BOCCACE (JEAN
rùkn iT raosATvini.
(N* 1764. ) Andenile coOection de la Sorbonuc.
Né en 1 3 1 3. — Mort le ir\ décembre i SyS.
La famille de Boccace était originaire du petit bourg de Certaldo en Toscane. Son père était marchand; mais on sait quelle était l'importance du négoce dans les républiques italiennes du moyen âge et particulièrement à Florence. Les Médids sortirent de leur comptoir pour monter au faite des honneurs et de la puissance dans leur patrie. Mais ce fut vainement que le père de Boccace voulut assujettir son fils à sa lucrative profession. A Naples, comme à Paris, le jeune homme dédaigna l'ap-
prentissage du commerce pom* celui des lettres et de la poésie, et les honneurs inouïs quil vit rendre à Pétrarque par le roi Robert (i 34 1 ) ne firent qu'enflammer son émulation et affermir sa vocation littéraire. La mort de son père Tarracha aux délices de la cour de Naples et le rappela à Florence. Il fut honoré par ses concitoyens, chaîné par eux de deux ambassades auprès du pape Urbain V, et envoyé à son ami Pétrarque pour lui porter le décret de la république qui lui rendait son droit de cité et son patrimoine. Des troubles élevés à Florence le forcèrent à quitter cette ville et à chercher dans le bourg* de Certaldo, berceau de sa famille, une retraite paisible et laborieuse. Gç fiit là qu à l'exemple de Pétrarque, peu touché de la gloire que lui avaient value les écrits en prose ou en vers dont il avait enrichi la langue italienne , il senfonça dans les recherches savantes de lantiquité, composa en latin des ouvrages d'érudition et d'histoire , et se livra à l'étude du grec avec toute l'ardeur que cette langue inconnue alors inspirait au petit nombre de savants assez heiœeux pom* dérober ses trésors. Vers la fin de sa vie, Boccace, rentré à Florence, reçut de ses compatriotes la mission d'expliquer dans un cours pubhc la Divina Commedia du Dante, admirée mais peu comprise, et qui avait déjà besoin de commentaires, moins de soixante ans après sa publication; tardif honneur rendu au grand poète par la patrie qui l'avait rejeté de son sein! Boccace ne remplit pas longtemps ces fonctions. Il ne survécut qu'une année à Pétrarque, et mourut dans sa retraite chérie de
CertaMo, à i*âge de soixante^deux ans. Le Décameron de Boccace est celui de ses ouvrages qui a conservé la place la plus haute dans les jugements de la postérité. C'est le plus ancien modèle de la prose italienne. Mais, tout en admirant le tour ingénieux de la narration et la richesse harmonieuse du langage, il est impossible de ne pas ti-ouver dans le sujet et dans la couleur des tableaux un témoignage assez triste sur les mœurs de lauteur et sur celles du temps où il a vécu.