GRAND CHAMBELLAN DE FRANGE
FILS NATUREL DE LOUIS DE FRANGE , DOC D^ORLÉAIIS , PREMIER DU NOM , ET DE YOLANDE OU MARIETTE D*ENGHIEN.
(N* 1798. ) • En pied, par Tassabat, d*après un por-
trait de la odlectîon an château de Bcaaregard.
Né le 23 novembre 1 4oa. — Marié : i** avant 1 4^5, à Marie Louvet, fille ainée de Jean Louvet, seigneur d*Aigualières et de Thecis , président de la chambre des comptes et aides de Provence; a"* en 1 43 9, à Marie de Harcourt, dame deParthenay, deSecondigny, de Vouvent, de Mervant, de Matefeion et deDuretal, fille de Jacques de Harcourt, deuxième du nom, baron de
' B. de Montfattcon, Monuments de la monarchie française, tome TTI, ptge 353.
Montgommery, et de Marguerite de Melun, comtesse de Tancarville, — Mort le 2 à novembre 1 468.
Jean, bâtard d*Orléans, n était âgé que de cinq ans lorsque son père mourut assassiné, et Timpression qu*il reçut de ce coup s exprima avec tant d*éneigie, que Valentine de Milan regretta tout haut de n'être point sa mère. Il fut du petit nombre de fidèles seigneurs qui suivirent Charies VII au delà de la Loire, pendant que les Anglais couronnaient à Paris leur jeune roi Henri VI, et il obtint, en 1 Aa A, la charge de grand chambellan de France. On le voit pour la première fois paraître avec éclat, en i^ay, au siège de Montargis, qu*il fit lever à lennemi. L'année suivante , il fut un des plus intrépides et des plus habiles défenseurs d'Orléans, et son cœur loyal n'hésita pas à reconnaître la mission qu'avait Jeanne d'Arc de sauver cette ville et la France. Il eut sa part de gloire à la bataille de Patay (juin 1 ^39), et assista ensuite au sacre de Charles VII à Reims. Trois ans après (1 &3a), il donna au roi l'importante ville de Chartres, et ses efforts s'unirent à ceux du connétable de Richemont pour fah'e rentrer Paris sous l'autorité royale ( 1436). Son fi'ère, le duc d'Orléans, rentré en France en 1 44o, lui donna le comté de Dunois, auquel le roi joignit peu après celui de Longueville. Lorsqu'après six années de trêve, qui avaient laissé à la France épuisée le temps de se refaire , Charles VII trouva son avantage à recommencer la guerre , Dunois lui prêta encore la plus utile assistance pour reconquérir la Normandie sur les
Anglais. Il entra à Rouen avec le roi le i o novembre ilitig, et fut nommé capitaine de cette grande ville. Bientôt après, une plus hasardeuse entreprise, celle de la réduction de la Guyenne, fut confiée à sa fidélité et à sa vaillance : Bordeaux lui remit ses clefs le a 3 juin i & 5 1 . Il avait essayé vainement de réconcilier avec son père le dauphin Louis, que Imquiétude ombrageuse de son esprit tenait éloigné de la coiu*. Lorsque ce prince monta sur le trône en i â6 1 , Dunois, qui avait fait à son sacre lofiice de grand chambellan de France , était disposé à le servir comme il avait servi son père; mais tels furent les procédés durs et violents de Louis XI envers les princes et les premiers seigneurs de son royaume , que la fidélité de Dunois lui-même vint à chanceler, et qu*il entra dans la ligue du bien public (i â6â). Il fut un des négociateurs du traité de Gonflans, qui, Tannée suivante, terinina cette guerre. Dunois mouruttrois ans après dans la soixante-septième année de son âge.