ROI DE NAVARRE
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FILS AÎNÉ DE PHILIPPE , COMTE D'ÉVREUX , ET DE JEANNE DE FRANGE, REINE DE NAVARRE, FILLE UNIQUE DE LOUIS X, ROI DE FRANGE ET DE NAVARRE, ET DE MARGUERITE DE BOUR- GOGNE, SA PREMIERE FEMME.
( N* 1750. ) ZiBGLBR , d'après un poitrail de la col-
lection du château de Beauregard.
Né à Évreux en i333. — Marié en i35i, â Jeanne de France, fille aînée de Jean II, dit le Bon, roi de France, et de Bonne de Luxembourg. — Mort le 1*' janvier iSSy.
Charles d'Évreux fut élevé à la cour de Philippe de Valois, et s y fit remarquer de bonne heure par les grâces de sa personne et le charme de son éloquence. Cou* ronné roi de Navarre è Pampelune en i35o, il nen tourna que plus avidement son ambition vers la France, et vint à la cour du roi Jean pour y réclamer les comtés de Champagne et de Brie. Jean, pour désarmer ses prétentiohs, lui donna sa fille avec les villes de Mantes et de Meulan; mais le roi de Navarre n'en devint que plus remuant et plus dangereux, semant partout les intrigues, assassinant le favori du roi, Charles de la Cerda, séduisant enfin le jeune dauphin lui-même et f armant contre son père. Arrêté à Rouen de la propre main du roi,
il fut jeté en prison, toujours redoutable, du sein même de sa captivité, jusqu'au moment où la bataille de Poitiers déchaîna en France des troubles, à la faveur desquels la liberté lui fut rendue (i 356). On le voit alors, joint à Marcel, le fameux prévôt des marchands, exercer dans Paris un prodigieux empire par le prestige de son éloquence, et soulever à son gré les passions orageuses de la multitude. Le coup de hache dont Maillard (rappa Marcel fit tomber toutes ses prétentions à la couronne, et il fut forcé de fuir devant le dauphin, victorieux de lanarchie (i358). La bataille de Cocherai, qui inaugura si heureusement le règne de Gharies V, fit renoncer Charies le Mauvais à ses prétentions sur les* comtés de Champagne et de Brie, et ce fut au pied des Pyrénées que se transporta désormais son inquiète ambition. Il se mêla à la sanglante querelle de Pierre le Cruel, roi de Castille, et de son frère Henri de Transtamare; toujours ennemi de la France, toujours allié au parti que soutenait l'Angleterre. Ce fut alors quon 1 accusa, quoique sans preuves, d'avoir empoisonné son beau-firère le roi Charies V, et qu'une sentence juridique le dépouilla de tout ce qu'il possédait de domaines en France. Il attira un déluge de maux sur son petit royaume de Navarre, pressé entre les Castillans et les Français, et n'obtint la paix qu'au prix de vingt de ses places abandonnées à l'ennemi (iSyg). Les historiens firançais, impitoyables jusqu'au bout envers sa mémoire, le font expirer au milieu des tourments d'une mort cruelle que ne confirment pas les récits espagnols.