de Marc-Antoine pour l'art naissant de la gravure. Les derniers ouvrages de son pin-
ceau furent les loges du Vatican , les mirifiques cartons , modèles destinés aux tapisseries que le pape voidait faire exécuter en Flandre , et enfin le chef-d'œuvre immortel de la Transfiguration. La vie mondaine et voluptueuse de Raphaël n'était point un obstacle auprès de Léon X à ce qu'il ob^t le chapeau de cardinal, but suprême de son ambition; mais ce but lui échappa : la mort vint rompre violemment le cours de ses travaux et de ses plaisirs. C'était le Vendredi-Saint de l'année 1 5 a o : il témoigna son repentir des fautes de sa vie , et rendit à EHeu son âme en chrétien. Raphaël avait vécu trente-sept ans. Rome entière pleura l'artiste qui lui avait donné tant de gloire.