‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 3)Chapitre 57 sur 224 · PHILIPPE DE FRANCE. SURNOMMÉ LE HARDI · texte numérisé non relu

PHILIPPE DE FRANCE. SURNOMMÉ LE HARDI

Diniini Dv ion, DUC DE BOURGOGNE.

(Voir plus bas, b* 1818, p. 191.)

Philippe de France n'avait pas quinze ans lorsquà la fatale journée de Poitiers il combattit vaillamment aux côtés de son père, et fut blessé et pris avec lui. Il y gagna le surnom de Hardi; mais ce ne fut pas sa plus belle récompense. L'ancienne maison de Bourgogne avait fmi en 1 363 avec Philippe de Rouvre, et cet important duché, sans héritier mâle, avait fait retour à la coiu*onne. La politique conseillait de ne l'en plus distraire; mais la tendresse passionnée du roi Jean pour le plus chevaleureox de ses fils remporta sur toute autre considération, et en l'investissant de ce grand fief, il donna naissance à la seconde maison de Bourgogne , rameau détaché de la tige royale de France , qui menaça bientôt d'étouffer le tronc d'où il était sorti. Pendant tout le règne de son frère Charles V, Philippe le Hardi le servit avec loyauté et travailla silencieusement à l'agrandissement de sa maison. Son mariage avec Marguerite de Flandre, unique héritière des riches comtés de Bourgogne, de Flandre et d'Artois (1369), ^^^^^^ 1^ rendre le plus puissant des vassaux de la couronne. Pendant la minorité de son neveu Charles VI , il siégea dans le conseil de régence avec ses firères les ducs d'Anjou et de Berry, et ce fut lui qui dirigea les coups que le jeune monarque alla porter aux

Flamands rebelles dans la journée de Rosebeoque (i SSii). A la mort de son beau-père Louis de Mâle (i 3&il), il eut de nouveaux combats à soutenir contre la turbulence des Gantois ; mais sa prudence finit par apaiser leur esprit indocile ( 1 395 ) , et la Flandre ne remua plus jusqu'à sa mort. La démence de Charles VI vint ouvrir une nouvelle carrière à Tambition de Philippe le Hardi, et il disputa le pouvoir au jeune frère du roi, le duc d*Qrléans , source première d'une rivalité qui devait être plus tard si sanglante et si funeste au royaume. Philippe le Hardi avait un goût pour le faste qui devint héréditaire dans les princes de sa maison, et il le porta si loin, que, malgré toutes les opulentes seigneuries amassées sur sa tète , Tar^ gent manqua pour ses funérailles : il fallut que ses fils missent en gage sa splendide ai^enterie pour conduire au tombeau les restes de leur père. Il fut enterré dans l'église des Chartreux de Dijon , où il avait préparé luimême sa sépu1tiu*e (i 5 juin \àoli)>

MARGUERITE DE FLANDRE

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DUCHESSE DE BOURGOGNE

FILLE UNIQUE DE LOUIS, TROISIBITE DU NOM, COMTE DE FLANDBE ET D* ARTOIS, ET DE MARGUERITE DE BRADANT.

(Voir, plus bas, n* 18J8, p. 191.)

Née en i35o. — Mariée : i* le i*' juillet i36i, à Philippe, premier du nom, dit de Rouvre, duc de Bour-

gogne, fils ftinë de Philippe de Bouigogne, comte d'Artois, et dB Jeanne, comtesse d'Auvergne et de Boulogne; ^''ie 19 juin 1369, à Philippe de France, dit le Hardi, duc de Boui^ogne, quatrième fils de Jean U, dit fe Bon, et de Bonne de Luxembourg. — Morte à Arras, le 16 mars i&o5.

Mai^erite de Flandre contribua puissamment à la grandeur de la seconde maison de Boui^ogne en lui donnant les domaines dont elle était héritière. Elle eut un courage et une élévation d*âme qui Tassocièrent dignement à la haute fortune de son époux. Cependant, à la mort de Philippe, « cette princesse si fière, craignant que les meubles et biens qu'elle possédait en commun avec son mari ne fiissent pas suffisants pour satisfaire aux créanciers, fit ce que les plus chétives bourgeoises ne faisaient pas sans honte : elle renonça authentiquement à la communauté, et s*en'vint, dit-on, en signe de cette renonciation, déposer, selon la coutume, sa bourse,' son trousseau de clefs et sa ceinture sur le cercueil de son mari^ » Marguerite de Flandre ne survécut pas plus dun an au duc Philippe, son époux; elle mourut en 1 4o5 , à Tâge de cinquante-cinq ans.

' HisU des dacs de Bourgogne, par M. de Barantc, tome II, page dernière.

CHARLES DÉVREUX,

Dcvsièiii Dv loa, •DMoanî lb hav^au,

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