POLE (REGINALD
cAimmAL, AmoiBfiQin oi CAvromsiKT,
FILS DE RICHARD POLE ET DE MARGUERITE , COMTESSE DE SALISBDRY, PILLE DE GEORGES, DUC DE GLARENGE.
(N* 1979.) AiuxnneooQectîoDdeiaSoriMniie.
Né à Stowerton-Castie (Staffordshire), au mois de mars 1 5oo. — Mort au mois de novembre 1 558.
Reginald Pôle descendait à la fois par son père et par sa mère de la maison d'York, qui avait disputé si longtemps à celle de Lancastre le trône d'Angleterre. Destiné à l'Élise dès ses jeunes années, il étudia d'abord à l'université d'Oxford , puis à celle de Padoue , et forma de savantes liaisons avec le Bembo, Sadolet et d'autres lettrés dont s'honorait alors l'Italie. Il était retourné en Angleterre et y vivait dans la retraite, lorsque Henri VIII, en annonçant le projet de se séparer de Catherine d'Aragon , commença à troubler les consciences du clei^é de son
royaume. Reginald Poie , en se retirant à Paris ( i Sag) , crut échapper au péril d'être mêlé dans cette grave a£Paire ; mab Henri VIII le rappela, et, jaloux de se procurer à tout prix' son assentiment, alla, pour Tobtenir, jusqu'à lever sur lui le poignard. Heureux de pouvoir encore une fois quitter l'Angleterre , Pôle reprit la route de l'Italie , et ce lut à Padoue qu'il reçut et repoussa la sommation que lui fit Henri VIII de reconnaître sa suprématie religieuse. Son refus le priva de tous ses bénéfices dans sa patrie : le pape Paid III l'en dédommagea ( 1 536) en le revêtant de la pourpre romaine. Ce fiit alors que l'implacable Henri envoya successivement à l'échafaud et la mère et le firère aine du cardinal Pôle ( 1 5& i ) , et l'entoura luimême d'assassins, contre lequel le pape le protégea en lui donnant une garde. Telle était la vénération dont jouissaient à Rome la science et les vertus du cardinal Pôle, que le conclave assemblé voulut le donner poiur successeiur à Paul El. Son humilité seule l'empêcha de ceindre la tiare ( 1 55o). Trois ans après, les événements ouvrirent à son zèle apostolique une grande carrière. Edouard VI, qui avait précipité l'Angleterre du schisme dans l'hérésie, venait de mourir, et sa sœur Marie était montée sur le trône avec la ferme résolution de restaurer dans son royaume la religion catholique. Le cardinal Pôle partit, comme légat du pape Jules m, pour coopérer à cette œuvre si importante et si difficile. Arrivé à Londres (novembre i55&), ce fiit lui qui réconcilia solennellement les deux chambres du parlement avec l'Église romaine, et peu après il fut intronisé dans le siégé
primatiai de Cantorbéry. Mais peddaînt que la reine- Marie, eii^x>rtëe par f ardeur de son aèle et par les suggestions violentes du chancelier Gardiner, déployait contre f hérésie tout f appareil des supplices , Pôle employait toute son autorité à adoucir la rigueur des persécutions, en préservait au mdini son diocèse, et s efforçait de faire triompher par la persuasion la vérité dans les consciences. Par une singulière coïncidence, le lendemain du jour où s'acheva le règne de Marie, le cardinal Pôle fut enlevé à l'Angleterre.