‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 3)Chapitre 35 sur 224 · NEUVIÈME FILS DE LOUIS VIII, ROI DE FRANGE, ET DE BLANCHE DE CASTILLE · texte numérisé non relu

NEUVIÈME FILS DE LOUIS VIII, ROI DE FRANGE, ET DE BLANCHE DE CASTILLE

(N* 1725.) Décaisse. -1 844.

Né au mois de mars laao. — Marié : i*" le 3i janvier 13^5, à Béatrix, comtesse de Provence, quatrième fille de Raymond-Bérenger, quatrième du nom, comte de Provence, et de Béatrix de Savoie; 2^ à Milan, le 12 octobre 1268, à Marguerite de Bourgogne, comtesse de Tonnerre, seconde fille d*Eudes de Bourgogne, comte de Nevers, etc. et de Mahaud de Bourbon. — Mort le 7 janvier ia85.

Charles de France reçut en apanage, de son frère saint Louis, les comtés d'Anjou et du Maine, en ia&6. Il devint plus tard comte de Provence par suite de son

mariage avec Béatrix, la dernière des filles de ce Raymond -Bërenger qui avait placé les trois autres sur le trône impérial et sur ceux de France et d'Angleterre. Il se signala à côté du roi son firère en Egypte ; mais c'était sur d'autres champs de bataille qu'il devait recueillir sa plus grande célébrité. Une famille ennemie du siège apostolique avait succédé aux rois normands dans la souveraineté de ntalie méridionale : Mainfiroy, fils naturel de lempereur Frédéric II, avait usurpé la couronne des Deux- Siciles après la mort de son père, et la maintenait sur sa tête à Taide d'une armée de Sarrasins. Le pape Urbain IV conçut la pensée d'affranchir le saint-siége de ce voisin redoutable, en déchaînant contre lui Charles d'Anjou, le plus intrépide peut-être, mais aussi le plus impitoyable des guerriers de son temps (i a65). Charies d'Anjou, pressé par les instances de son ambitieuse épouse , qui voulait ceindre à tout prix la couronne royale, accepta des mains du souverain pontife le double titre de patrice de Rome et de roi des Deux-Siciles.Il alla chercher Mainfroy, et le défit dans les plaines de Bénévent (ia66). Maître par la victoire de Naples et de la Sicile, il y exerça sans pitié les droits de la conquête, et la haine des peuples ne tarda pas à lui susciter un rival dans le jeune Conradin, petit- fils de Frédéric II, qui vint imprudenmient chercher une défaite à Tagliacozzo (i 268), et la mort sur. un échafaud. Charles d'Anjou ne mit plus dès lors de bornes à son ambition, non plus qu'à ses rigueurs. On sait comment ce fut lui qui , par ses conseils, poussa saint Louis à la fatale croisade contre

Tunis (1270). Il avait acquis de Marie, princesse d*Antioche, des droits à la couronne de Jérusalem (layy) : il convoita bientôt une plus grande proie, et le pape Martin IV, en excommuniant l'empereur grec Michel Paléologue (1281), semblait livrer Constantinople à ses armes, jusqu'alors invincibles; mais ce superbe monarque touchait au terme de ses prospérités. La catastrophe des vêpres siciliennes est trop connue pour que nous en redisions ici les détails (1282). Le résultat en fut dafiranchir la Sicile, et de placer son indépendance reconquise sous la protection de Pierre III, roi d'Aragon. Vainement Charles s'arma contre les rebelles des anathèmes pontificaux, joints à tout l'appareil de sa puissance ; vainement Martin IV donna-t-il les états d'Aragon au comte de Valois, fils puîné du roi de France Philippe le Hardi (1 2^3). La fortune abattue de Charles d'Anjou n'en fut point relevée : il eut encore la douleur de voir son fds, le prince de Salerne, tomber aux mains de l'amiral aragonais Roger de Loria {128a), et mourut peu après à Fog^a, dans la Capitanate, au milieu même de l'effort le plus vigoureux de sa vengeance. Il était dans sa soixante-cinquième année.

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